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Référence de la certification en bio, Ecocert accélère la diversification de ses services
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Référence de la certification en bio, Ecocert accélère la diversification de ses services

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Le groupe gersois Ecocert, leader mondial de la certification bio et responsable, crée de nouveaux services. Il accélère sa diversification vers les produits non alimentaires et le conseil stratégique. Il ouvre aussi deux nouvelles implantations internationales. Avec l’ambition d’atteindre 150 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2030.

Ecocert a été créé en 1991. Il est devenu l’organisme certificateur de référence de l’agriculture biologique — Photo : Ecocert

Depuis son siège de L’Isle-Jourdain (Gers), le groupe Ecocert (2 180 salariés, CA 2025 consolidé : 125 M€), leader de la certification des produits bio, annonce de nouvelles étapes stratégiques pour son développement, en accentuant sa diversification entamée de longue date, évoluant de l’alimentation bio vers l’expertise des produits durables. Ayant l’ambition de maintenir une croissance annuelle régulière de 5 %, le groupe espère dépasser les 150 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2030. Pour accompagner cette croissance, il prévoit 150 recrutements en France, dont 59 en Occitanie.

Le groupe familial est présidé depuis mai 2024 par Jérémie Vidal (présidence non exécutive) et dirigé par Philippe Thomazo — Photo : Ecocert

Deux nouvelles implantations internationales

Pour atteindre ces objectifs, Ecocert joue sur deux tableaux principaux. Sur le volet international, le spécialiste de certification va opérer en 2027 une implantation en Côte d’Ivoire, premier producteur de cacao au monde, producteur de café et de fruits, et pays stable dans une Afrique de l’Ouest troublée. Un autre atterrissage est prévu au Sri Lanka, essentiel fournisseur de thé.

61 %

L’international contribue pour 61 % du chiffre d’affaires aujourd’hui. Le groupe déploie ses activités dans plus de 150 pays avec 36 implantations. "Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas ouvert de nouvelle agence. Nous recommençons et nous comptons accélérer", expose Philippe Thomazo, le directeur général du groupe.

Pas de greenwashing sur les emballages

L’autre volet de la stratégie va donc être de poursuivre la diversification des prestations du groupe. Déjà engagée depuis plusieurs années, à la fois dans l’alimentaire et le non-alimentaire, celle-ci s’accélère.

Les auditeurs d’Ecocert étoffent ainsi leur expérience, en y ajoutant la maîtrise de réglementations récentes, telles que la directive européenne Transition Verte 2024/825 (Empowering Consumers for the Green Transition), applicable en septembre 2026. Ce texte entend contrer les manœuvres de greenwashing, pour que le consommateur ne soit plus trompé par les allégations inscrites sur les emballages de produits alimentaires. "Les industriels nous appellent pour nous demander s’ils ont le droit d’écrire ceci ou cela. Nous vérifions pour eux la conformité de leurs allégations et mentions au regard de la réglementation", explique le directeur général.

Ecocert développe une expertise sur la conformité des allégations sur les emballages au regard de la réglementation européenne, qui se durcit sur le sujet — Photo : Ecocert

Nouveauté également : Ecocert crée une business unit pour certifier des matériaux durables, utilisés pour le packaging alimentaire. Il entend répondre aux enjeux de circularité des plastiques et à la montée en puissance des exigences de recyclage en France.

De la certification au conseil stratégique

S’y ajoute enfin une nouvelle prestation de conseil. Ecocert élargit en effet sa palette de services en proposant aux entreprises clientes une expertise sur la sécurisation de leur approvisionnement, autrement dit du "derisking de la supply chain". Il s’agit par exemple de réduire les risques liés au réchauffement climatique ou aux aléas géopolitiques, pouvant perturber l’approvisionnement. Le diagnostic proposé par Ecocert vise aussi à vérifier que les conditions sociales, par exemple le non-travail des enfants chez les producteurs, sont respectées, à l’heure où les attentes des consommateurs en matière de qualité sociale et environnementale des produits se font plus fortes.

Les données, un moteur pour demain

En parallèle, un moteur plus transversal, prend aussi de l’importance. Par son métier, Ecocert est collecteur et vérificateur de données. La data est donc un élément central que le groupe gersois ne néglige pas. "Nous investissons beaucoup dans le digital et la donnée. Nous voulons accélérer les services digitaux pour nos clients", explique Philippe Thomazo (montant non dévoilé). L’entreprise élabore notamment une plateforme permettant un sourcing précis des ingrédients cosmétiques, afin de faciliter la mise en contact avec des fournisseurs éventuels pour ses clients.

Les trois diversifications historiques d’Ecocert

Les diversifications annoncées par Ecocert s’inscrivent dans le droit fil du parcours pris par l’entreprise ces dernières décennies. Le groupe familial créé en 1991 par William Vidal et présidé depuis mai 2024 par son fils Jérémie (présidence non exécutive) a connu plusieurs évolutions majeures de son positionnement : vers l’international, vers le durable et vers le non-alimentaire. Sa raison d’être initiale était de certifier les produits issus de l’agriculture biologique en France, mais il a rapidement élargi son périmètre géographique, passant à l’international, dès 1994.

La mission de certification se déroule beaucoup à l’international, à la source de la récolte et de la fabrication des produits — Photo : Ecocert

La montée en puissance de la durabilité

Il a aussi étendu son champ d’action de la bio vers la durabilité, en ouvrant son expertise à la certification de commerce équitable, d’agriculture durable (critères différents de la bio) ou encore de la séquestration et de la compensation carbone. Cette tendance a accéléré depuis 2015. L’an dernier, Ecocert a consolidé son offre avec des outils de scoring environnemental, comme Ecobeauty Score et le Green Impact Index, afin d’aider les marques à objectiver et comparer l’empreinte de leurs produits.

Alors qu’elle a constitué l’essentiel de l’activité jusqu’au début des années 2000, l’agriculture bio représente aujourd’hui 61 % du chiffre d’affaires. Elle demeure néanmoins au cœur de l’identité d’Ecocert, référence parmi les organismes certificateurs de la bio. "Nous sommes capables de certifier tout type de produit biologique, partout dans le monde dès lors qu’un cadre réglementaire est établi", souligne Philippe Thomazo.

Le cosmétique aussi

Dernier virage, entamé à partir des années 2000, l’organisme a évolué vers le non alimentaire et les PGC — produits de grande consommation. Car les végétaux ne sont pas qu’alimentaires : ils servent à l’industrie cosmétique et à celle du textile et de la mode.

"Nous nous voyons un peu comme le guide Michelin des standards de durabilité"

Au titre des certifications délivrées par Ecocert, les consommateurs reconnaîtront, entre autres : GOTS pour le textile, Cosmos et Natrue pour la cosmétique, Fair for life pour le commerce équitable ou Rainforest Alliance pour l’agriculture durable (critères sociaux des plantations de café, cacao et thé).

Aujourd’hui, "nous nous voyons un peu comme le guide Michelin des standards de durabilité".

Plus de 350 collaborateurs sont présents au siège à L’Isle-Jourdain (Gers) et 80 à Toulouse (Haute-Garonne) — Photo : Ecocert

"La bio démontre avant tout sa capacité de résilience."

Maintenant, Ecocert annonce son ambition d’atteindre 150 millions d’euros de chiffre d’affaires, réaffirmant ainsi la solidité de son activité et sa dynamique. Devenu un acteur central des filières biologiques, l’organisme jusqu’ici discret dans ses prises de parole, profite de cette annonce pour apporter son éclairage, dans un discours ambiant où la bio apparaît malmenée. "Il est important de souligner de souligner les fondamentaux solides de l'agriculture biologique et la reprise de la consommation de produits bio, considère le directeur général du groupe gersois. Car si la bio fait face, comme l’ensemble du secteur agricole, à un contexte économique marqué par l’inflation qui a ralenti sa croissance, elle démontre avant tout sa capacité de résilience."

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