Depuis 1980, date de la reprise d'une salaison à Riom, dans le Puy-de-Dôme, Philippe Polette a bâti un solide groupe de salaisons. À peine une usine arrive-t-elle à saturation, qu'il augmente les capacités de production, par rachat ou création de toutes pièces. Et ce rythme ne devrait pas fléchir puisque depuis juillet dernier, il est entré dans le giron du groupe agroalimentaire suisse Bell (1,94MdFS de chiffre d'affaires en 2008). C'est ainsi qu'à Saint-Symphorien-sur-Coise, l'usine Val de Lyon vient d'être étendue de 1.900m² de séchoirs. «Cela va permettre d'augmenter la capacité de production de 50 à 80% selon les produits», confie le dirigeant, qui voit aussi dans cette opération une façon de saluer la performance de ses salariés. L'usine, spécialisée dans la Rosette et le Jésus de Lyon (2.800t/an), et dans la petite salaison (noix de jambon, coppa...) est en sa possession depuis 1995. Il en avait fait l'acquisition au groupe Bongrain pour pallier l'arrivée à saturation de son usine de Riom, spécialisée dans les saucissons secs d'Auvergne. Ce Saloir de Mirabel (15 personnes; 3,5M€ de chiffre d'affaires 2008) est depuis 2003 réservé à la fabrication de jambons secs. Celle de saucissons secs d'Auvergne est réalisée dans une usine ultramoderne de 13.000m², construite à Teilhède (170 personnes; 38M€ de chiffre d'affaires 2008), dans le Puy-de-Dôme, en 2000. Cette dernière accueille aussi l'activité tranchage du groupe, depuis 2003.
De la fabrication au tranchage
«Nous disposons d'une gamme quasi complète de charcuterie sèche destinée au tranchage, souligne le dirigeant. C'est sécurisant pour le distributeur car comme nous tranchons ce que nous produisons, la qualité est constante.» La GMS représente 95% de sa clientèle, en France et un peu en Union européenne. L'activité tranchage connaît un beau succès: «Au lancement, la croissance était à deux chiffres. Aujourd'hui, elle reste encore assez forte.» Pour compléter le tableau, Philippe Polette a entrepris en 2005 la construction d'une usine à Aime, en Savoie, qui a ouvert début 2008 (50 personnes; près de 9M€ de chiffre d'affaires). Elle fabrique du saucisson et des diots de Savoie. Enfin, il a racheté le Saloir de Virieu (20 personnes; 3,5M€ de chiffre d'affaires 2008), dans l'Ain, en 2007, qui «vient suppléer l'usine de Riom en jambons classiques et de Savoie». Mais déjà, Philippe Polette s'attelle à un nouveau projet: dans les prochaines semaines, il devrait vraisemblablement acquérir une nouvelle entreprise «importante».
Le groupe de salaisons, repris par le Suisse Bell cet été, poursuit son expansion.