L’entreprise de robinetterie meusienne Kramer a réussi sa transformation et c’est un groupe employant 180 salariés qui vient de boucler l’exercice 2024 sur un chiffre d’affaires en croissance de 36 millions d’euros : Kramer, dont le siège est aujourd’hui à Paris, s’appuie sur trois sites de production français, à Barr en Alsace, à Etains dans la Meuse, et à Damparis dans le Jura.
Plus de 700 000 pièces commercialisées
Trois sites qui permettent au fabricant français de robinetterie et de céramique sanitaire, de dynamiser son marché : quand la robinetterie ressort en recul de 6,4 % en France, le groupe Kramer a terminé le dernier exercice sur une croissance de 5,5 % dans cette activité, en produisant et vendant 650 000 pièces. Pour l’activité céramique sanitaire du groupe, pour laquelle 90 000 appareils sanitaires ont été produits, dont 70 000 commercialisés, l’écart est encore plus marquant : 67 % de croissance pour le groupe, quand le marché ressort en baisse de 11,2 %. "Sur cette activité, nous sommes repartis de zéro depuis la reprise de l’usine de Damparis, dans le Jura. Nous terminons 2024 à 6 millions d’euros et nous anticipons 10 millions d’euros de chiffre d’affaires", détaille Tristan Rodriguez, le vice-président du groupe Kramer.
Vers les 50 millions d’euros de chiffre d’affaires sur le marché français
Sous l’impulsion de son président, Manuel Rodriguez, le groupe s’est positionné comme un "ensemblier de la salle de bains", soit la capacité à mettre sur le marché tous les équipements nécessaires à la réalisation d’une pièce d’eau. Travaillant à 60 % pour les marques de distributeurs et 40 % pour ses propres marques, Kramer et Horus, la stratégie déployée permet au groupe de viser les 50 millions d’euros de chiffre d’affaires sur le marché français à horizon 2026.
Une marque en fer de lance : Horus
"À ce niveau, il nous sera difficile d’aller plus loin", estime aujourd’hui Tristan Rodriguez, sans faire mystère des ambitions du groupe : atteindre les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, en mêlant croissances externes significatives et expansion à l’international. Avec sa marque Horus, positionnée sur le haut de gamme, le groupe a déjà pris des positions, notamment aux États-Unis et en Europe du Nord ainsi qu’en Suisse, mais compte aller beaucoup plus loin. "Aujourd’hui, Horus réalise entre 50 et 60 % de ses 5 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’international. En structurant nos efforts, nous pourrons rapidement atteindre 20 à 30 millions d’euros de chiffre d’affaires grâce à la marque Horus", fixe le vice-président du groupe Kramer.
Une stratégie encore en rédaction
Les efforts ont déjà commencé : depuis le 1er mars, Tristan Rodriguez est épaulé par une responsable commerciale à l’export, en la personne d’Olga Tarasova. "Et avec les services de Bpifrance, nous terminons la rédaction de notre feuille de route à l’international", précise Tristan Rodriguez, qui veut mettre un point final à sa stratégie à la fin du premier trimestre. Conscient des risques inhérents au grand export, le dirigeant ne veut pas s’éparpiller et compte cibler au plus trois pays. "Et parmi eux figureront les États-Unis", tranche le vice-président du groupe Kramer. "Nous devons encore préciser la stratégie, mais les États-Unis pourront peser jusqu’à 40 % de notre activité à l’export, et nous nous concentrerons ensuite sur un pays d’Europe et sur un autre en Asie, qui pourrait être le Japon ou la Corée."
Des outils pour minimiser les risques
Outre-Atlantique, le groupe produit déjà pour le distributeur de robinetterie de luxe Waterworks et veut apparaître avec la marque Horus. "Je vais jouer la carte du réseau à plein", souligne Tristan Rodriguez, qui vient d’être élu à la présidence du Réseau Excellence Contract, soit une plateforme imaginée pour permettre aux entreprises labellisées EPV, pour Entreprise du patrimoine vivant, de se saisir des projets dans le luxe et l’hôtellerie. "Nous voulons minimiser les risques, en utilisant notamment les assurances à la prospection proposée par Bpifrance, ainsi que les VIE", détaille le vice-président du groupe Kramer.