Spécialiste des visites virtuelles et technologies immersives, Virteem se lance dans l’intelligence artificielle générative. Ou plutôt, s’est déjà lancé dans l’IA générative en développant en interne, et pour son propre usage, un outil "pour que les équipes aient accès à toute la connaissance de l’entreprise, ce que l’on appelle le knowledge management", explique Kevin Soler, fondateur et dirigeant de la société basée à Sophia Antipolis.
Des cas d’usage multiples
En échangeant sur ses bonnes pratiques, certains de ses clients, des grands groupes essentiellement, y ont eux aussi vu leur intérêt. Car ils ont beau être plus gros que Virteem (23 collaborateurs), ils partagent peu ou prou les mêmes problématiques. "Les cas d’usages sont multiples : que faire si j’ai perdu mon badge cantine ? Y a-t-il un parking à vélos ? Vers qui me tourner si ma boîte mail dysfonctionne ? Quelle est la démarche RSE de l’entreprise ? Quand on adresse Safran ou Orange qui ont 60 000 collaborateurs, personne ne peut connaître l’historique de l’entreprise."
100 % souverain
Ainsi est donc né Virteem Companion avec son chatbot qui a réponse à tout ce qui concerne l’entreprise, à partir de documents fournis par elle-même. Contrairement aux solutions comme celle de Microsoft ou OpenAI, les réponses sont forcément très précises. Autre atout mis en avant par Virteem : sa solution est française. Cela constitue bien plus qu’un détail face aux risques accrus de fuite des données. "ChatGPT s’entraîne sur la base des connaissances et des questions posées, et pis encore sur les documents qui lui sont fournis. Il les ingère. Imaginez qu’il y ait une adresse mail, un numéro de téléphone ou le nom d’une personne dans ces documents. C’est pourquoi nous avons axé notre positionnement dès le départ sur la souveraineté : tout ce que l’on déploie est 100 % souverain, ce n’est pas seulement avec un serveur hébergé en France, nous maîtrisons toute la chaîne de valeur, de A à Z." Des arguments qui ont déjà séduit des clients comme le Crédit Agricole.
Conserver son avance
Pour mener à bien ce développement, Virteem a renforcé ses équipes sur le flanc de l’IA, recrutant un directeur des opérations, Paul-Alexandre Réaud, et une directrice technique, Héloïse Maurel, docteur en sciences informatiques dont la thèse portait sur la cybersécurité et l’IA. Un directeur général les rejoindra prochainement.
Kevin Soler a aussi décidé de se lancer pour la première fois dans une levée de fonds. "Depuis 13 ans, je développe Virteem sur mes fonds propres, mais aujourd’hui il faut aller plus loin et j’accepte pour cela de diluer le capital. Nous sommes dans une guerre de la technologie et qui dit guerre de la technologie, dit guerre de l’argent aussi. Pour garder notre avance, nous devons accélérer par une levée de fonds."
Objectifs 40 collaborateurs à Sophia Antipolis
Accompagné par le cabinet Cairus, à Nice, le dirigeant recherche des fonds d’investissement, visant plusieurs millions d’euros au premier trimestre 2025.
D’ici là, la société va recruter pour passer à 40 collaborateurs à Sophia Antipolis (contre 13 à ce jour). Si elle ne communique pas son chiffre d’affaires, qui se compte "en millions avec un s", elle dit avoir déjà dépassé cette année celui de l’an dernier, enregistrant "40 à 60 % de croissance cette année".