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Seacure lève 7,4 millions d’euros pour lutter contre l’érosion du littoral
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Seacure lève 7,4 millions d’euros pour lutter contre l’érosion du littoral

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Le marseillais Seacure accélère grâce à une levée de fonds de 7,4 millions d’euros, ouvrant la voie à la reprise de sa R & D et à l’internationalisation de son activité : la commercialisation du Geocorail, un matériau naturel fabriqué directement dans la mer pour contrer l’érosion du littoral mais aussi protéger les ouvrages maritimes ou encore la biodiversité.

Christophe Souillart, président de Seacure, tenant du Geocorail — Photo : Audrey Savournin

Il lui aura fallu un peu plus de deux ans pour parvenir à lever des fonds. Mais Christophe Souillart vient de décrocher pas moins de 7,4 millions d’euros grâce à une nouvelle augmentation du capital de Seacure dont il est président. L’entreprise marseillaise, qui commercialise depuis 2019 des solutions innovantes pour lutter contre l’érosion du littoral, protéger les ouvrages maritimes ou encore la biodiversité grâce au Geocorail, "entre dans une phase d’accélération industrielle et commerciale", commente le dirigeant. Une somme qui va permettre à Seacure de se déployer à l’international et de relancer sa R & D, pour "frôler les 2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2027", après être passé de 700 000 euros à 1,4 million d’euros en 2025.

Un nouveau fonds au capital

Ancien directeur commercial à l’international chez Subsea7, rodé aux travaux sous-marins, Christophe Souillart a été recruté en 2023 par Truffle Capital pour mener à bien cette phase de structuration. Ce fonds spécialisé dans les sciences de la vie et la deeptech appliquée à la finance a longtemps été largement majoritaire. Avant d’être progressivement dilué jusqu’à détenir aujourd’hui 48 % du capital aux côtés du Fonds Révolution Environnementale et Solidaire géré par Crédit Mutuel Impact (40 %), de business angels et de l’équipe managériale.

Une découverte fortuite

Il est présent depuis le début de l’aventure, née de la découverte fortuite, par un ingénieur GRDF en intervention à Belle-Île-en-Mer, de la possibilité de créer un agrégat rocheux dans l’eau de mer, grâce à l’électrolyse, un procédé permettant de provoquer des réactions chimiques grâce au courant électrique. Après une première levée de fonds en 2016, puis une phase de R & D de 2016 à 2023, l’entreprise a mis au point le Geocorail : un matériau breveté proche du béton mais compatible avec les formes de vie aquatique, qui permet de couvrir toutes sortes de supports destinés à être immergés (couveuses, grillages, tapis, digues, rouleaux brise houle, filets, gabions…). À la fois pour les rendre plus solides et pour créer un sarcophage favorisant la biodiversité.

La start-up marseillaise Seacure a développé le Geocorail, alternative robuste et écoresponsable aux matériaux traditionnels à base de béton — Photo : Geocorail Seacure

Le Geocorail, un matériau breveté 100 % naturel

En plongeant des "boosters" (branchés ou alimentés par des panneaux solaires) dans l’eau et en les reliant à un support conducteur, Seacure agrège le calcaire et le magnésium sur ce dernier, in situ. Et progressivement la couche le recouvrant s’épaissit, le protège, et favorise le développement d’algues. Au bout de quelques mois (ou années selon l’épaisseur souhaitée), le booster peut être retiré. "Là où aujourd’hui on produit beaucoup de CO2 pour couler du béton ou faire de l’enrochement, qui en plus est coûteux, Seacure crée une matière in situ, grâce à la nature", résume le dirigeant.

Faire ses preuves sur site

Le procédé est bien rodé, mais le Marseillais doit le faire connaître et démontrer son efficacité. "Nous avons déjà installé un démonstrateur aux Émirats arabes unis, où on nous a demandé de prouver que nous pouvons créer du Geocorail et stimuler la biodiversité, et regardez", lance le président de Seacure en montrant une vidéo d’une multitude de poissons ayant pris possession des lieux, six mois plus tard. "On était sûrs que ça allait fonctionner, parce que le processus est encore plus rapide dans une eau qui est rarement en dessous des 30 degrés." Mais il faut faire ses preuves, pour chaque environnement. "C’est l’inconvénient quand on est innovant, sourit Christophe Souillart. Quand on aura multiplié les installations, on n’aura plus à le faire."

Aux Émirats arabes unis comme aux États-Unis

Pour l’heure, il joue le jeu. Aux Émirats arabes unis donc, où une filiale vient d’être créée pour développer l’activité au Moyen-Orient, mais aussi aux États-Unis. Des démonstrateurs doivent être positionnés en Floride en 2026 et 2027 ainsi que dans le New Jersey, avant d’y créer une autre filiale, probablement en 2027. Car Seacure mise beaucoup sur ces zones, plus prometteuses que les littoraux français, soumis à une réglementation complexe et pénalisés par le manque de moyens des collectivités. D’ailleurs, si du Geocorail a été créé à Toulon, Cannes, Sainte-Maxime ou La Rochelle, l’international est devenu légèrement majoritaire dans le chiffre d’affaires. "La bascule est en cours", estime le dirigeant, qui travaille beaucoup autour de Barcelone notamment.

Poursuivre la R & D

Grâce à la levée de fonds, Seacure va pouvoir participer à de nombreux événements à l’étranger, tout en passant de 11 à 20 salariés d’ici fin 2027, notamment pour reprendre activement sa R & D. Au-delà du développement de nouveaux supports, Christophe Souillart mise beaucoup sur une nouvelle application : la dépollution des ports. "On regarde comment utiliser le Geocorail pour encapsuler les métaux lourds, explique-t-il. C’est un gros marché parce que draguer et traiter ces déchets coûte une fortune." Un marché mondial, là encore.

Marseille # Maritime # Matériaux de construction # PME # Levée de fonds # Transition écologique # International
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