Quel bilan tirez-vous de l’activité d’Aktantis en 2025 ?
Nous avons accompagné 46 projets d’innovation, dont 35 industriels, portés par 96 entreprises et 27 laboratoires des régions Sud et Occitanie. Par ailleurs, 13 projets ont obtenu un financement public pour un total de 9,1 millions d’euros.
Pensez-vous atteindre votre objectif de 400 adhérents à fin 2026 ?
Ce sera compliqué. Nous comptons à ce jour 320 adhérents-cotisants, nous en avons gagné 95 supplémentaires en 2025. Mais je pense qu’aujourd’hui, la conjoncture n’est pas très favorable. Mais si on élargit l’ensemble, on fédère un écosystème de près de 400 partenaires.
Cela réduit donc le volume de cotisations… Quelles sont vos différentes sources de financement ?
Il y a en effet une partie privée, alimentée par les cotisations de nos membres et par des prestations de services.
Mais notre modèle économique reste très fortement dépendant de l’aide publique de l’État, des Régions, notamment de la Région Sud qui est notre plus gros financeur, des territoires et de la DGA, la Direction générale de l’Armement, qui monte en puissance. Quand on parle de souveraineté, les technologies numériques sont un élément extrêmement important dans toute la chaîne de valeurs d’un équipement militaire ou de défense.
Mais dans l’ensemble, les subventions sont en baisse et nous avons encore des incertitudes.
Vous parlez de la Direction de l’Armement. La demande émanant du secteur de la défense suffit-elle à compenser ceux plus touchés par la conjoncture ?
Le problème est que la défense est un marché de très haute technologie, avec des cycles assez longs pour passer du prototype ou de la faisabilité, à l’industrialisation.
Néanmoins, pour les sous-traitants de deuxième ou de troisième rang, c’est très intéressant, car un nouvel algorithme IA qui fait du traitement d’images et peut être facilement implémenté sur un drone, un satellite ou un avion militaire.
Dans la photonique ou l’optique, il y a énormément de choses à faire avec des nouvelles caméras, des nouvelles visées de systèmes de frappe, que ce soit dans le maritime, l’aéronautique, le terrestre ou le spatial. Cela ouvre donc des opportunités, d’autant que l’agence innovation défense de la DGA donne une belle dynamique à tout cela.
Mais il faut rester vigilant, le gros du marché est composé d’acteurs très importants, qui vont peut-être avoir la capacité à consolider un écosystème potentiel.
Quelles sont vos ambitions ?
Nous souhaitons vraiment marquer une empreinte. Face à la baisse des financements publics, des synergies vont probablement s’opérer, comme nous l’avons fait avec Optitec, qui avait besoin de se raccrocher à une structure qui avait une taille critique, une équipe opérationnelle. Je ne sais pas si ça se fera en 2026, mais nous sommes capables d’agréger des clusters ou de faire des partenariats avec eux, voire avec d’autres pôles de compétitivité.
Quelles autres pistes de développement étudiez-vous ?
En vingt ans, le pôle a énormément évolué, non pas dans sa mission mais dans son positionnement et sa manière d’interagir avec les membres qui n’étaient au départ que des grands groupes. Aujourd’hui, 70 % de notre écosystème est composé de start-up et TPE.
Je pense qu’il faudrait qu’on développe notre capacité à apporter du business de manière plus tangible. La notion de networking n’est pas la mission d’un pôle qui, historiquement, est très orientée sur l’innovation. Mais les notions d’attractivité, d’industrialisation sont aussi importantes, et j’aimerais que l’on ne soit pas là que pour aider à lever des fonds ou obtenir des aides publiques, mais peut-être aussi pour être vraiment tangible dans la création de valeur business, dans l’impact business, plus stratégique. On ne va évidemment pas former des commerciaux mais générer les conditions pour que le business se fasse, ça, j’aimerais bien.