Rennes

Innovation

Heyliot s'apprête à lever 2,5 millions d'euros pour connecter les poubelles

Par Virginie Monvoisin, le 24 novembre 2021

La société rennaise Heyliot a mis au point un capteur innovant pour détecter le taux de remplissage des contenants à déchets, et en optimiser la collecte. Après différents travaux et tests pour perfectionner son produit depuis 2017, l’entreprise veut conquérir les marchés français et européens. Elle recherche 2,5 millions d’euros.

Les co-fondateurs et dirigeants de Heyliot, Cyril Pradel et Loïc Coeurjoly, ont mis au point des capteurs de remplissage des contenants à déchets, dotés d’une technologie optique.
Les co-fondateurs et dirigeants de Heyliot, Cyril Pradel et Loïc Coeurjoly, ont mis au point des capteurs de remplissage des contenants à déchets, dotés d’une technologie optique. — Photo : Heyliot

Le tri et la collecte des déchets sont un enjeu de taille pour les collectivités. Mais comment optimiser les tournées de ramassage, et passer quand il y a assez de déchets dans les contenants, mais ni trop, ni trop peu ? Heyliot, start-up rennaise créée en 2017, a sa solution, baptisée Heywaste. Il s’agit d’un capteur doté d’une technologie optique, capable de mesurer le niveau de remplissage d’un contenant à déchets. "C’est l’une des grandes différences avec les produits proposés par nos concurrents, qui fonctionnent par ultrasons et sont donc moins fiables", affirme Cyril Pradel, co-fondateur et co-dirigeant de l’entreprise avec Loïc Coeurjoly. Heyliot se différencie également par son coût peu élevé (129 euros vs 350 euros pour l’ultrason), qui s’explique par l’implémentation d’un minimum de composants, et par son support aux multiples fixations possibles (vis, aimant, rivet…). Avec sa technologie, Heyliot entend prendre une position de force en France et en Europe. La start-up a donc besoin de fonds pour continuer de développer son produit et recruter des forces de vente. Objectif : atteindre 600 000 euros de chiffre d’affaires en 2022 avec 7 000 capteurs installés, 1,5 million en 2023 et 5 millions en 2024.

Une troisième levée de fonds

Après avoir levé 662 000 euros en deux temps auprès de Breizh Angels et d’investisseurs privés (en 2019 et 2020), elle cherche cette fois 2,5 millions d’euros. "Nous espérons boucler ce troisième tour de table avant la fin du premier trimestre 2022", indique Cyril Pradel, qui souhaite déployer à grande échelle ses capteurs. Sur les douze derniers mois, il en a déjà installé 1 400 dans l’Hexagone, dont 70 % sur des contenants de collectivités.. "Nous venons de remporter de nouveaux appels d’offres pour Metz, Brest Métropole et le Pays de Mortagne", ajoute le dirigeant, qui vend également sa solution dans le secteur privé. Des grands groupes, parcs d’attractions, hébergements de plein air et autres aires d’autoroutes, font appel à Heyliot en direct pour surveiller leurs productions de déchets.

Intégrer les capteurs dès la fabrication des poubelles

L’objectif de la start-up est toutefois d’inverser son modèle économique, d’ici à dix-huit mois, en augmentant la part de ses clients privés indirects. C’est-à-dire des collecteurs de déchets, intégrateurs, fabricants de contenants à déchets ou encore des éditeurs de logiciels d’optimisation des tournées. "Nous avons déjà signé un partenariat avec la société avignonnaise Simpliciti, pour proposer une plateforme métier complète permettant d’optimiser la collecte, indique Cyril Pradel. Et demain, notre idée est de pouvoir intégrer notre technologie aux poubelles dès leur fabrication en usine." Dans cette optique, Heyliot vient de sortir une nouvelle version de son produit Heywaste qui résiste au lavage haute pression.

La start-up est prête à attaquer tous les pays d’Europe et la Russie, et vise 30 à 40 % du chiffre d’affaires à l’international dès 2023. "Pour l’Amérique et l’Asie, nous allons devoir adapter des composants pour utiliser d’autres fréquences", explique le dirigeant. Heyliot utilise en effet les réseaux de l’internet des objets LoRa et Sigfox pour envoyer les mesures effectuées par son capteur. La prochaine étape pourrait être de valoriser davantage ces données récoltées.

Les co-fondateurs et dirigeants de Heyliot, Cyril Pradel et Loïc Coeurjoly, ont mis au point des capteurs de remplissage des contenants à déchets, dotés d’une technologie optique.
Les co-fondateurs et dirigeants de Heyliot, Cyril Pradel et Loïc Coeurjoly, ont mis au point des capteurs de remplissage des contenants à déchets, dotés d’une technologie optique. — Photo : Heyliot

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