Le Tribunal de commerce de Rouen a prononcé jeudi 17 octobre 2013, la liquidation de la société Huis Clos avec poursuite d'activité jusqu'au 24 octobre. Une décision qui vient clore une période d'observation de six mois décidée le 22 mai dernier alors que l'entreprise fondée par l'homme d'affaires rouennais René Bertin faisait face à de graves difficultés. Spécialisée à l'origine dans l'installation de portes et de fenêtres, devenue en vingt ans un des leaders français du secteur de la rénovation de l'habitat, Huis Clos s'était ouvert en 2006 aux énergies renouvelables, secteur particulièrement atteint ces dernières années par la suppression progressive des aides d'État aux particuliers.
Le baroud d'honneur de René Bertin
En mai dernier, René Bertin qui espérait encore sauver ce qui pouvait l'être, semblait privilégier une augmentation de capital via le recours à des fonds d'investissement, voire à de nouveaux partenaires industriels. Des contacts avaient déjà été pris, expliquait alors l'homme d'affaires, conscient du danger mais volontariste dans sa démarche. Lui qui disait vouloir « sauver Huis Clos », était revenu contraint par les événements après avoir laissé la barre depuis quelques années à son directeur général Jean-Marc Pluteau. Les juges consulaires ont donc rejeté jeudi 17 octobre l'unique offre de reprise globale qui émanait d'un mystérieux candidat, Alain Messi, qui promettait de doubler voire tripler le chiffre d'affaires de Huis Clos d'ici 2018. Il a rejeté, dans le même temps, l'offre d'un pool de salariés qui envisageait de reprendre une activité partielle de l'entreprise tournée vers les professionnels.
« Une crise qui n'en finit pas »
Après avoir affiché un chiffre d'affaires record de 182 millions d'euros en 2008, Huis Clos était tombé en fin d'année 2012 à 151 millions d'euros. Dans un courrier adressé aux salariés au lendemain de la liquidation, René Bertin se disait victime « d'une crise économique qui n'en finit pas et qui dissuade nos clients de faire des dépenses de rénovation de leur habitat ». Pour celui qui a fondé l'entreprise en 1990, la pilule est dure à avaler : « j'ai tenté de rattraper la situation en reprenant pleinement contrôle de la société et stratégie en ce début d'année 2013, mais il était malheureusement trop tard », concède René Bertin. « La dégradation ayant continué et s'étant aggravée depuis le début de l'année ».
Pratiques commerciales épinglées
Si le sort économique de Huis Clos semble scellé, l'histoire n'est pour autant pas totalement écrite. Outre les incertitudes planant sur l'avenir de sa filiale havraise de production de menuiserie PVC, Isoplas Pro, c'est sur ses pratiques commerciales que l'entreprise et ses dirigeants pourraient répondre prochainement. Trois dirigeants de l'entreprise, dont René Bertin lui-même, ont en effet été entendus dans le cadre d'une garde à vue les 10 et 11 septembre dernier suite à l'ouverture par le parquet de Rouen d'une enquête préliminaire pour « pratiques commerciales douteuses », indiquait alors l'AFP. En cause, des plaintes accumulées depuis plusieurs années sur le bureau de la Direction départementale de protection des populations de Seine-Maritime -une centaine selon l'AFP- transmises au parquet du Tribunal de Grande instance de Rouen. Des faits qui, avérés ou non, écornent un peu plus l'image de l'entreprise et de son dirigeant historique.
Guillaume Ducable
rénovation de l'habitat Le Tribunal de commerce de Rouen a prononcé le 17 octobre dernier la liquidation de l'entreprise Huis Clos. Le retour aux affaires de René Bertin en mai dernier n'y aura rien changé.