Le Rugby Club de Vannes (RCV) a fait son entrée en Top 14. Petit Poucet dans l'élite du rugby français, le premier club breton à accéder à ce niveau de compétition, muscle son budget. Il passe de 13 millions d'euros à 20 millions d'euros. La montée en Top 14 a créé un engouement qui a dépassé les frontières du Morbihan pour gagner la Bretagne et bien au-delà. Et c'est ce qui permet au club de boucler ce budget. "Notre modèle économique est différent de celui des grosses locomotives du Top 14 que peuvent être des équipes comme Montpellier qui a un actionnaire et mécène qu'est Altrad. On peut aussi citer Clermont-Ferrand avec Michelin. Nous, nous misons sur un important nombre de partenaires, plus petits mais qui partagent notre projet", résume Olivier Cloarec, président du RCV.
Interaction, premier partenaire privé
Après neuf années passées en Pro D2, l'anti chambre du Top 14, le club vannetais est passé de 90 à 500 partenaires et désormais à 650 avec la montée. "Nous voulons fédérer l'économie bretonne autour du projet", ajoute Olivier Cloarec. Concrètement, les financements issus des partenariats privés sont passés de 6,2 millions d'euros à 9,5 millions d'euros.
Au premier rang des partenaires privés, on retrouve Interaction (1 000 salariés et 410 M€ de CA en 2023). Le groupe d'intérim rennais est partenaire du club depuis 2018 et a souhaité augmenter fortement son soutien financier. "Depuis le 1er juillet, nous sommes nationaux comme le RCV. Confirmer cette fidélité au club, c'est aussi soutenir le rugby puisque ce sport est porteur de valeurs que l'entreprise partage, symbole d'engagement, parfois dans la confrontation sur le terrain mais toujours dans le respect de l'adversaire", confie Loïc Gallerand, le dirigeant d'Interaction. Outre sa présence sur le maillot, le groupe d'intérim a fait le choix de soutenir le centre de formation du RCV "dans une volonté de construire l'avenir et facilitant ainsi la mise en relation entre les jeunes joueurs et les clients d'Interaction en quête de talents ambitieux". Du côté des sponsors, le groupe coopératif Eureden via sa marque d'aucy confirme son réengagement. Il est présent au dos du maillot et finance le naming du centre d'entraînement du RCV.
De nouvelles entreprises au capital
L'autre levier actionné renvoie à l'ouverture du capital de la Société Anonyme Sportive Professionnelle (SASP) qui dirige le club. Composée de 34 actionnaires, elle enregistre l'arrivée d'Interaction mais aussi du chipsier morbihannais Altho, de LDC dont la filiale Société Bretonne de Volaille a son siège dans le Morbihan, d'Ultimate Fishing, l'e-commerçant belle ilois spécialisé dans le matériel de pêche. Le groupe finistérien Le Saint (produits frais) rejoint aussi l'aventure. Le capital est donc passé de 400 000 euros à 3 millions.
A moyen terme, le club entend offrir l'opportunité à ses 12 000 supporters d'acheter des parts ou actions.
La billetterie est aussi une composante importante. Les 9 000 abonnements (sur les 12 000 places du stade) proposés par le club ont trouvé preneurs immédiatement quand le club a enregistré 50 000 demandes. Enfin, les aides publiques sont reconduites. La ville de Vannes apporte ainsi 540 000 euros.