Breizh Frites ouvre sa première usine bretonne avec 4 millions d’euros d’investissements
# Agroalimentaire # Implantation

Breizh Frites ouvre sa première usine bretonne avec 4 millions d’euros d’investissements

S'abonner

Breizh Frites lance la première usine bretonne de frites fraîches précuites. Un projet à 4 millions d’euros pour la PME de Plumieux (Côtes-d’Armor), structuré autour d’agriculteurs bretons et adossé au réseau de distribution du groupe brestois Le Saint.

Pascal Lemaire, Hervé Le Gall et Jean-Pierre Rivery ainsi que trois autres associés sont à l’origine de Breizh Frites — Photo : Ségolène Mahias

Première du genre en Bretagne, Breizh Frites, installée à Plumieux dans les Côtes-d’Armor, s’inscrit dans une logique de relocalisation de la transformation agroalimentaire. L’usine a été implantée sur le site d’une ancienne unité de volailles, Sovipor, illustrant une reconversion industrielle concrète.

Une réindustrialisation agricole et territoriale

"Nous redonnons vie à un site qui avait perdu son activité. C’est une manière de recréer de l’emploi et de la valeur localement", souligne Jean-Pierre Rivery, l’un des porteurs du projet, entrepreneur et président de la CCI Bretagne.

Porté par un investissement de près de 4 millions d’euros, dont 927 000 euros d’aides publiques, le projet repose sur six investisseurs bretons : Pascal Lemaire, PDG de Breizh Frites, agriculteur, ancien dirigeant de la marque d’oeufs Cocorette dans les Hauts-de-France et désormais chef d’entreprise en Bretagne, Jean-Pierre Rivery, Hervé Le Gall, agriculteur et directeur de l’usine. Les trois dirigeants comptent à leurs côtés trois agriculteurs bretons associés. "Produire ne suffit plus. Il faut aller au bout de la chaîne et transformer nous-mêmes", insiste Hervé Le Gall, directeur général.

L’usine emploie aujourd’hui 15 salariés, avec une montée en charge progressive à mesure que l’activité se développe.

Un modèle sécurisé par la distribution

Avec une capacité cible de 5 000 tonnes par an, Breizh Frites se positionne sur le segment de la frite fraîche précuite, un marché intermédiaire encore peu structuré en France. Mais la véritable force du projet réside dans sa stratégie commerciale. Dès l’origine, l’entreprise s’est adossée au réseau du groupe finistérien Le Saint (3 400 salariés, 950 M€ de CA en 2024-2025), spécialiste de la restauration hors domicile.

"Sans débouché, une usine ne tourne pas. Le réseau Le Saint nous permet d’avoir un canal de distribution immédiat pour nos volumes. C’est du gagnant-gagnant avec eux", explique Jean-Pierre Rivery. "On a fait l’inverse de beaucoup de projets : on a trouvé le client avant de construire l’usine", ajoute Hervé Le Gall.

Aujourd’hui, 100 % de la production transite par ce partenaire, garantissant un démarrage sécurisé et limitant le risque industriel.

Une filière locale et des ambitions maîtrisées

L’approvisionnement repose sur environ 150 hectares de pommes de terre, cultivés par des agriculteurs partenaires bretons. Une organisation qui permet de maîtriser toute la chaîne de valeur. "Nos frites sont très qualitatives parce que toute la filière est maîtrisée, du champ jusqu’au produit fini", souligne Hervé Le Gall.

Ce positionnement permet à l’entreprise de se situer sur un segment à plus forte valeur ajoutée que le surgelé, avec des prix mieux valorisés pour les producteurs. À pleine capacité, le chiffre d’affaires pourrait dépasser plusieurs millions d’euros annuels, avec un effet d’entraînement sur l’amont agricole et les emplois indirects. À terme, la duplication du modèle ou l’ajout d’une seconde ligne de production n’est pas exclu, en fonction de la montée en puissance de la demande.

Dans un contexte de mutation agricole, le projet offre aussi des perspectives de diversification. "La Bretagne évolue, et la pomme de terre est une culture à forte valeur ajoutée pour accompagner ces changements", analyse Jean-Pierre Rivery.

À court terme, l’objectif est d’atteindre la pleine capacité industrielle. À moyen terme, Breizh Frites envisage de nouveaux débouchés, notamment en grande distribution, ainsi qu’une diversification des produits. "On avance étape par étape. L’enjeu, c’est de construire une entreprise solide et durable", conclut Pascal Lemaire.

Côtes-d'Armor Morbihan Ille-et-Vilaine Finistère # Agroalimentaire # Implantation