La société Joncoux est l’un des plus grands spécialistes français de la conception et de la fabrication de conduits de fumée et de ventilation. Il vend chaque année près de deux millions de produits, transformant autour de 1 500 tonnes de matières premières dans ses deux usines actuelles à Noyal-Châtillon-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine, son siège) et Charleville-Mézières (Ardennes, Grand-Est). Pour poursuivre sur le chemin de la croissance, Joncoux fait actuellement construire sa troisième usine française à Rennes. "Une étape majeure dans l’histoire du groupe", considère Gaël Kauffmann, directeur général de Joncoux.
Plus d’un siècle après sa création dans le centre de Rennes en 1919, l’entreprise a fait le choix de renforcer son ancrage sur ses terres historiques. Et elle a choisi pour cela un haut lieu de l’industrie pour créer un tout nouveau site de production de 8 000 m² sur un terrain de 3 hectares qui permet même d’envisager une future extension. Le bâtiment sort de terre sur une partie de l’ancien site de Stellantis (ex-PSA) à La Janais, aux portes de la capitale bretonne.
15 millions d’euros investis
Ce nouveau Pôle d’excellence industrielle encore en cours de création, a été imaginé comme une vitrine de l’industrie de demain, décarbonée, grâce aux projets variés d’entreprises. En s’y installant lui aussi, Joncoux compte intégrer au cœur de sa production les logiques bas carbone. Et prouver qu’il sait s’adapter aux évolutions, pour aller vers l’industrie de demain, en investissant 15 millions d’euros. Au-delà de sa conception, qui met en œuvre des matériaux biosourcés, l’usine va produire, entre autres, une nouvelle gamme de conduits de fumée à double paroi isolée. "Le développement s’est toujours fait en miroir des évolutions de la construction et de notre mode de vie pour apporter plus de confort, de sécurité et d’économie d’énergie, avec une attention particulière au respect de l’environnement et de la société", exprime ainsi Jacques-Olivier Joncoux, son PDG. L’envie d’entreprendre et l’investissement sont les deux éléments clés qui ont, dès le début, permis à Joncoux de se développer. En 1919, Jules Joncoux investit ses économies et son énergie pour développer une nouvelle activité : l’assemblage de fourneaux de cuisine et la fabrication de tuyaux et de coudes plissés.
S’adapter à l’évolution des mœurs et du temps
Âgé de 44 ans, il achète ainsi un fonds de commerce dans le centre de Rennes, rue de Redon, ouvrant Les Établissements Joncoux. En 1930, il voit le chauffage central se démocratiser, et développe aussitôt de nouvelles gammes pour les chaudières. Plus tard, en 1975, Gérard Joncoux, le fils du fondateur, qui est aux commandes de l’entreprise depuis sept ans, fait une nouvelle fois évoluer la société. Mais cette fois-ci à cause d’une crise : le choc pétrolier et la fermeture des mines de charbon ont entraîné une baisse considérable de l’activité. Aussitôt, Joncoux lance en précurseur la première gamme en acier aluminisé polyvalente pour les combustibles. Pour cela, il déménage l’entreprise à Saint-Grégoire, en périphérie rennaise en 1977. Puis, un nouveau marché d’avenir fait son apparition : les inserts et foyers fermés à bois. Gérard Joncoux se lance alors sur ce créneau, pour compléter ses gammes de produits. Nous sommes en 1985.
Etoffer la gamme
Trente ans plus tard, c’est l’énergie bois qui capte de nouveau toute l’attention de la nouvelle direction. Le site de La Janais sera en effet en grande partie consacré à cette gamme de produits. "Aujourd’hui, le bois énergie tire notre croissance et les perspectives sont intéressantes, indique Gaël Kauffmann. Nous allons étoffer cette gamme grâce à ce nouveau site."
La troisième génération aux commandes
Construit comme une extension de son usine voisine de Noyal-Châtillon-sur-Seiche, l’ensemble ainsi constitué emploiera 120 personnes dès 2025, quarante collaborateurs supplémentaires travaillant sur l’autre site de Joncoux à Charleville-Mézières (ex-Isotip), acquis par Jacques-Olivier Joncoux en 1996. C’est à cette date que le fils de Gérard, troisième génération de Joncoux, a pris la suite. Il fait, à ce moment-là, passer l’entreprise familiale à la dimension d’un groupe.
Toujours à sa tête aujourd’hui, Jacques-Olivier Joncoux sait le poids de l’héritage. "Être un groupe familial centenaire, c’est l’obligation de penser à long terme et de créer les conditions pour un second siècle qui fera honneur au premier", estime le PDG.
Entreprise familiale devenue groupe industriel
Sous son impulsion, une équipe de R & D est mise en place en 2000, pour moderniser et développer encore de nouveaux produits. Elle devient un véritable laboratoire interne en 2010, WeLab, pour évaluer la compatibilité et la performance de l’ensemble des systèmes. Les produits de Joncoux sont destinés aux professionnels, à travers un réseau de distribution national dans le négoce de chauffage, le bâtiment et les grandes surfaces de bricolage. Ils sont destinés à deux types de marchés : le chauffage central et l’eau chaude sanitaire d’abord (chaudières à gaz, au fioul, biomasse) pour les logements individuels, collectifs ou les bâtiments commerciaux et industriels ; les appareils d’agrément d’autre part (poêles et inserts à bois bûche, granulés ou gaz pour le chauffage d’appoint des maisons individuelles et des bâtiments d’accueil et de services (hôtels, bars et restaurants).
Dimension européenne
Pour assurer son développement futur, le groupe déménage de Saint-Grégoire à Noyal-Châtillon en 2016, dans 15 500 m². Puis, en 2019, Joncoux devient Sphering Group, pour affirmer un positionnement à l’envergure désormais européenne. Il a, depuis plusieurs années et grâce à son savoir-faire, posé des pions par des rachats dans sept pays d’Europe (Royaume-Uni, Belgique Luxembourg, Allemagne, République tchèque, Pologne, Italie), employant au total plus de 1 000 salariés pour 190 millions d’euros de chiffre d’affaires.