Bordeaux

Hôtellerie

Coronavirus - Eklo Hotels rouvre sans attendre pour sauver les meubles

Par Anne Cesbron, le 18 mai 2020

Le groupe français Eklo Hotels a rouvert son siège bordelais ce lundi 18 mai. Progressivement, ses établissements de Lille, Le Mans, le Havre puis Clermont-Ferrand accueilleront à leur tour du public. L'hôtelier low-cost veut croire que sa clientèle française de loisirs et de professionnels permettra de retrouver des taux d'occupation solides au troisième trimestre. 

Emmanuel Petit Eklo Bordeaux
Emmanuel Petit, fondateur d'Eklo Hotels, a obtenu un prêt garanti par l’État de 1,5 million d’euros pour le groupe, soit environ 400 000 euros pour l'établissement de Bordeaux. — Photo : Anne Cesbron

Un éternel optimiste. Emmanuel Petit le confie, il n’est pas du genre à se laisser abattre. Pourtant, alors que le confinement s’éloigne pour les cinq établissements de la société Eklo Hôtels, le fondateur du groupe reconnaît avoir été surpris par l’ampleur de l’épidémie. Le scénario d’un reconfinement et celui d’un retour frileux de la clientèle plane également comme une menace. « Je pense que la reprise va être difficile, très lente », concède-t-il.

« Ça ne sera pas rentable »

Ce lundi 18 mai, c’est depuis Bordeaux que le groupe de 70 salariés entame la reprise. « Nous avions conservé 5 collaborateurs au siège, notamment pour en assurer la sécurité. Lille, Le Mans, Le Havre rouvriront lundi 25 et Clermont-Ferrand en juin. Pour commencer, au vu des réservations, nous attendons quelques dizaines de clients », indique Emmanuel Petit. Ainsi, seules une dizaine de chambres, sur les 127 que compte l’établissement de la Zac Bastide Niel à Bordeaux, ont été préparées. « Ça ne sera pas rentable, mais nous ne souhaitons pas attendre. Nous voulons nous remettre dans une dynamique d’accueil et pouvoir recevoir les professionnels du BTP, les commerciaux qui vont de nouveau travailler et qui représentent 50 % de notre clientèle habituelle à Bordeaux ». La clientèle internationale, qui pèse pour 20 % environ à Bordeaux, devra pour sa part être remplacée par des nationaux. « Notre concept économique devrait nous permettre de repartir plus vite. De même que nous sommes un secteur de l’hôtellerie moins sensible au segment des séminaires et des congrès ».

Une baisse de 40 % en 2020

Eklo Hotels à Bordeaux, siège social du groupe hôtelier français
Eklo Hotels à Bordeaux, siège social du groupe hôtelier français - Photo : Studio Janréji

L’établissement inauguré en juillet 2019 avait, depuis, réalisé d’excellents résultats qui auguraient d’une confortable année 2020. « Nous avons d’emblée connu un grand succès, avec 90 % de taux d’occupation dès le mois de septembre, suivi d’une fin d’année 2019 énorme. Avec 75 % de taux d’occupation au troisième trimestre, nous dépassions nos objectifs », se souvient le dirigeant. Le groupe qui réalisait 5 millions de chiffre d’affaires en 2019, table sur une baisse de 30 à 40 % de ses résultats.

Poursuivre les investissements

Autre ombre au tableau, le retard de deux mois accusé par ses chantiers, brutalement arrêtés à Marne-la-Vallée, Toulouse et Lyon. « Malgré tout, je ne peux que me réjouir de vivre dans un pays où les entreprises auront été immédiatement soutenues. J’ai pour ma part mis en place tout ce qui pouvait l’être, en matière de chômage partiel, de report de loyers, de crédits baux de six mois, de charges sociales et fiscales. Côté trésorerie, nous avons fait appel à un prêt garanti par l’État de 1,5 million d’euros pour le groupe, soit environ 400 000 euros pour Bordeaux, calculé en fonction de la masse salariale », indique Emmanuel Petit, qui redoute toutefois que les exonérations annoncées par le gouvernement en faveur du secteur du tourisme ne s’appliquent pas à l’hôtellerie.

En attendant d’y voir plus clair, le dirigeant assure que les investissements du groupe ne seront pas remis en question. De nouvelles ouvertures d’établissements en France seront annoncées, avec le soutien des actionnaires. « Nous allons nous adapter et j’espère réaliser une belle fin d’année », conclut le fondateur de l’enseigne low cost qui compte sur la création d’une quarantaine d’hôtels d’ici dix ans.

Emmanuel Petit Eklo Bordeaux
Emmanuel Petit, fondateur d'Eklo Hotels, a obtenu un prêt garanti par l’État de 1,5 million d’euros pour le groupe, soit environ 400 000 euros pour l'établissement de Bordeaux. — Photo : Anne Cesbron

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