Les femmes veulent de plus en plus entreprendre mais ne franchissent pas toujours le cap en raison d’obstacles financiers et familiaux. C’est le constat du 4e baromètre OpinionWay pour France active — mouvement de soutien à l’entrepreneuriat dans l’ESS et aux entrepreneurs éloignés des banques — et pour la Fédération bancaire française, publié le 2 mars 2026.
Des freins financiers anticipés
Dans le détail, 24 % des femmes envisagent de créer leur entreprise, une proportion en hausse de 3 points qui atteint 32 % chez les moins de 60 ans. La création d’entreprise est perçue comme une manière de donner un sens à sa vie professionnelle, de concrétiser une idée personnelle ou encore de sortir d’une situation professionnelle précaire.
Mais 84 % des femmes disent rencontrer des freins à cette ambition, contre 81 % des hommes. Sur le plan financier, un tiers des femmes craignent de ne pas avoir le capital de départ (32 % contre 30 % chez les hommes) et de ne pas trouver de financements.
Cet élément a notamment été documenté par une récente étude de la CPME. Les montants empruntés par les femmes dirigeantes de TPE sont 25 % inférieurs que ceux empruntés par les hommes et 7 % moindres pour les dirigeantes de PME. Pour les start-up, Boston Consulting group a calculé que les équipes masculines lèvent 18,5 fois plus que les équipes féminines après six ans d’existence.
Parmi les autres freins qui sont plus forts chez les femmes que chez les hommes, le sondage met aussi en évidence la peur de l’échec (26 % des femmes contre 21 % des hommes) et le fait de ne pas oser se lancer (20 % des femmes contre 17 % des hommes).
Une difficile conciliation entre création d’entreprise et charge domestique
Souvent gestionnaires du foyer voire assumant un rôle d’aidante, les femmes sont aussi confrontées aux difficultés de concilier leur charge domestique avec leur vie professionnelle. En moyenne les femmes consacraient en effet 3 h 26 par jour aux tâches domestiques (ménage, courses, soins aux enfants…) contre 2 heures pour les hommes, selon des données de l’Insee datant de 2010.
Une femme sur trois anticipe donc des difficultés à "concilier la création d’entreprise et les responsabilités familiales" et ce frein est moins fort chez les hommes. 17 % des femmes affirment prendre en charge la plus grande partie de la gestion du foyer au quotidien, contre 12 % des hommes. Au total, 15 % ne sont pas certaines que l’entrepreneuriat puisse se concilier avec leur vie de famille, contre 12 % des hommes.
Des pistes de solutions identifiées
Face à ces nombreux blocages, France active et la Fédération bancaire française citent trois pistes qui pourraient faciliter l’entrepreneuriat chez les femmes. Une meilleure égalité dans la sphère privée en fait partie, tout comme une simplification des démarches administratives.
La mise en place de dispositifs d’accompagnement et de formations est également évoqués. En matière de financement, France active propose par exemple de sécuriser jusqu’à 80 % d’un prêt bancaire dans la limite de 50 000 euros pour accompagner les créations, reprises et développements d’entreprise portés par des femmes.