Si Yooji atteint effectivement son objectif de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, elle aura multiplié par 10 celui de 2020. "Nous sommes en bonne voie, avec une croissance de 50 % chaque année", affirme Jeremy Strohner, PDG de Yooji. Depuis sa création en 2013 par un jeune père de famille, Yooji produit des aliments pour bébés surgelés, conçus pour les différentes étapes de diversification (purées, smoothies, etc.).
Depuis sa levée de fonds de 7,5 millions d’euros en 2020 et son changement de direction - avec l’arrivée de l’actuel PDG issu de Danone et Heineken -, elle aiguise son appétit et déploie une stratégie de conquête.
3 000 points de vente
À partir de ce mois d’octobre, ils seront disponibles dans l’ensemble des GMS. "Nous avons signé cette année des contrats avec sept nouveaux clients - comme Intermarché ou Système U -, ce qui nous permet d’être référencés chez les 11 plus grandes enseignes en France (plus de 3 000 points de vente). Notre enjeu premier, c’est être visible." La GMS génère 60 % du chiffre d’affaires ; 10 % proviennent des crèches et des magasins spécialisés Ecomiam ; et 30 % viennent du site en ligne qui propose des livraisons expresses. "Notre site est encore un bon canal pour nos 40 références, quand la GMS en sélectionne neuf en moyenne."
Un marché en décroissance
La croissance de Yooji (60 salariés) est d’autant plus remarquable que le marché n’est pas favorable. "En France, il pèse 500 millions d’euros (hors lait), c’est le plus gros marché européen. Mais il est en décroissance depuis plusieurs années", constate Jeremy Strohner. D’une part à cause de la baisse de la natalité, ensuite parce que les consommateurs se détournent de la babyfood au profit du fait maison surtout depuis le Covid. "Le fait maison devient le standard, avec des parents trentenaires plus sensibles aux enjeux RSE - le poids du bio en babyfood est de 35 %, soit six fois plus qu’en food traditionnelle -. Dans le même temps, l’offre d’alimentation pour bébé a très peu innové depuis 40 ans, et les jeunes parents manquent toujours de temps pour cuisiner. Yooji est le trait d’union entre le fait maison et la praticité."
L’export en 2026
La spécificité de la marque : tous les produits - bios - sont cuits à la vapeur et surgelés, présentés dans des portions de 10 ou 20 grammes. "Nous sommes probablement l’entreprise de babyfood la plus vertueuse du marché. Nous limitons le gaspillage des emballages puisqu’ils contiennent bien plus qu’un repas et limitons le gaspillage alimentaire avec des portions à la demande. 100 % de nos protéines et 70 % de nos fruits et légumes viennent de France." Première marque en France à commercialiser le "manger main" en bâtonnet, surfant sur les principes Montessori, Yooji a de l’ambition. "Cette année nous testons nos produits en Belgique et au Luxembourg. Les premiers retours sont très bons."
Avant d’accélérer à l’international à partir de 2026, Yooji veut encore faire turbiner ses deux lignes de production à Estillac, dont sont sorties 800 tonnes de produit fini cette année. "Il nous faut d’abord saturer le site, dont nous sommes locataires, avant d’envisager une usine. Nous avons encore un peu de marge, les week-ends notamment." Les lignes fonctionnent déjà de 4 h à 23 heures.
Yooji est détenue par les fonds français Danone Manifesto Venture et Capagro, le fonds impact néerlandais Pymwymic et le management en minoritaire.