Les négociations commerciales annuelles entre distributeurs et fournisseurs ont pris fin le 1er mars 2026 après des échanges tendus. "Dans les rayons des grandes surfaces, nous verrons des prix maîtrisés, avec une augmentation moyenne qui devrait être comprise entre + 0 % et + 1 %" en 2026, a écrit Serge Papin, ministre des PME et du Commerce, sur le réseau social Linkedin.
Des négociations tendues depuis des mois
Mi-février, les différents participants à ces négociations avaient tiré la sonnette d’alarme. Pact’Alim, qui représente les PME et ETI de l’alimentation, dénonçait des demandes de baisses de prix "inacceptables". Les coopératives agricoles quant à elles signalaient des pressions. La Fédération du commerce et de la distribution s’est défendue en rappelant que les prix alimentaires à la consommation ont progressé de 23 % entre 2020 et 2025, tandis que les prix de vente industriels agroalimentaires augmentaient de 34 %.
Malgré la charte encadrant les négociations signée en novembre 2025, 80 % des PME et ETI de l’alimentation n’ont en effet constaté "aucun changement, voire une dégradation dans le comportement des acheteurs, par rapport aux campagnes précédentes", selon un sondage réalisé par Pact’Alim.
Vers des propositions du ministre et des contrôles de la DGCCRF
Serge Papin annonce qu’il fera des propositions de travail pour "créer de nouvelles conditions de négociations propices à nos filières". Il regrette que les négociations commerciales ne "donnent pas la visibilité nécessaire à nos entreprises, particulièrement à nos PME, pour investir dans leur outil de production".
Serge Papin prévient par ailleurs que la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes mènera "toutes les enquêtes nécessaires, vérifiera le respect de la loi et sanctionnera quand il le faudra".
Un appel à témoignage d’une commission d’enquête sénatoriale
La commission d’enquête lancée par le Sénat sur les marges des industriels et de la grande distribution a par ailleurs invité les entreprises à témoigner. "Les informations qui parviennent à la commission depuis le début de ses travaux font état de pratiques contestables" à l’égard de la rémunération des producteurs notamment. Elle a indiqué rester à l’écoute "des entreprises qui souhaiteraient faire part de leurs témoignages, dans des conditions de confidentialité garanties".