Fondée en 1954 dans le Nord, l’entreprise familiale Sadaps Bardahl accélère sa croissance sous l’égide de Sonia Callens, qui représente la quatrième génération de dirigeants. Installé à Marcq-en-Barœul, dans le Nord, ce fabricant de lubrifiants et d’additifs moteurs réalisait en 2024 un chiffre d’affaires de 165 millions d’euros, avec 350 collaborateurs. En misant sur la diversification de ses marchés, ainsi que le verdissement de ses produits, l’ETI vise une croissance de 8 à 10 % sous trois ans.
Dès 2025, le chiffre d’affaires de Sadaps Bardahl atteindra ainsi les 170 millions d’euros. Cette entreprise est détenue à 50 % par la famille dirigeante et, pour l’autre moitié, par l’industriel américain Bardahl (800 millions d’euros de CA, plus de 1 500 salariés). Celui-ci a permis la création de cette entité française, par l’arrière grand-père de la dirigeante, Jean Leplat, en lui accordant à l’époque la distribution exclusive de la marque Bardahl en France.
80 % de l’activité avec l’automobile
Ce n’est pas la première fois que Sadaps Bardahl déploie une telle stratégie de croissance. Entre 2014 et 2025, l’entreprise est passée de 60 à 165 millions d’euros de chiffre d’affaires. Un essor porté par l’élargissement de ses gammes (plus de 5 000 références aujourd’hui), intégrant aussi du liquide de refroidissement, du lave-glace, des détergents, etc. Mais aussi par une première diversification vers l’industrie générale avec le développement, par exemple, de lubrifiants destinés aux machines.
Son marché historique, celui de l’automobile (garages, centres auto et constructeurs), représente toujours 80 % de l’activité, une part appelée à diminuer puisque Sadaps Bardahl compte se muscler dans d’autres secteurs, comme l’agriculture, les transports publics, la marine, la motoculture et le bricolage.
Préparer le recul des moteurs thermiques
Avec cette stratégie, Sadaps Bardahl anticipe la disparition progressive des moteurs thermiques. Même si, à court terme, l’incertitude qui plane sur la vitesse de déploiement du véhicule électrique sert sa croissance. "Pour le moment, les consommateurs retardent l’achat d’un nouveau véhicule, ne sachant pas vers quelle motorisation se tourner, analyse Sonia Callens. Le parc automobile vieillit et demande donc de l’entretien, ce qui représente autant de débouchés supplémentaires pour nos produits". Selon les chiffres partagés par l’entreprise, l’âge moyen du parc automobile français atteint ainsi 11,9 ans, contre 8 ans en 2006. À long terme, en revanche, "ce serait se voiler la face, et ne pas être lucide, que de ne pas se projeter vers d’autres secteurs", anticipe Sonia Callens.
Près de 20 millions d’euros investis en Belgique
Sadaps Bardahl accélère aussi en matière de RSE. Un investissement de 17 à 20 millions d’euros est notamment programmé dans un site de chimie verte, en complément de son usine principale. Située dans la ville belge de Tournai, non loin de son siège social nordiste, cette usine de 17 000 m² fabrique la majorité de ses 5 000 références, avec 70 000 tonnes de produits en 2024, distribués dans 40 pays. Situé sur un terrain de 5 000 m², "ce futur site doit être mis en service en 2027, avec 15 salariés supplémentaires", précise la dirigeante. Il produira des huiles végétales, avec une capacité de 40 000 tonnes, en vue de limiter le recours aux composants pétroliers.