France

Conjoncture

Coronavirus : l'activité économique s'effondre de 35 % en France

Par Stéphane Vandangeon, le 26 mars 2020

L’économie française ne tourne actuellement qu’à 65 %, selon les premières estimations de l’Insee. Le confinement a un terrible coût économique : s’il dure un mois, la France pourrait perdre trois points de PIB.

Ouvriers sur un chantier de construction.
Le BTP à l'arrêt. Avec le confinement, le secteur de la construction subit une baisse de 89% de son activité. — Photo : DR

La claque est terrible. Et cela n’étonnera personne. L’Insee donne une première estimation de l’impact économique de l’épidémie de coronavirus Covid-19. Cet exercice a toutefois ses limites, prévient Jean-Luc Tavernier, directeur général de l’Insee. D’une part, parce que la situation évolue très vite ; d’autre part, parce que les statisticiens ont dû recourir à des méthodes inhabituelles pour tenter d’évaluer l’ampleur du désastre.

Ces précautions prises, l’Institut estime, qu’à l’heure du confinement, l’économie française tourne à 65 % par rapport à la normale. Reste que la situation diverge énormément en fonction des secteurs. Sans surprise, l’agriculture et l’industrie agroalimentaire s’en sortent le mieux, avec une baisse d’activité estimée à seulement 4 % durant la dernière semaine de mars, par rapport à une semaine « normale ».

L’activité du bâtiment s’effondre de 89 %

Des trois grands secteurs (industrie, services, construction), le secteur de la construction, en tension avec le gouvernement sur les questions de chômage partiel, est celui dont l’activité a le plus dégringolé. Selon l’Insee, elle s’effondre de 89 %.

La situation n’est guère plus reluisante dans l’industrie, hors agroalimentaire, avec une perte d’activité estimée à 52 %. Les services marchands font un peu mieux, mais restent sévèrement impactés (-36 %). Évidemment, la situation au sein des activités de services est contrastée. Certains, à l’image de l’hôtellerie, de la restauration ou des activités de loisirs, sont au point mort, quand d’autres, comme l’assurance ou les télécoms, sont bien moins impactés.

Du fait des mesures de confinement, les dépenses des ménages reculent dans les mêmes proportions que la baisse d’activité (-35 %). Les dépenses pour les produits agroalimentaires et agricoles seraient en hausse de 6 % lors de la dernière semaine de mars. Celles pour les produits de pharmacie progresseraient aussi de 5 points. Mais pour des secteurs comme le matériel de transport, le textile ou habillement, les chutes oscillent entre 90 et 100 %.

Pire qu’en 2008

Globalement, les projections de l’Insee affirment qu’un confinement d’un mois coûterait 3 points annuels de PIB et que, si la mise sous cloche du pays dure deux mois, le PIB devrait reculer de 6 points cette année. De quoi donner du fil à retordre au plus haut niveau de l’État.

D’autres indicateurs de l’Insee sont alarmants. Le climat des affaires (qui mesure le moral des chefs d’entreprise) s’effondre de 10 points, soit la plus forte baisse mensuelle depuis la création de cet indicateur, dans les années 1980. Il en est de même pour le climat de l’emploi, qui subit aussi sa plus forte baisse mensuelle depuis sa mise en place, en 1991.

S’il est encore trop tôt pour mesurer l’ampleur de la crise économique provoquée par l’épidémie de coronavirus, les premières évaluations de l’Insee ne sont guère optimistes et corroborent les projections de l’Organisation mondiale du commerce : la récession économique générée par la pandémie pourrait être plus brutale qu’après la crise financière de 2008.

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