Vect-Horus : Primée par Frost&Sullivan
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Vect-Horus : Primée par Frost&Sullivan

Biotechnologies. Vect-Horus vient de recevoir le prix européen Frost&Sullivan 2016 pour sa technologie favorisant le passage des médicaments dans le cerveau.

Vect-Horus a vu le jour en 2005. L'entreprise est née de la rencontre entre deux cofondateurs d'horizon très éloigné. D'un côté, un docteur en neurosciences issu du laboratoire de neurobiologie des interactions cellulaires et neurophysiopathologie de l'université de la Méditerranée, Michel Khrestchatisky, et, de l'autre, un financier venant du monde de la finance internationale, Alexandre Tokay. « Quand j'ai rencontré Michel, le projet n'existait que sur le papier. Nous développons des produits qui n'existent pas dans le monde », explique Alexandre Tokay, qui poursuit : « 100 % des anticorps ne rentrent pas dans le système nerveux central et ne peuvent donc soigner aucune de ses pathologies ». L'entreprise, installée dans les locaux de la faculté de médecine, à l'hôpital Nord de Marseille, vise en effet à développer des molécules vecteurs facilitant le ciblage de médicaments au niveau du système nerveux central en utilisant les systèmes de transport physiologiques de la barrière hémato-encéphalique. « Cette barrière est un véritable verrou technologique auquel l'industrie pharmaceutique est confrontée. Des centaines de molécules qui pourraient lutter contre la maladie d'Alzheimer, par exemple, ne sont pas arrivées sur le marché à cause de cette barrière. J'ai été convaincu par la stratégie scientifique mise en place, dite RMT, basée sur les récepteurs naturels de la barrière. Nous développons des molécules qui ont pour vocation de tromper ces récepteurs. Nous entrons dans le cerveau au moyen d'un Cheval de Troie. La méthode RMT est la manière la plus efficace de franchir le verrou tout en conservant l'intégrité de la barrière. Nous avons mis au point des vecteurs et nous travaillons à identifier les récepteurs les plus spécifiques ». Le système sur lequel travaille l'entreprise pourrait par ailleurs permettre de lutter contre certains cancers, comme celui du pancréas.




18 millions d'euros de levée de fonds

L'entreprise a d'ores et déjà déposé trois brevets et est en cours de levée de fonds. « Nous visons 5 M?. Dans notre activité le financement est très difficile. Nous développons le produit que tout le monde attend mais les délais sont trop longs », commente-t-il. Au total, depuis sa création Vect-Horus aura levé 18 M?. Le business model de la startup se veut hybride et repose non seulement sur la collaboration avec des laboratoires pharmaceutiques, mais également sur le développement de produits en interne. En janvier 2015, Vect-Horus a ainsi signé un partenariat avec le groupe Sanofi qui va ainsi pouvoir utiliser la technologie de la PME marseillaise pour transporter dans le cerveau des anticorps destinés au traitement d'une maladie neurodégénérative. « Cet accord avec un leader mondial de l'industrie biopharmaceutique témoigne de l'intérêt grandissant suscité par notre plateforme de vectorisation à base de peptides et plus largement du potentiel de notre approche. Ces collaborations permettent de signer des accords de licence et de générer du chiffre d'affaires ». En revanche, l'ambition de l'entreprise dans le domaine du développement de produits ne va pas jusqu'à l'obtention de l'autorisation de mise sur le marché. « Notre objectif est d'atteindre plutôt la phase 1 qui nécessite des investissements beaucoup moins importants et ensuite de licencier à un laboratoire qui ira à l'AMM ».

Vect-Horus



(Marseille) Alexandre Tokay et Michel Khrestchatisky 20 salariés 04 91 69 87 81 www.vect-horus.com

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