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Une saison touristique estivale nuancée entre régions délaissées et succès des JO
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Une saison touristique estivale nuancée entre régions délaissées et succès des JO

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Les Français sont moins partis en vacances cet été mais ont davantage fréquenté l’Île-de-France grâce aux Jeux olympiques. Un bilan dresse le portrait d’une saison estivale nuancée pour les vacanciers nationaux et internationaux ainsi que pour les professionnels du tourisme.

La Méditerranée a été plébiscitée par les touristes, notamment domestiques — Photo : Olivia Oreggia

Moins de départs en vacances pour des durées plus courtes et des régions qui n’ont pas bénéficié équitablement de la période… Le bilan touristique de la période estivale 2024, présenté par le ministère chargé des entreprises, du tourisme et de la consommation, ADN Tourisme et Atout France est en demi-teinte. S’il y a bien eu un effet Jeux Olympiques auprès des touristes nationaux et internationaux, la saison a été marquée par un mois de juillet en retrait et un mois d’août "globalement stable".

Des départs plus tardifs

65 % des Français sont ainsi partis en vacances ou en week-end sur les mois de juillet et août, en retrait de deux points par rapport à 2023. Pour ceux qui sont partis, 88 % sont restés en France, une part stable par rapport à 2023 (89 %).

Mais les vacanciers sont aussi partis plus tard. Jusqu’à la mi-août, les nuitées réservées sont en recul de 6 %. Selon ce bilan, la mauvaise météo, la fin tardive de l’année scolaire et les importants départs en mai grâce aux ponts expliquent cette baisse des départs.

+ 10 %

Des vacances marquées par la perte de pouvoir d’achat

Si les Français sont un peu moins partis et plus tard dans la saison, c’est aussi en lien avec la perte de pouvoir d’achat. Pour 36 % de ceux qui ne sont pas partis, les enjeux financiers sont cités comme la première raison pour rester chez soi.

Le type d’hébergement choisi révèle aussi un changement de comportement, dicté par un budget plus serré. Les nuitées réalisées en hébergements individuels tel que le locatif, perçu comme étant moins cher et plus flexible pour les courts séjours, ont augmenté de 10 % en juillet et de 13 % en août. Tandis que l’hôtellerie de plein air a perdu 5 % de nuitées en juillet et en août.

+ 27 %

Un effet JO pour les touristes domestiques et internationaux

Les Jeux olympiques ont eu un effet positif sur la fréquentation touristique en Île-de-France. Qu’il s’agisse des touristes locaux avec 1,4 million d’entre eux qui se sont rendus à Paris sur la période des JO (+ 27 %), ou internationaux (+ 13 %). Le tourisme international porte d’ailleurs la saison avec de fortes hausses d’arrivées en provenance de la Chine (+ 43 %), du Japon et des États-Unis (+ 13 %).

Les huit autres métropoles organisatrices des JO en ont également bénéficié. Sur l’ensemble des territoires hôtes des JO, pendant les 19 jours d’épreuve, les nuitées ont augmenté de 12 %.

Un bilan qui confirme les premières données diffusées par les professionnels du tourisme mi-août. Dans l’hôtellerie, les JO ont permis de recevoir 19 % de touristes en plus dans la capitale, et 357 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire. Mais ces bons résultats se sont aussi accompagnés d’un effet d’évitement de Paris en amont des JO en juillet, rattrapé par la hausse des prix selon l’Union des métiers des industries de l’hôtellerie.

L’ouest de la France délaissé

En dehors des JO, les vacanciers ont plébiscité la Méditerranée tandis que l’ouest de la France et l’arc atlantique ont été délaissés. Dans les Pays de la Loire, les professionnels du tourisme concluent à une saison estivale en demi-teinte avec une météo maussade en juillet et une fréquentation conforme à la moyenne en août. En Bretagne, un premier bilan fait aussi grise mine avec un volume de nuitées ayant baissé de 5 % par rapport à 2023.

L’arrière-saison suscite toutefois des espoirs. Selon Bercy, les "feux sont au vert" sur l’hôtellerie de plein air (+ 16 %), l’hôtellerie (+ 2 % à 5 %) et le locatif (+ 6 % à 9 %).

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