Un mini-circuit de course, des voitures électriques modèles réduits lancées à 80 km/h, trois simulateurs de conduite installés au bord de la piste… Le "bureau" de Thibault Satto et Yusuke Tomita Huuskonen, cofondateurs et dirigeants d’Unlimited Driving Corporation (UDC), est pour le moins atypique. Situé au Pôle média de la Belle-de-Mai à Marseille, où la start-up est incubée depuis deux ans, il a tout du terrain de jeu. Logique, quand Thibault Satto explique réaliser "un rêve de gosse" avec UDC et le produit The Ring.
Entre jeu vidéo et course automobile réelle
Un concept inédit en réalité mixte, qui mêle jeu vidéo et course automobile réelle. Le "pilote" voit la véritable piste défiler devant lui à l’écran du simulateur de conduite, comme s’il était assis dans la voiture qu’il dirige sur le circuit, grâce au volant, aux pédales et à un système de télécommande. Un développement technologique transférable que les deux associés souhaitent désormais protéger et concrétiser commercialement. En vendant leurs kits clés en main (simulateurs, voitures et pistes) aux salles d’arcade, kartings et autres opérateurs événementiels.
Une levée de fonds d’amorçage de 750 000 euros
C’est pour y parvenir qu’UDC, créée en février 2025, réalise une levée de fonds d’amorçage de 750 000 euros auprès de plusieurs groupes de business angels et fonds d’investissement. Après avoir mobilisé 250 000 euros durant les deux années de R & D, sur des fonds personnels, des prêts d’honneur et une subvention de Bpifrance, qui l’a labellisée deeptech.
"Beaucoup de gens rêvent de se lancer en course automobile mais ce n’est pas accessible. Avec The Ring c’est possible. Ils pourront participer à des championnats"
Car la start-up marseillaise développe des solutions de téléopération immersive autour du retour sensoriel haptique (pour percevoir la proximité d’une voiture par exemple) et de la réduction des temps de latence. En collaboration avec deux ingénieurs actionnaires, l’École des Mines de Saint-Etienne, où elle est également incubée, et le CNRS.
Une technologie transposable au-delà du divertissement
"On travaille sur des verrous technologiques importants, qui nécessitent des années de travail et représentent des enjeux majeurs pour la téléopération", explique Yusuke Tomita Huuskonen, qui gère le volet technique quand Thibault Satto s’occupe du business. Le binôme associant un spécialiste des drones, notamment passé par Parrot et un startuper aguerri qui complète : "On a ciblé le marché du divertissement parce que ça nous plaît et parce qu’il y a peu de barrières légales à l’entrée, mais le jeu est aussi un laboratoire pour transposer ensuite la technologie." Les autres débouchés envisagés ? La conduite urbaine, la logistique ou encore la défense…
Une nouvelle discipline d’e-sport
Pour l’heure, la lauréate du Réseau Entreprendre se concentre sur l’e-sport et ambitionne de "créer une nouvelle discipline" selon Thibault Satto. "Beaucoup de gens rêvent de se lancer en course automobile mais ce n’est pas accessible. Avec The Ring c’est possible. Ils pourront participer à des championnats, suivre les courses en streaming et même acheter leur propre voiture, chercher à l’améliorer…" énumère-t-il.
À partir de 2027, UDC imagine un réseau mondial de pistes interconnectées et un pilotage sans limite de distance, en ligne, via une plateforme de jeu vidéo centralisée. Ce qui permettra à un pilote installé au volant à Marseille, de conduire une voiture roulant physiquement sur un circuit à Singapour ou New-York.
Un million d’euros de chiffre d’affaires espéré dès 2026
D’ici là, l’objectif est d’ouvrir les premières pistes chez des partenaires et d’atteindre un million d’euros de chiffre d’affaires dès 2026. Puis de créer une salle The Ring en nom propre dans le Sud-Est d’ici deux ans. Et enfin de développer ce type d’espaces en franchise. À en croire les deux associés, des acheteurs sont d’ores et déjà intéressés à Paris, Monaco et en Arabie saoudite.