Le chiffre établi par la CPME concernant le plafond de verre économique vécu par les femmes entrepreneures est colossal. Si les entreprises dirigées par les femmes atteignaient le chiffre d’affaires moyen de leur catégorie (qu’il s’agisse des microentreprises, PME ou ETI), leur chiffre d’affaires annuel cumulé augmenterait de 221 milliards d’euros. Les entreprises dirigées par les femmes n’ont donc pas les mêmes opportunités de développement que celles dirigées par des hommes, alerte l’observatoire, piloté par "Les Alfas de l’économie", une initiative de la CPME pour valoriser l’entrepreneuriat des femmes.
Les femmes dirigent 26 % des entreprises
Pour Fariah Shah, vice-présidente de la CPME en charge de l’entrepreneuriat au féminin, "cet observatoire n’est pas une fin en soi, mais une invitation à bâtir ensemble un avenir où le talent et l’ambition sont les seuls critères qui comptent", déclare-t-elle dans un communiqué.
Alors que les femmes dirigent 26 % des entreprises (microentreprise, PME et ETI) en France, soit 1,3 million de sociétés, leur chiffre d’affaires ne représente que 12,45 % (403 milliards d’euros) du total du CA généré par les micro entreprises, les PME et ETI.
Pour tenter d’expliquer ce fossé, les cheffes d’entreprises citent plusieurs freins principaux dans cette étude comme la difficulté d’obtenir des financements, ou encore la difficulté a trouvé un équilibre vie pro/vie perso.
L’obstacle financier, le principal frein
Parmi les quatre freins cités, 52 % des femmes entrepreneures jugent l’accès au financement difficile. C’est 13 points de plus par rapport à la moyenne des femmes dans l’Union européenne. "Les entreprises dirigées par des femmes font face à des obstacles systémiques d’accès au financement, qu’il soit bancaire ou en capital-risque", indique cette étude.
Les femmes ont en effet moins accès au crédit et subissent deux fois plus de refus de la part des banques. Les montants empruntés sont 25 % inférieurs pour les TPE dirigées par des femmes par rapport à celles dirigées par des hommes. Cet écart se réduit pour les PME mais atteint tout de même 7 %. En conséquence, le recours au crédit est plus faible : l’écart atteint -19,5 %.
Côté start-up, seulement 7 % des levées de fonds sont réalisées par des femmes
Ce point rejoint une étude du Boston Consulting group sur les start-up fondées par des femmes en Europe. Les femmes fondatrices de start-up ne captent que de petits montants et représentent environ 7 % des levées de fonds. L’écart par rapport aux montants levés par les hommes est aussi vertigineux : les équipes masculines lèvent 18,5 fois plus que les équipes féminines au bout de six ans.
Des propositions pour briser le plafond de verre entrepreneurial
Dans cette étude, la CPME formule six propositions pour "libérer la croissance". Parmi ces idées, l’organisation patronale recommande de corriger le biais de l’accès au financement en rendant visible "les écarts en encourageant la publication des données de financement par genre" et en créant un label "Finance partiaire" et un palmarès pour récompenser les acteurs les plus équitables.
La CPME préconise aussi le lancement d’un fonds d’investissement public privé dédié aux PME dirigées par des femmes en phase de croissance. Les marchés publics pourraient aussi s’investir selon ces propositions en fixant des objectifs chiffrés d’achats publics auprès d’entreprises dirigées par des femmes. Avec ces pistes, la CPME espère que l’économie pourra "renouer avec la prospérité" en misant sur toutes ses forces vives.