La biotech franco-autrichienne Valneva a annoncé le 26 novembre un tournant stratégique majeur : la fermeture de son site de Nantes-Saint-Herblain. Autrement dit, la fermeture du berceau historique de sa présence française, et, en parallèle, la concentration de toutes ses activités hexagonales sur Lyon. Un coup de tonnerre dans le ciel de l'écosystème biotech nantais, qui perd ainsi l'un de ses acteurs historiques et emblématiques. Dans son communiqué, la société explique vouloir "optimiser ses activités en France afin de renforcer son efficacité opérationnelle et se positionner pour un succès durable". Le site de Nantes, qui abritait encore des activités opérationnelles et de la R&D préclinique, et où une soixantaine de salariés travaillaient, sera progressivement fermé.
Lyon reconnu comme "un pôle majeur dans le domaine des vaccins"
Valneva prévoit parallèlement de transférer son siège social à Lyon, où il était localisé initialement. "La ville de Lyon constitue un emplacement idéal pour concentrer nos activités françaises, reconnue comme un pôle majeur dans le domaine des vaccins", justifie l'entreprise, citant la présence de Sanofi Vaccins, du groupe Mérieux ou encore de BioAster.
Cette restructuration s'accompagne d'un autre mouvement stratégique : la centralisation de l'ensemble des activités de recherche et développement à Vienne, son site autrichien, qui demeure le cœur technologique du groupe. "Cette consolidation permettra de rationaliser les opérations et d'améliorer l'efficacité en France, tout en centralisant la R&D sur le site de Vienne", précise Valneva. La société affirme "s'engager à accompagner ses employés tout au long de cette transition".
Une page se tourne à Saint-Herblain
Cette annonce marque la fin d'une aventure industrielle déclenchée il y a plus de 20 ans. L'histoire de Valneva en France est indissociable de Vivalis, biotech née à Nantes en 1999 sur la base de travaux de l'INRA et de l'Inserm, connue pour sa plateforme EB66, une technologie de culture cellulaire utilisée par de multiples laboratoires internationaux. Sous l'impulsion de son cofondateur et dirigeant historique, Frank Grimaud, Vivalis devient l'un des piliers de la "biotech valley" nantaise des années 2000.
Née de la fusion du français Vivalis et de l'autrichien Intercell
En 2013, Vivalis fusionne avec l'autrichien Intercell, spécialiste du vaccin contre l'encéphalite japonaise, donnant naissance à Valneva SE, une biotech franco-autrichienne cotée à Paris et au Nasdaq. Cette dernière affiche aujourd'hui un chiffre d'affaires de près de 170 million d'euros pour 700 salariés.
Pendant près d'une décennie, le site de Saint-Herblain joue un rôle industriel essentiel pour plusieurs vaccins du groupe, notamment Ixiaro (encéphalite japonaise) et Dukoral (choléra), tout en abritant des briques technologiques clefs.
Le groupe connaît ensuite une période de forte visibilité en 2020–2022 avec le développement d'un candidat vaccin contre la Covid-19. Si ce projet est finalement abandonné, il propulse Valneva sur la scène internationale et conduit à un renforcement temporaire du site nantais. Frank Grimaud quitte la direction de l'entreprise en juin 2025, refermant un chapitre fondateur pour la biotech ligérienne.
Un repositionnement inévitable ?
Depuis deux ans, Valneva mène une vaste réorganisation pour concentrer ses forces sur ses activités les plus rentables et ses programmes cliniques prioritaires (chikungunya, maladie de Lyme).
Pour la métropole nantaise, l'annonce est dure. Si Valneva assure vouloir accompagner les salariés, elle n'a pas préciser pour l'instant les volumes ni le calendrier exact. Et se pose aussi la question de la reconversion du site de Saint-Herblain.
Une page se tourne donc pour l'une des plus grandes success stories biotech nées à Nantes. L'entreprise, elle, poursuit sa trajectoire internationale en se recentrant sur deux pôles majeurs. L'entreprise conservera sa cotation sur Euronext Paris.