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Romain Condello, de pilote de chasse à entrepreneur - heureux - dans les volets roulants
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Romain Condello, de pilote de chasse à entrepreneur - heureux - dans les volets roulants

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Ex-pilote de Rafale dans l’Armée française, Romain Condello a trouvé un nouveau sens et un challenge "ultra-motivant" dans l’entreprise. Il dirige la TPE industrielle Rolheur, près de Nice, qu’il a reprise et dans laquelle, aussi surprenant soit-il, il dit s’épanouir bien plus encore.

Avril 2019 à bord du porte-avions Charles de Gaulle, Romain Condello est encore pilote de Rafale — Photo : ©Charles Wassilieff/Marine Nationale

Au bout d’un petit chemin sur la commune de La Gaude, près de Nice, l’entreprise Rolheur, fabricante de volants roulants pour installateurs. À sa tête, un homme heureux de sa nouvelle condition de chef d’entreprise. Il n’y a pas si longtemps encore, Romain Condello était pilote de Rafale, avion militaire de combat. Le rêve du petit garçon qu'il était, aussi loin qu'il s'en souvienne.

Six mois par an en mer

À 18 ans, il quitte la Côte d’Azur et sa famille pour intégrer une école d’ingénieurs à Laval (Mayenne), avant de rejoindre l’Armée. Treize ans plus tard, il choisit de ne pas renouveler son contrat. "J’avais envie de faire autre chose et d’être un peu plus présent à la maison, explique le père de deux enfants. J’étais en mer 6 mois par an, sans compter tous les à-côtés, les vols de nuit… Pour la vie familiale, c’était compliqué."

Une "énergie de jeune homme" retrouvée

Alors que nombre de ces pilotes de chasse se reconvertissent en pilote de ligne une fois dans la vie civile, Romain Condello prend un virage que d’aucuns estiment pour le moins inattendu : après plus d'une année de réflexion, il s’associe en 2024 avec un dirigeant local, Jeoffrey Calamuso, 38 ans lui aussi, dont l’entreprise est spécialisée dans les stores, pour reprendre Rolheur. Contre toute attente, il raconte alors avoir retrouvé "une énergie de jeune homme. L’énergie que je n’avais plus forcément dans ma précédente activité où la routine s’était installée. Je n’y trouvais plus vraiment de challenge. Il me fallait sortir de ma zone de confort."

Un apprentissage sur le tas

Le néo dirigeant se lance pleinement dans sa nouvelle mission. Sans compter les heures, il apprend le métier, sur le tas. Maîtriser la fabrication, les outils informatiques, établir des devis, gérer les factures, manager une petite équipe, recruter… en moins de deux ans, la TPE s’est étoffée, passant d’un à trois collaborateurs, et a plus que doublé son chiffre d’affaires qui atteint 1,2 million d’euros.

Après 13 ans passés dans l’Armée en tant que pilote de chasse, Romain Condello est aujourd’hui un chef d’entreprise heureux, à la tête de Rolheur, près de Nice — Photo : Olivia Oreggia

"Il n’y a pas 36 000 solutions, on essaie de faire le moins d’erreurs possibles, de gérer le risque intelligemment", résume t-il en établissant spontanément le parallèle avec son ancienne vie, en matière de gestion du risque. "Dans la manière d’aborder les choses, de toujours savoir dans quoi on met les pieds, de se laisser des portes de sortie si jamais une erreur a été commise... J’ai essayé de manœuvrer ainsi, avec les compétences que j’avais développées dans mon précédent métier qui, j'ai l'impression, sont transposables. Il a fallu tout faire en même temps. Et en bout de chaîne opérationnel, comme c’est le cas pour un pilote, les excuses, il n’y en a pas. La mission, il faut qu’elle soit faite. S’il y a des actions à entreprendre, des décisions à prendre, des choses à faire pour mener cette mission à bien en temps et en heure. On fait ce qu’il faut pour que ça fonctionne."

"Faire quelque chose de difficile"

Comment imaginer toutefois que de tirer un trait sur l’adrénaline que procure l'entrée dans un cockpit pour passer à la gestion quotidienne et au développement d’une petite entreprise industrielle, puisse le faire autant vibrer ? "Si on me proposait d’aller faire un tour, je le ferais bien volontiers, concède-t-il. Mais je regarde vers l’avant, je ne suis pas nostalgique."

Et puis Romain Condello s’est aussi laissé le temps de la réflexion et peut-être plus encore, de l’analyse. Pas de caricature de tête brûlée façon Top Gun. L’homme serait plutôt animal à sang froid. "Je me suis rendu compte en rentrant dans l’Armée, mais surtout en la quittant, qu’il y avait beaucoup de grands passionnés d’aviation. Moi en fait, je ne l’étais pas vraiment. Je voulais surtout faire quelque chose de difficile, c’était ça ma motivation."

Être concrètement utile

La volonté d’entreprendre aussi était là. Un univers et un challenge qui lui semblaient bien alléchants. Il avait même un temps pensé reprendre l’activité de son père, installateur de volets roulants. Ce dernier était un client de Rolheur, c’est par son entremise que s’est fait la connexion avec l’ancien dirigeant devenu cédant.

Romain Condello a repris et dirige l’entreprise Rolheur, fabricante de volets roulants, qui compte désormais 3 collaborateurs — Photo : Olivia Oreggia

La boucle était bouclée. "J’ai retrouvé du sens dans ce projet-là, confie Romain Condello. La plupart du temps, dans l’Armée, dans une journée normale, on s’entraîne. De temps en temps, quand on partait, il y avait de vraies missions de guerre. Néanmoins, quand on se couche le soir, il n’y a pas eu de création, pas d'apport, pas de valeur ajoutée à la société. Dans un projet entrepreneurial comme celui-là ou dans d’autres, à la fin de la journée, on a l’impression d’avoir fait une différence. On a produit quelque chose."

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