Un mois vu par Camille Galap
# Conjoncture

Un mois vu par Camille Galap

Président Université du Havre (depuis 2005). parcours Né le 18 octobre 1965 à Harfleur. Docteur en biologie des organismes (université du Havre). Maître de conférences en biologie depuis 1997. Vice-président de l'université du Havre de 2000 à 2005. Champion de France junior de Karaté (1986).

Le Maghreb. L'université duHavre a déjà mis en place des partenariats avec la Tunisie, l'Algérie... car le territoire maghrébin a un grand potentiel de valeurs partagées à développer. Les mouvements actuels de contestation sont partis de la jeunesse de ces pays, suite à des crises sociales issues du manque de perspectives d'emplois: les jeunes ont des compétences, une envie de s'intégrer mais ne trouvent pas de débouchés. Ces mouvements nous poussent aussi à une réflexion que nous devrions tous avoir, car lorsqu'une jeunesse se désespère, les conséquences peuvent être très lourdes. En un sens, ces événements doivent aussi nous conduire à nous interroger sur notre propre pays en termes de craintes et d'avenir: à trop oublier la jeunesse on se prive d'un potentiel et d'une richesse, par sa diversité de profils et d'origines. L'équipe de France de Handball. Leur victoire aux championnats du monde met en avant leur esprit collectif: dans l'adversité et la compétition, lorsque l'on est uni et déterminé, ça marche! Le côté pluriel de cette équipe est un atout à valoriser: cela renvoie une image positive de la France et donne de la joie dans un monde morose. On voit que ce n'est pas la question de l'argent qui l'emporte: ici, les valeurs sportives de partage et de respect ont été portées au plus haut niveau. L'Éducation. Les chiffres de suppressions d'emplois sont d'autant plus inquiétants qu'on dit que l'école française serait dans les derniers de la classe européenne. Compte tenu du rôle prépondérant des enseignants dans la formation des jeunes, il est indispensable qu'ils soient bien formés et en quantité suffisante pour assurer une éducation de qualité. Pour moi, nous sommes peut-être allés trop loin et il faut une prise de conscience politique de la nécessité de soutenir l'Éducation. Il y va du développement et de la croissance du pays. L'Éducation, c'est un sujet capital pour le développement des entreprises: s'il y a des moyens, les jeunes trouvent de la motivation pour mener leurs études et nourrir des ambitions. Par contre, sans ces moyens, c'est l'ensemble du système qui pourrait se trouver fragilisé.

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