Le 29 avril 2026, Serafin est devenu le premier passager de la plateforme de "co-camionnage" Truckly. À bord d’un camion de la société de transport GTY, il a relié Lyon à Clermont-Ferrand. Se déplacer en camion : l’idée a germé dans une chambre d’hôpital. Marion Choppin, entrepreneuse, à l’origine de la start-up Listen Leon, y découvre la passion de sa voisine de chambre pour son métier de conductrice de poids lourds. "90 % de nos marchandises sont acheminées par la route. Le transport routier est vital, mais il souffre d’une mauvaise image", explique la dirigeante. Avec Diana Bajora (ex-Dev ID), entrepreneuse dans la tech, elle lance Truckly en janvier 2026. L’objectif : proposer une nouvelle solution de mobilité bas carbone en utilisant les capacités disponibles du transport routier de marchandises. Dès son lancement, la start-up bénéficie du soutien de business angels et compte aujourd’hui cinq collaborateurs.
Une triple ambition
"Depuis, les choses vont vite", admet Marion Choppin. "Nous avons ouvert deux nouvelles lignes de mobilité, l’une entre Lyon et Clermont-Ferrand, l’autre entre Avignon et Bordeaux. Nous ne sommes pas le BlaBlaCar du camion. Nous travaillons avec des entreprises de transport, pour proposer des places à bord des cabines de leurs conducteurs, qui sont des professionnels", explique Marion Choppin.
L’ambition est triple : réduire les émissions de CO₂ en transformant les places inoccupées des cabines en trajets utiles, renforcer le pouvoir d’achat des conducteurs et améliorer l’image de leur profession. Truckly vise une économie de 500 000 tonnes de CO2 d’ici à 2031. Pour les entreprises de transport, ces revenus complémentaires constituent une source de recettes bienvenue dans un contexte de hausse des coûts d’exploitation, notamment du carburant.
Sur un trajet payé 10 euros, deux euros vont à la plateforme, le reste à la société de transport et au conducteur. La première à avoir été séduite est la société Provence Astouin, basée dans les Bouches-du-Rhône. "Le PDG a adoré l’idée. Deux premiers chauffeurs ont réalisé des trajets et depuis, tous ont embarqué dans l’aventure", raconte l’entrepreneuse.
Une levée de fonds avant l’été
Après avoir financé le développement de son application et ses premiers mois d’activité grâce à des business angels, Truckly prépare désormais une levée de fonds de 450 000 euros avant l’été. Un second tour de table auprès de fonds d’investissement est envisagé au début de l’année 2027. "Notre enjeu est de démontrer qu’il existe un véritable marché pour ce service et de fidéliser les voyageurs", explique Marion Choppin.
D’ici à la fin de l’année, la jeune pousse vise 200 conducteurs actifs et 3 000 voyageurs. Pensée à l’origine pour répondre aux difficultés du transport routier en France, Truckly nourrit également des ambitions européennes. À l’horizon du début de la prochaine décennie, la plateforme espère fédérer 30 000 chauffeurs en France et 60 000 à l’échelle du continent. "Nous voulons permettre la réalisation d’un milliard de kilomètres et redistribuer 80 millions d’euros aux entreprises de transport et à leurs chauffeurs", détaille la dirigeante.