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"Nos Business Clubs affichent plus de 90 % de fidélisation"
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Yann Plantard animateur des Business Clubs de Vannes "Nos Business Clubs affichent plus de 90 % de fidélisation"

Yann Plantard anime les Business Clubs de Vannes, Lorient, Brest et Saint-Nazaire, qui regroupent principalement des PME locales. Avec plus de 90 % de membres renouvelant leur adhésion chaque année, ces clubs démontrent l’efficacité d’un réseau structuré pour favoriser les échanges, les partenariats et le développement économique dans l’Ouest.

Yann Plantard est en charge de l’animation des business clubs de Vannes, Lorient, Brest et tout récemment de Saint-Nazaire — Photo : Hélène Baron

Vous pilotez aujourd’hui quatre Business Clubs dans l’Ouest : Vannes, Lorient, Brest et Saint-Nazaire. Pouvez-vous les présenter ?

À Vannes, nous comptons aujourd’hui 47 membres. Globalement, sur l’ensemble des clubs, nous avons environ un tiers d’entreprises de prestations de services et deux tiers d’entreprises issues d’autres secteurs, notamment industriels ou commerciaux. Ce sont des PME, souvent de plus de 10 salariés, en grande majorité. Ce sont des structures déjà bien installées, avec de vrais enjeux de développement.

Comment expliquez-vous votre taux de fidélisation particulièrement élevé ?

Nous sommes très fiers de notre taux de renouvellement : plus de 90 % sur l’ensemble des clubs, et certains atteignent même 100 %. Cela traduit une vraie fidélité. En décembre, nous avons mené une enquête auprès de nos membres. Ce qui est ressorti est très intéressant : le business arrive seulement en quatrième position des motivations d’adhésion.

Les trois premières raisons sont la qualité des intervenants, l’ouverture intellectuelle et la possibilité d’échanger avec d’autres décideurs locaux. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de business — au contraire, il y en a, et parfois du très significatif. Mais il n’est pas revendiqué comme l’objectif principal.

C’est paradoxal pour un Business Club, non ?

En apparence, oui. Mais en réalité, c’est très cohérent. Les membres qui viennent uniquement pour « faire du business immédiatement » sont souvent déçus. Il existe une période d’inertie naturelle : la première année, on découvre l’écosystème. La deuxième, on commence à nouer des affaires. La troisième, on entre dans la récurrence.

Certains membres ne feront peut-être jamais de chiffre d’affaires direct grâce au club, mais ils auront trouvé un partenaire stratégique ou un prestataire clé. Et cela, pour eux, a énormément de valeur.

Vous faites évoluer le format de vos rencontres. Quelles sont les nouveautés ?

Jusqu’à présent, nous organisions 10 déjeuners par an. Désormais, nous introduisons un dîner annuel, avec une très belle tête d’affiche. Nous développons également des moments de cohésion : visites d’usines, afterworks, événements en extérieur… L’idée est de créer davantage de liens informels.

Nous allons par exemple organiser des déjeuners dans des lieux atypiques — sur un terrain de sport, dans des sites industriels, voire dans des lieux institutionnels. L’objectif est de surprendre, de renouveler l’expérience.

Quelles personnalités avez-vous accueillies ou allez-vous accueillir ?

Nous avons déjà reçu des profils très variés : des dirigeants, des experts, des personnalités publiques et des dirigeants d’entreprises. Nous avons notamment accueilli Antoine De Caunes, Denis Le Saint et Loïc Hénaff…

À venir, nous travaillons sur des profils comme des intervenants dans les domaines de la vente, de la motivation, de la performance commerciale, ainsi que des profils issus du monde économique et institutionnel.

Nous avons par exemple invité Jean-Michel Fauvergue, ancien chef du RAID devenu député, ou encore des dirigeants emblématiques comme Denis Le Saint à Brest.

Ce qui est intéressant, c’est que même des chefs d’entreprise très connus localement révèlent une autre facette d’eux-mêmes lors de ces rencontres.

Comment vos clubs se positionnent-ils dans leurs écosystèmes respectifs ?

Nous voyons une vraie évolution. À Lorient, par exemple, au départ nous étions « le club venu de Vannes ». Aujourd’hui, nous faisons pleinement partie du paysage économique local.

À Brest, la dynamique est très forte également, notamment autour des grands événements maritimes et du tissu entrepreneurial local.

Vous avez récemment ouvert un club à Saint-Nazaire. Quelles sont vos ambitions sur ce territoire ?

Saint-Nazaire est un bassin très industriel, avec une forte identité économique et une vraie culture d’entreprise. Beaucoup d’acteurs locaux nous ont dit qu’il manquait un réseau structuré de cette envergure, au-delà des formats très locaux ou sectoriels.

Nous avons démarré avec une trentaine de membres, dont des acteurs majeurs comme EDF. Ce lancement confirme qu’il y avait une attente. Notre ambition est d’y construire un club solide, ancré dans le tissu industriel, avec beaucoup d’ambition et une montée en puissance rapide.

Vous avez fait le choix de vous consacrer pleinement à cette activité. Était-ce une évidence ?

C’était un choix engageant. Je ne voulais pas faire les choses à moitié. Nous avons une organisation très claire : je m’occupe de l’animation et du développement commercial, tandis que Delphine Plantard, mon épouse, gère tout le back-office. Nous avons aussi investi dans un nouveau CRM et une application qui simplifient énormément la gestion. Cela nous permet aujourd’hui d’animer quatre clubs efficacement.

Envisagez-vous d’ouvrir d’autres clubs ?

Quatre clubs, c’est déjà une limite opérationnelle. Un cinquième nécessiterait une embauche, ce qui n’est pas envisageable pour l’instant. Notre priorité est d’atteindre une taille optimale : avoir 50 membres par club serait idéal. À terme, Vannes pourrait viser 70 à 80 membres, Brest entre 80 et 100, tout comme Saint-Nazaire.

Mais notre croissance doit rester maîtrisée. L’ADN du club repose sur la qualité des échanges et la proximité. C’est cette exigence qui explique aujourd’hui notre taux de fidélité et notre dynamique ascendante.

En un mot, quelle est votre ambition ?

Faire de chaque club un véritable accélérateur d’écosystème local. Un lieu où l’on vient pour apprendre, s’inspirer, créer des connexions durables… et où le business se fait naturellement, presque comme une conséquence logique de la confiance installée.

Morbihan # Services # Industrie # Start-up # PME # ETI # Grandes Entreprises