C’est une opération éclair. Jeudi 12 septembre, Valneva annonçait le projet d’augmentation de capital de 60 millions d’euros. Dès le lendemain, l’opération était bouclée. La biotech franco-autrichienne, basé à Saint-Herblain, près de Nantes, aura finalement levé 61,2 millions d’euros. Pour ce faire, l’entreprise a émis de nouvelles actions, environ 23 millions d’actions nouvelles, à un prix unitaire de 2,66 euros. Cela représente 16,5 % du capital initial. Un actionnaire détenant 1 % du capital en détiendra désormais 0,86 %.
Poursuivre les développements cliniques
Valneva a vu son chiffre d’affaires passé de 361 à 154 millions d’euros entre 2022 et 2023, notamment après l’arrêt de son vaccin contre le Covid-19. Pour rebondir, elle prévoit d’utiliser cette nouvelle manne d’argent pour développer ses programmes cliniques.
À commencer par son nouveau vaccin contre la shigellose, une maladie diarrhéique mortelle. En effet le mois dernier, Valneva a signé un accord de licence exclusif avec la biotech suisse LimmaTech Biologics pour obtenir ce vaccin. D’après Valneva, le marché mondial des vaccins dans cette pathologie est estimé à plus de 500 millions de dollars par an.
Selon les termes de l’accord, LimmaTech recevra un paiement initial de 10 millions d’euros. C’est LimmaTech qui menera un essai clinique de phase 2 dans cette indication. Valneva gérera ensuite tout le développement ultérieur et sera responsable de la commercialisation du vaccin.
Outre le développement clinique, une partie de cette augmentation de capital servira aussi à soutenir la commercialisation de son vaccin actuel contre le chikungunya, le premier au monde dans cette indication. Il s’agit du troisième vaccin que Valneva développe jusqu’à sa mise sur le marché, après celui contre l’encéphalite japonaise et le choléra, qui adressent le marché de la santé du voyageur. Le marché mondial des vaccins contre le chikungunya est tout de même estimé à plus de 500 millions de dollars par an d’ici 2032.
Un Lyme à double tranchant
Valneva estime que ce nouveau financement lui octroiera "une plus grande flexibilité pour investir dans sa croissance future", indique Peter Bühler, directeur financier de Valneva. Une flexibilité bienvenue puisqu’à fin juin 2024, le montant de la dette de l’entreprise était de 200 millions de dollars. La première tranche de remboursement de 100 millions d’euros doit débuter en 2026.
Avec cette nouvelle levée de fonds, Valneva pourra, certes, bien financer ses activités opérationnelles, mais pas assurer le remboursement de sa dette. Cette situation durera "jusqu’à ce que les éventuels revenus commerciaux de son programme contre la maladie de Lyme permettent d’opérer de manière durablement rentable", estime l’entreprise dans son communiqué.
Dans ce programme, Valneva est accoudé à une industrie pharmaceutique, Pfizer. Un mastodonte qui finance l’essai clinique se terminant fin 2025. Pfizer soumettra ensuite une demande d’autorisation de mise sur le marché à l’agence de santé américaine et européenne en 2026… Mais pour espérer des revenus commerciaux, il faudra bien sûr que les données cliniques obtenues soient positives. Pour cela, le rendez-vous est fixé dans un peu plus d’un an.