Trophées Industrie Grand Ouest 2024 : les start-up ouvrent le bal
# Activités culturelles et événementiel

Trophées Industrie Grand Ouest 2024 : les start-up ouvrent le bal

Les internautes sont invités à désigner les trois start-up nominées dont le dirigeant viendra pitcher en direct lors de la cérémonie de remise des trophées le 2 octobre prochain à Nantes. Le vote est ouvert pour les 7 jeunes pousses sélectionnées par la rédaction d’ici au 22 septembre.

Brice Augras dirigeant de la start-up brestoise BZHunt, lauréate des Trophées Industrie Grand Ouest 2023, lors de son pitch à la cérémonie de remise des prix — Photo : Pauline Théon

Le principe est simple : ci-dessous les portraits et podcasts de sept start-up des trois régions (Bretagne, Normandie et Pays de la Loire), choisies par la rédaction du Journal des Entreprises parmi les nombreuses candidatures reçues pour postuler aux Trophées Industrie Grand Ouest dans la catégorie start-up.

Les internautes ont jusqu’au 22 septembre 2024 pour choisir trois entreprises nominées.

Le 2 octobre prochain, les dirigeants de ces trois jeunes pousses viendront pitcher en direct sur la scène de la cérémonie de remise des trophées, au Salon Industrie Grand Ouest au parc des expositions d’ExpoNantes.

Le vainqueur de l’édition 2024 des trophées sera désigné par les votes cumulés du public de la cérémonie et des internautes.

Pour participer dès à présent au vote, il vous suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous et de vous laisser guider.

SoSpare invente l’économie circulaire pour les pièces industrielles

Clément Mélédo, fondateur et dirigeant de la start-up SoSpare, qui fournit des pièces de rechange aux industriels — Photo : David Pouilloux

Fondée il y a un an, la start-up nantaise SoSpare ne veut qu’une chose : permettre aux industriels de diminuer les temps d’arrêt des machines en facilitant le sourcing et l’approvisionnement rapide en pièces de rechange. "Nous aidons également à valoriser les pièces inutilisées en les rachetant pour les revendre à des fournisseurs qui les reconditionnent," explique Clément Mélédo. Cette démarche permet de donner une seconde vie aux pièces et de réduire le temps de maintenance.

Les principaux clients de SoSpare incluent des entreprises de renom comme les groupes vendéens Atlantic, K Line ou le groupe Brandt. L’entreprise collabore aussi avec des associations clés telles que l’Association Française de Maintenance (AFIM) et la Fédération des Industries Mécaniques (FIM). "Ces partenariats sont essentiels pour notre développement et notre capacité à innover," souligne Clément.

Innover pour une industrie plus durable

SoSpare se distingue par son service de sourcing préventif, qui permet d’identifier les obsolescences avant les pannes. En réemployant des pièces grâce à la collaboration entre usines et fournisseurs, SoSpare favorise une économie circulaire. "Nous apportons une vraie innovation dans un secteur en pleine mutation," affirme le fondateur. L’un des principaux défis rencontrés par SoSpare a été de changer les mentalités et les habitudes d’achat des services de maintenance qui préfèrent changer avec des pièces neuves, même si elles sont plus chères. Grâce à la démonstration des bénéfices économiques et écologiques de son modèle, l’entreprise estime pouvoir surmonter ces obstacles.

Perspectives de développement

SoSpare ambitionne de continuer son expansion en Pays de la Loire et à l’échelle nationale. La start-up souhaite également promouvoir son service de sourcing préventif et renforcer sa collaboration avec l’AFIM pour encourager l’entraide entre responsables de maintenance. Clément Mélédo a ainsi lancé les "Rencontres Maintenance", des journées où les responsables de maintenance visitent des sites industriels pour découvrir de nouveaux processus et partager leurs expériences. "Ces rencontres favorisent l’entraide et l’innovation," explique-t-il. De plus, les "Matinales de la Maintenance", qui débuteront le 20 septembre à l’IUT de Saint-Nazaire, permettront aux participants de se former en continu sur les nouvelles méthodes et innovations du secteur.

Blue & Pastel souhaite lancer une filière du bleu normand

Aurore Cottrel, Blue & Pastel, gérante — Photo : DR

La start-up normande Blue & Pastel fondée en 2020, par Aurore Cottrel, à Villers-sur-Mer en Normandie, s’est fixée pour ambition de récréer une filière du bleu normand. Appelée communément "pastel des teinturiers", cette plante bisannuelle historiquement cultivée en Normandie était utilisée jadis par les commerçants normands et picards comme colorant naturel pour teindre leurs textiles, et fut notamment utilisée pour la Tapisserie de Bayeux.

Une technologie innovante

La start-up a mis au point un protocole d’extraction optimisé et innovant qui permet de produire à grande échelle le pigment naturel bleu nuit (à partir des feuilles), mais aussi une huile issue des graines et avec les racines, des molécules d’intérêt (molécules biologiquement actives et utilisées dans les traitements thérapeutiques). "Ce protocole d’extraction est en cours de dépôt de brevet", confirme Aurore Cottrel, gérante de Blue & Pastel, qui souhaite avec cette nouvelle filière répondre aux grands enjeux environnementaux de demain : création d’une source de biodiversité et de rémunération pour les exploitations agricoles, remplacer le colorant synthétique néfaste pour la planète par le colorant naturel et permettre à l’industrie cosmétique française de bénéficier d’une matière première locale et traçable

Économie circulaire

"Notre production est 100 % française, naturelle et respectueuse de l’environnement. Elle valorise l’ensemble de la plante, en plus de garantir la traçabilité des produits finis. Elle s’inscrit ainsi dans une économie circulaire, qui entre dans le cahier des charges de la RSE des entreprises", précise la gérante.

La start-up prépare une levée de fonds de 2,5 millions d’euro

s pour la fin de l’année 2024."Cette levée de fonds va permettre de financer la recherche et le développement lié à la culture, la valorisation des matières premières huile et pigment mais aussi la version automatisée de notre pilote d’extraction", confirme Aurore Cottrel qui espère voir son site de production opérationnel d’ici 2027.

Bluemarket facilite le réemploi des stocks dormants

Guillaume Vailland et Arnaud Moulin (à d.), associés dirigeants de Bluemarket — Photo : DR

Bluemarket est une place de marché web de réemploi industriel des stocks dormants et équipements inutilisés. La plateforme a été lancée début 2022 par deux ingénieurs rennais, Arnaud Moulin et Guillaume Vailland. Ils développent leur projet derrière la SAS Bleu Métal (7 collaborateurs), qui a pris pied au Mabilay, le cœur battant des start-up dans la capitale bretonne. " L’objectif de Bluemarket est de replacer le bon sens au cœur des processus industriels afin de réemployer 100 millions d’euros de coproduits par an en France ", rend compte Arnaud Moulin, président de la TPE. Les coproduits vendus sont de toute taille : machines-outils, équipements de manutention, pièces métalliques, appareils électroniques…

Plus de 10 000 références de produits en ligne

Les transactions entre vendeurs (industriels) et acheteurs (associations, entreprises…) ont pour vocation à se faire localement. " Nous travaillons à 80 % pour la Bretagne mais notre développement est national ", pointe Arnaud Moulin. Le catalogue de Bluemarket s’est bien étoffé ces derniers mois, avec plus de 10 000 références de produits en ligne. Le nombre d’utilisateurs évolue aussi à la hausse, avec quelque 600 utilisateurs. Bleu Métal a réalisé une première levée de fonds de 150 000 euros à la fin 2023 pour embaucher des commerciaux et sécuriser son plan de financement 2024. Ce sont des investisseurs bretons, anciens chefs d’entreprise, qui accompagnent la start-up. Bleu Métal a aussi récupéré une subvention de 50 000 euros de la Région Bretagne dans la mise en place d’un outil qui permet aux utilisateurs de Bluemarket de calculer leurs économies de CO2 s’ils optent pour le réemploi. " Tous les patrons s’intéressent à ce sujet et la réglementation est favorable à notre business ", se réjouit Arnaud Moulin.

Torq EM révolutionne l’électrification des engins Off-Road

Kévin Civilise et Walter Pageot, cofondateurs de Torq EM, une start-up industrielle nantaise qui propose d’électrifier les engins off-road — Photo : David Pouilloux

Torq EM, implantée au Loroux-Bottereau, à l’est de Nantes, Torq EM aide les constructeurs d’engins Off-Road (construction, agriculture, aéroportuaire, ferroviaire, minier) à réussir la transition vers le 100 % électrique. L’entreprise ne se concentre pas sur le rétrofit, mais plutôt sur l’équipement de véhicules neufs électriques, en fournissant des solutions clé en main aux PME.

L’origine de Torq EM

La fondation de Torq EM découle d’une constatation simple, mais cruciale : la transition d’une architecture de véhicule thermique à un véhicule 100 % électrique est complexe, même pour les grands constructeurs automobiles ou d’engins. Forts de leur expérience dans le marché des engins Off-Road, Walter Pageot et Kévin Civilise ont voulu aider les PMI françaises à produire des véhicules électriques compétitifs et performants, capables de répondre aux normes évolutives et à la compétition internationale. "Pour certains, leur capacité à innover vers l’électrique sera gage de leur existence future", explique Walter Pageot.

Un marché prometteur

Le marché de Torq EM représente environ 500 millions d’euros sur trois secteurs principaux : la manutention, l’agriculture et la construction. L’entreprise cible principalement les sociétés produisant entre 5 et 150 engins par an, et se concentre actuellement sur le marché français.

Torq EM se positionne comme un expert de l’électrification, offrant des produits technologiquement supérieurs. La start-up travaille sur une nouvelle gamme de produits pour les chariots élévateurs robotisés, promettant une autonomie accrue de 20 % et une meilleure précision.

Comme toute start-up, Torq EM a rencontré des défis, notamment la définition de sa proposition de valeur. Initialement focalisée sur la traction des engins, l’entreprise a dû élargir son périmètre pour inclure la batterie et le contrôle électronique, simplifiant ainsi la complexité pour ses clients.

Torq EM aspire à devenir un pôle d’excellence dans l’électrification des engins Off-Road. L’entreprise collabore avec Centrale Nantes pour recruter et former des ingénieurs, avec l’objectif de devenir le leader de son domaine en France avant de s’étendre en Europe.

Business model proche de la rentabilité

Contrairement à de nombreuses start-up, Torq EM a un business model presque rentable dès la première année. Bien que n’ayant pas besoin de fonds pour valider un prototype, l’entreprise prévoit un besoin important de financement opérationnel dans les 12 prochains mois. "Nous déciderons ensuite quels sont les meilleurs outils afin d’y faire face" précise Walter Pageot, qui ajoute : "Nos atouts principaux sont de permettre l’efficience énergétique et le renforcement du tissu industriel". Les engins équipés par Torq EM atteignent une efficience énergétique bien supérieure à celle de leurs équivalents diesel, réduisant considérablement les émissions et les nuisances des chantiers. En outre, l’entreprise aide les PMI françaises à surmonter les défis de l’électrification, renforçant ainsi leur compétitivité et leur survie dans des secteurs cruciaux.

Eclore, un expert du pliage au service des industriels

Pierre Gautier-Le Boulch, fondateur et dirigeant d’Eclore, diversifie les applications possibles de son innovation — Photo : Benjamin Robert

Sur de nombreuses chaînes industrielles, qui tournent en continu, les vérins sont presque considérés comme des consommables. Et pour cause, ils contiennent plus d’une vingtaine de sous-composants (joints, tiges, pistons etc.). "Des machines contiennent plusieurs dizaines de vérins. Lorsque l’un d’eux est défectueux, la chaîne industrielle ne peut attendre la maintenance et doit redémarrer au plus vite. Les vérins sont donc rapidement changés", analyse Pierre Gautier-Le Boulch, fondateur et dirigeant d’Eclore (11 salariés). Pour répondre à cette problématique, l’ingénieur a imaginé un cylindre en soufflet, capable de se déployer ou de s’écraser en fonction de la pression d’air appliquée, et donc de remplacer un vérin. Après la création d’Eclore à Nantes en 2019 et après une première levée de fonds de plus d’un million d’euros en 2021, l’entreprise s’est confrontée au marché l’année dernière avec, d’abord, un soufflet de protection. Ce dernier vient s’enfiler autour du vérin existant afin de le protéger des poussières qui le détérioreraient. En mai 2024, elle vient de lancer deux nouveaux produits. Le premier repose sur un tube de levage, capable de porter des charges, et réduire les TMS des salariés. Le second est un porte câbles pour des robots. "Nous remplaçons le tuyau conventionnel avec une durée de vie bien plus élevée, car notre produit supporte très bien les torsions", appuie Pierre Gautier-Le Boulch. L’entreprise, qui génère 450 000 euros de chiffre d’affaires, se positionne aussi comme partenaire de recherche, notamment avec l’aéronautique. Elle travaille par exemple avec le CNES et Airbus. "Les possibles applications industrielles du soufflet sont très nombreuses", poursuit le fondateur. À long terme, Eclore se rêve en expert du pliage de polymères.

Partn’air Hygiène Service nettoie la ventilation industrielle sans arrêt de la production

Fabien Gicquel a créé PH-s en janvier 2023, dans les Côtes-d’Armor — Photo : Matthieu Leman (JDE)

Partn’air Hygiène Service ou PH-s, (12 salariés, 350 000 euros de chiffre d’affaires), a été créée en janvier 2023 à Lamballe-Armor (Côtes-d’Armor).

L’entreprise évolue dans le nettoyage, la désinfection et la maintenance des systèmes de climatisation et de ventilation pour l’industrie, principalement agroalimentaire. Sa forte croissance (son chiffre d’affaires devrait presque tripler sur un an et elle est passée de 6 à 12 salariés depuis le début de l’année) repose sur une innovation qu’elle a brevetée, PHS System, qui se présente comme un " champ opératoire " en milieu industriel.

Un système maison qui fait école

"PHS System est un système de rail aimanté qui permet d’entourer le système de ventilation ou de climatisation d’une bâche en polyester nettoyable, désinfectable et réutilisable, explique Fabien Gicquel, gérant de PH-s. Cela permet d’isoler notre intervention, d’assurer la sécurité alimentaire et celle des installations électriques, et donc de travailler sans arrêter la production. Mais aussi d’économiser l’eau nécessaire au nettoyage, en limitant les projections."

L’entreprise lamballaise a développé ce système d’abord pour elle, mais elle a reçu des demandes de ses clients qui souhaitaient adopter le système sur leurs sites.

PHS System peut également servir à d’autres usages, comme la séparation de lignes de production lors de la mise en place de nouveaux process ou fabrications, par exemple. Le business model repose sur la location du dispositif avec des prestations supplémentaires comme le montage et le démontage.

Pour accélérer la commercialisation de son innovation, PH-s va recruter un collaborateur dédié et a intégré la onzième promotion du Village by CA des Côtes-d’Armor. La jeune PME, dont le marché s’étend sur le Grand Ouest et au-delà, a ouvert en avril une antenne près de Nantes pour mieux couvrir les Pays de la Loire.

One Nest loge les salariés des industries

Edouard Masseau et Julien Draber, les deux associés de One Nest, se focalisent sur la rénovation de bâtiments pour loger les salariés de leurs clients — Photo : Benjamin Robert

Au départ, la start-up ciblait les étudiants et les jeunes actifs, mais face à l’ampleur de la problématique du logement, One Nest se tourne à présent vers les entreprises qui souhaitent loger leurs salariés.

Elle s’adresse notamment aux industriels qui ont du mal pour cette raison à recruter sur leur bassin d’emplois. L’entreprise achète des biens pouvant accueillir plusieurs personnes, les rénove, puis les propose en coliving, soit une habitation meublée composée d’espaces privés et de services mutualisés. "Notre cible principale reste les personnes de 20 à 35 ans", souligne Edouard Masseau, cofondateur et co-dirigeant de One Experience.

Deux business modèles

One Nest fonctionne selon deux modèles économiques différents. Soit l’entreprise qui recourt aux services de la jeune pousse ne veut pas investir en capital, et souhaite rester en dehors du montage financier. Dans ce cas, One Nest trouve des investisseurs intéressés par le foncier. Dans le second cas, l’entreprise investit elle-même dans le bâtiment. One Nest fonctionne alors comme une agence immobilière, et gère l’aménagement et les baux.

Une ambition nationale

One Nest a déjà investi et livré un premier bâtiment de 300 m² à Ancenis, entièrement dédié à un industriel de la santé animale. Outre ce projet, l’entreprise de 7 salariés gère aujourd’hui 17 immeubles, et quatre sont en cours d’acquisition. L’entreprise investit aussi bien à Saint-Nazaire, avec un projet pour un sous-traitant des Chantiers de l’Atlantique, qu’à Saint-Malo.

Fondée il y a deux ans, l’entreprise génère aujourd’hui 200 000 euros de chiffre d’affaires, et gère 10 millions d’euros d’actifs. Sa zone de couverture devrait s’étendre petit à petit, car l’entreprise souhaite investir dans un nouveau bâtiment tous les deux à trois mois, et devenir leader français du coliving pour les salariés.

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