Fin du trou d’air pour le secteur aéronautique. La pandémie de Covid avait entraîné une chute d’environ un tiers de la production d’avions en 2020 et 2021, mais les experts se montrent aujourd’hui résolument optimistes pour les années à venir. Ils anticipent une progression de l’ordre de 10 à 15 % de l’industrie aéronautique française en 2025 et 2026.
Hausse attendue du trafic aérien
Les dernières prévisions du marché mondial sur 20 ans d’Airbus pour la période 2024-2043 tablent ainsi sur une forte croissance. Celle-ci est portée par deux facteurs. La reprise du trafic aérien, tout d’abord. Au cours des 20 prochaines années, l’avionneur prévoit que le trafic va plus que doubler (x 2,4). Il pourrait même augmenter de 8 % par an sur les trois prochaines années pour rattraper la croissance perdue pendant la pandémie. Il renouerait ensuite avec une progression annuelle de 3,6 % à partir de 2027.
Renouvellement des flottes mondiales
La demande en avion sera également soutenue par le remplacement de la flotte. Les livraisons d’avions neufs (avions de passagers de plus de 100 sièges et avions-cargos de plus de 10 tonnes) se substitueront aux avions plus anciens, moins économes en carburant. Au cours des 20 prochaines années, Airbus attend ainsi une demande de plus de 42 000 nouvelles livraisons. Ces nouveaux appareils devraient permettre de réduire encore la consommation de carburant par passager-kilomètre payant, qui a déjà diminué de moitié depuis 1990.
Airbus et Dassault tournent à plein régime
La production de l’industrie aéronautique française devrait dépasser en 2026 son niveau d’avant la crise sanitaire. Le carnet de commandes pléthorique d’Airbus, qui s’est récemment enrichi d’une commande chinoise de 80 A320, représente plus de 11 années de production à ce rythme. L’avionneur européen a pour objectif de livrer 65 A320 par mois fin 2024 (contre 60 en 2019) et jusqu’à 75 en 2026.
L’industrie aéronautique civile n’est pas la seule à connaître une belle dynamique. Le carnet de commandes de Dassault Aviation compte à ce jour plus de 200 avions Rafale à livrer - soit l’équivalent de dix années de production au rythme actuel - dont 169 à l’export.
Les défis RH et d'approvisionnement des sous-traitants
Un succès auquel l’avionneur français a du mal à faire face, pour les mêmes raisons qui pénalisent Airbus, à savoir les difficultés des fournisseurs à suivre ces montées en cadence. Pour bénéficier à plein de l’embellie du secteur, les sous-traitants doivent franchir deux obstacles. Le premier est le manque de personnel. En effet, les entreprises ont supprimé 23 000 emplois en 2020, selon l’Insee, ramenant la filière aérospatiale à 263 000 salariés. Les sous-traitants doivent également résoudre les difficultés persistantes avec les chaînes d’approvisionnement.