La guerre au Moyen-Orient rouvre le débat sur les prix dans la grande distribution
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La guerre au Moyen-Orient rouvre le débat sur les prix dans la grande distribution

Alors que le prix des emballages et de l’énergie ont augmenté avec la guerre au Moyen-Orient, les industriels de l’alimentation veulent rouvrir les négociations commerciales. Pour le gouvernement et la grande distribution, cette réouverture ne se justifie pas encore mais une adaptation du cadre pourrait être sur la table.

Les prix dans les rayons pourraient augmenter de 4 à 5 % à cause de la guerre au Moyen-Orient selon l’UFC-Que Choisir — Photo : Industrieblick

Les prix des produits alimentaires vont-ils augmenter dans les rayons des supermarchés ? Les PME et ETI industriels de l’alimentation demandent en tout cas la réouverture des négociations commerciales avec la grande distribution. Alors même que les prix dans les rayons pourraient augmenter de 4 à 5 % à cause de la guerre au Moyen-Orient, selon l'UFC-Que Choisir.

Les industriels veulent adapter les prix

"L’impact sur les entreprises n’a pas été totalement immédiat parce qu’elles avaient un peu de stock. Mais voilà deux mois que le conflit a démarré et nous sommes dans le dur", explique Jérôme Foucault, président de Pact’Alim. Selon cette organisation qui défend les intérêts des PME et ETI françaises de l'alimentation, les emballages plastiques sont en hausse de 15 à 30 % et ceux composés de métal de 10 à 20 %.

Du côté de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania), 7 entreprises sur 10 membres de l'association ont déclaré avoir subi une hausse significative du coût de leurs emballages.

"Préserver notre capacité d’investissement"

À cela s’ajoute la hausse du coût de l’énergie, celui à venir du verre et de l’acier et des matières premières agricoles en lien avec l’augmentation du prix des engrais. Un enchaînement qui nécessite "un ajustement des tarifs négociés pour les PME et ETI de l’alimentation", défend Pact’Alim.

Pour Jérôme Foucault, rouvrir les négociations commerciales avec les distributeurs et adapter les prix permettrait de "préserver notre capacité d’investissement alors que nous faisons face à d’importants défis climatiques et de productivité".

"Limiter les augmentations de coûts induites par les obligations réglementaires"

L'Ania quant à elle, appelle les distributeurs "à entendre les besoins que leur feraient remonter les entreprises agroalimentaires dans les semaines à venir". L'association, qui représente 23 000 entreprises alimentaires, appelle les pouvoirs publics à "limiter toutes augmentations de coûts induites par les obligations réglementaires" autour de la fiscalité, des écocontributions sur les emballages ou encore des contraintes réglementaires.

"Pas de nécessité" de rouvrir les négociations pour le gouvernement et les distributeurs

Mais il n’est pas certain que les industriels soient entendus par les pouvoirs publics. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a affirmé le 19 avril, qu’il n’y a pas "aujourd’hui nécessité de rouvrir l’ensemble des négociations commerciales".

Les distributeurs ont également balayé cette idée. Pour la Fédération du commerce et de la distribution, il serait aujourd’hui "prématuré" de rouvrir une séquence de négociations. "Des outils existent déjà pour s’adapter : les clauses de révision permettent de rouvrir la discussion dès lors que les hausses de coûts sont réelles, justifiées et difficiles à absorber", affirme la Fédération dans un communiqué daté du 17 avril.

Des pistes pour faire évoluer le modèle

Au-delà du contexte de la hausse des prix, les négociations commerciales s’achèvent chaque année avec difficulté. Serge Papin, ministre du Commerce et des PME, a ouvert la voie à une réforme. Lors d’une audition au Sénat le 14 avril dernier, le ministre a indiqué qu’il faudra "trouver des voies d’apaisement". Il a cité la piste de passer de négociations annuelles à la fixation de contrats pluriannuels avec des clauses de revoyure.

Pour la Fédération du commerce et de la distribution, il faut aussi revoir le modèle des négociations vers un système "plus souple, adapté au contexte fluctuant". Le modèle actuel apparaît, pour la Fédération du commerce et de la distribution, "en décalage avec la réalité économique".

Le président de Pact’Alim appelle lui aussi à modifier la réglementation. Selon lui, la loi Egalim devrait permettre de "répercuter la volatilité des matières premières, de plus en plus brutale".

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