Alpes-Maritimes
UPE 06 : "On ne redeviendra pas attractifs dans les Alpes-Maritimes tant que les actifs ne pourront pas s'y loger"
Interview Alpes-Maritimes # BTP # Syndicats patronaux

Franck Cannata président de l’UPE 06 "On ne redeviendra pas attractifs dans les Alpes-Maritimes tant que les actifs ne pourront pas s'y loger"

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Venus de tout l’Hexagone, 13 000 dirigeants ont participé ces 27 et 28 août à la REF, le Rassemblement des Entrepreneurs de France, du Medef qui s’est tenu à Roland-Garros à Paris. Parmi eux, une délégation de l’UPE06, avec à sa tête Franck Cannata, présent pour la première fois en sa qualité de président du syndicat patronal.

Dans les allées de Roland-Garros à Paris, Franck Cannata est le président de l’UPE06 — Photo : Olivia Oreggia_JDE

Au cours de ces deux jours qu’a duré la REF 2025, l’événement de rentrée du Medef, il a beaucoup été question de l’inquiétude des dirigeants…

Il y a en effet une inquiétude réelle des chefs d’entreprise et une situation préoccupante de l’économie à bien des niveaux.

Comme l’a expliqué Patrick Martin (président du Medef, NDLR) dans son discours, de nombreuses branches, pour ne pas dire la quasi-totalité, sont impactées : le BTP, et surtout la construction, la restauration, l’intérim, la chimie ou encore le transport, qu’il n’a pas cité mais qui est sans doute l’une des professions les plus touchées ces derniers temps.

Patrick Martin est le président du Medef qui rassemble 240 000 entreprises adhérentes, représentant 12 millions de salariés — Photo : Olivia Oreggia

Je ne parle pas particulièrement de mon entreprise (Groupe Transcan à Carros, NDLR) mais globalement, les volumes ont baissé, les coûts augmentent, les assureurs ne jouent pas le jeu… et nous ne pouvons pas répercuter toutes ces charges sur nos clients, qui ont eux-mêmes des clients. Alors oui, la situation est inquiétante.

Au centre de l’attention des photographes, Patrick Martin, président du Medef, lors de l’ouverture de la REF 2025 à Roland-Garros — Photo : Olivia Oreggia

Le diagnostic est donc le même dans les Alpes-Maritimes ?

Les Alpes-Maritimes ont un écosystème un peu différent. Sur le plan industriel, nous sommes peut-être un peu plus protégés qu’ailleurs, parce que nous avons des industries très spécifiques, liées au parfum, à la santé, un petit peu moins impactées par la crise. L’hôtellerie résiste aussi très bien.

Néanmoins, le BTP souffre, comme partout, la restauration aussi, ainsi que le retail.

"De plus en plus de collaborateurs quittent notre département car le logement est trop cher, trop rare, trop excentré"

Sur notre territoire, peut-être plus qu’ailleurs, il faut absolument résoudre toujours les mêmes problèmes : le logement des actifs et la mobilité. Aujourd’hui, de plus en plus de collaborateurs quittent notre département car le logement est trop cher, trop rare, trop excentré, avec des mobilités qui ne sont pas adaptées. Attirer les talents, c’est compliqué, les conserver l’est d’autant plus. C’est pour moi, le plus inquiétant et le point absolument central, si on veut redevenir attractif sur le territoire.

Patrick Martin aux côtés du Premier ministre François Bayrou à la REF 2025 — Photo : Olivia Oreggia_JDE

En cette rentrée, quel est le moral des entrepreneurs azuréens ?

Au fond de lui, le chef d’entreprise reste positif, sinon il ne serait pas entrepreneur. Pour autant, il y a une réalité avec, en cette rentrée, un gouvernement qui a de grandes chances de ne pas durer. Je l’ai déjà dit mais parmi ses priorités, une entreprise, quelle qu’elle soit, doit avoir la capacité de se projeter. Et aujourd’hui, comment le faire ?

Une délégation l’UPE06, forte de plus de 40 chefs d’entreprise des Alpes-Maritimes, a participé à la REF 2025 à Roland-Garros — Photo : Olivia Oreggia

En plus de l’instabilité nationale, les chefs d’entreprise doivent-ils s’attendre à être également impactés par les élections municipales qui se tiendront dans à peine plus de six mois, les 15 et 22 mars 2026 ?

Cela dépend des métiers. Bien entendu, tous ceux liés aux appels d’offres publics seront touchés, car les projets seront plus ou moins en stand-by sur cette période-là. Mais de manière générale, ce sont toujours des périodes plutôt inconfortables. Et cela vient s’ajouter en effet à tout le reste…

Alpes-Maritimes # BTP # Restauration # Hôtellerie # Transport-logistique # Commerce # Industrie # Parfum et cosmétique # Syndicats patronaux # Politique économique # Conjoncture