Montpellier
À Vendargues, l’expert des profilés aluminium pour le bâtiment Novastruct renforce son pilotage industriel
Montpellier # Industrie # Stratégie

À Vendargues, l’expert des profilés aluminium pour le bâtiment Novastruct renforce son pilotage industriel

S'abonner

Rebaptisé Novastruct depuis son rachat par le fonds allemand Mutares, l’ex-Kawneer Europe lance sa nouvelle marque. Le fabricant héraultais de solutions aluminium entend gagner des parts de marché grâce à sa réorganisation, sa R & D et sa rapidité d’exécution.

La nouvelle gouvernance de Novastruct, incarnée par Cyril Erout, Robert Quattrocchi et Lionel Javon — Photo : Novastruct

L’acquisition de Kawneer Europe par le fonds allemand Mutares, signée auprès du groupe américain Arconic en octobre 2025, ne marque pas de rupture dans une histoire longue de 45 ans. Si elle est devenue officiellement Novastruct le 28 mai, la société (4 sites en Europe, 300 salariés), qui fabrique des profilés en aluminium pour façades, menuiseries et extensions de l’habitat, poursuit sa route sur le même périmètre. Elle est présente en Allemagne, aux Pays Bas, et en France, où sa filiale locale compte le siège social et l’usine de Vendargues (120 salariés) dans l’Hérault et une deuxième usine, à Guérande (22 salariés) en Loire-Atlantique.

Une nouvelle organisation en Europe

Toutefois, Novastruct se dote d’une nouvelle feuille de route marquée d’abord par le renforcement de ses expertises. La structure de direction du groupe en Europe vient d’accueillir de nouveaux PDG et directeur financier. Novastruct France, quant à elle, est placée sous la direction de Robert Quattrocchi. Elle accueille aussi Lionel Javon et Cyril Erout, recrutés respectivement comme directeur des opérations et directeur du business développement. "C’est une organisation indépendante, qui combine nos 3 pays en une seule entreprise. Mais dans chaque site, la nouvelle gouvernance est portée par une équipe locale pour répondre aux besoins locaux, afin de travailler plus vite et en proximité avec nos clients", résume Robert Quattrocchi.

Ce qui n’est pas sans conséquence sur le plan financier. "Cette gouvernance se traduit par un nouvel équilibre financier dans chaque site. Nous avons pu recréer nos propres financements et nos lignes de crédit", poursuit le DG France, qui reste néanmoins discret sur les moyens alloués par Mutares.

L’enjeu de l’infrastructure numérique

Novastruct prévoit bien un plan d’investissement sur 2026-2028, sans en révéler l’ampleur. L’une des premières dépenses engagées dans le cadre de l’intégration à Mutares, "moins de 10 millions d’euros", concerne la mise en place de nouveaux outils numériques, qui permettront d’informatiser la production. "Nous avons encore de nombreuses marges de manœuvre sans investissement majeur. Nous avons la taille suffisante pour gagner des parts de marché par notre seule performance commerciale. Nous réfléchissons toutefois à étendre nos expertises, par voie de partenariats ou d’acquisitions, car en en tant que gammiste, nous n’intégrons pas des savoir-faire comme l’extrusion ou le laquage des profilés. C’est en réflexion avec notre actionnaire", évoque Robert Quattrocchi.

L’agrégation de compétences

De fait, le site héraultais de Novastruct, qui dispose de 22 000 m2 de stockage et 6 000 m2 de bureaux, agrège de multiples pôles de compétences : production, logistique, fonctions support, ventes, etc. "Cela nous donne la capacité de prendre des décisions rapidement", insiste le dirigeant.

Ce dernier rappelle que l’entreprise intervient sur des projets ponctuels comme la gare TGV de Montpellier (livrée en 2018) ou en fournissant des produits sur catalogue aux magasins de grandes enseignes (Lidl, McDonald, Marie Blachère, Grand Frais…).

Rester agile dans un contexte contraint

Au total, Novastruct gère un portefeuille de 450 clients en Europe (250 pour l’entité France), qui se maintient malgré un contexte défavorable : "Le marché du bâtiment s’est écroulé depuis 2022, et la reprise observée en 2026 est peu significative", observe Robert Quattrocchi.

L’entreprise compte donc sur ce plan stratégique pour garder son agilité, tout en développant de nouveaux produits : le pôle R & D intègre à ce jour une douzaine d’ingénieurs. Le catalogue se répartit entre les références conçues pour le résidentiel (60 %) et le tertiaire (40 %), déclinées elles-mêmes pour le neuf et la rénovation. "Nos marchés sont en mutation. Certaines régions sont plus dynamiques que d’autres. Il nous revient désormais de mieux accompagner ces évolutions de marché", conclut Cyril Erout.

Montpellier # Industrie # Menuiserie # Bâtiment # Stratégie # Investissement industriel # PME