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Tri Ouest investit cinq millions d’euros pour mieux valoriser les déchets de la région
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Tri Ouest investit cinq millions d’euros pour mieux valoriser les déchets de la région

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Fondée en 1905, Tri Ouest collecte et trie les déchets des entreprises alentours, avant de les expédier vers des voies de valorisation. L’entreprise vient d’investir dans deux procédés. Le premier transforme les déchets en nouvelle source d’énergie pour les cimentiers du coin, et le second vise à compacter certains plastiques et ainsi mieux les valoriser.

Thomas Barbazanges, dirigeant de l’entreprise Tri Ouest, vient d’investir 2,5 millions d’euros afin d’augmenter ses capacités de production de CSR — Photo : Benjamin Robert

Depuis plus de 120 ans, Tri Ouest suit une maxime : valoriser en premier lieu les déchets en tant que matière. Puis, si besoin, en faire du combustible, au lieu de devoir les enfouir en dernier recours. Dès 2013, l’entreprise a été une des premières en France à produire du CSR (combustible solide de récupération). Obtenu par broyage, ce mélange de déchets auparavant enfouis peut être composé de caoutchouc, de polystyrène, de bois, de textile ou encore de plastiques. Il est utilisé en substitution des énergies fossiles (gaz, charbon, fioul) dans des installations industrielles. "Aujourd’hui, notre activité CSR se développe très vite. Nous en produisons 20 000 tonnes par an et venons d’investir 2,5 millions d’euros pour augmenter la cadence", appuie Thomas Barbazanges, dirigeant et sixième génération à la tête de l’entreprise familiale (110 salariés, 32 M€ CA). En parallèle, Tri Ouest vient également de mettre une seconde fois la main au portefeuille, pour une somme équivalente, afin de développer un nouveau procédé qui densifie les plastiques.

Tri Ouest produit environ 20 000 tonnes par an de CSR — Photo : Benjamin Robert

Une sortie auprès des cimentiers locaux

Le CSR produit à Châteaubriant par Tri Ouest approvisionne deux cimenteries du coin, Lafarge Ciment, basé en Mayenne, et Heidelberg Materials. "Ces deux cimentiers ont investi chacun plus de 400 millions d’euros dans leur installation pour pouvoir consommer du CSR, donc nous pouvons augmenter nos capacités sans avoir de crainte sur les débouchés", appuie Thomas Barbazanges.

Il faut dire qu’au-delà des économies de combustibles fossiles, les cimentiers sont gagnants sur toute la ligne en misant sur cette énergie : c’est Tri Ouest qui les paye pour se "débarrasser" du CSR. "Faire du CSR nous permet de limiter les quantités de déchets enfouis ce qui reste notre objectif. Pour autant, depuis 2013, cela nous coûtait plus cher de produire du CSR que d’emmener ces déchets à l’enfouissement. Aujourd’hui, le coût entre les deux est environ similaire", renchérit le dirigeant. Cette production permet ainsi au castelbriantais de sauver de l’enfouissement plus de la moitié des déchets non valorisables.

Tri Ouest collecte et trie 150 000 tonnes de déchets chaque année — Photo : Benjamin Robert

Des exutoires à moins de 100 km

Pour tenir debout, le modèle économique de Tri Ouest repose donc sur d’autres flux de matières : l’entreprise collecte et trie 150 000 tonnes de déchets chaque année. "Nous prenons en compte plus de 200 matières différentes. Par exemple, nous avons, rien que pour l’aluminium, une quinzaine de qualités différentes". Une fois triés, les déchets sont ensuite envoyés vers des filières de consommation : le papier vers des papetiers, le carton vers des cartonniers… "Il y a beaucoup d’exutoires à moins de 100 kilomètres à la ronde", poursuit le dirigeant.

Compacter pour mieux valoriser

De son côté, le nouveau procédé de densification des plastiques voit le jour pour des raisons similaires. "Cet investissement fait suite à un partenariat avec la société ligérienne Aplix. Ils ont des chutes qui ne sont pas consommées par les plasturgistes. À l’aide de broyeuses et de presses, nous compactons la matière, ce qui lui donne plus de valeur et nous permet d’envisager plus de portes de sortie, ajoute Thomas Barbazanges.

Dans le recyclage, une grande partie des activités restent toujours très manuelles — Photo : Benjamin Robert

De plus, la densification permet d’optimiser le transport, en mettant plus de tonnes dans un camion. "Nos efforts technologiques permettent de mieux valoriser les déchets, mais beaucoup d’activités dans le recyclage restent manuelles", ajoute le dirigeant, qui envisage entre 5 et 10 recrutements dans les mois à venir.

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