La folle ascension de Solairedirect, challenger d'EDF sur le marché du photovoltaïque, est-elle en train de tourner court? «On en est loin pour le moment», assure son P-dg Thierry Lepercq. Malgré le moratoire de trois mois sur les contrats d'achat d'électricité solaire, les carnets de commande de la PME sont pleins. Avec un potentiel de 500MW à terme, rien que pour l'Hexagone, et 50MW financés cette année. Tandis que l'État revoit une partie des aides à la filière solaire pour juguler la bulle spéculative, les petits opérateurs souffrent. Mais le second producteur français d'énergie solaire a les reins solides. Au total, la PME (siège à Paris) a installé 60MW et réalise aujourd'hui 160M€ de chiffre d'affaires, pour 300 salariés dont 200 en France. Lorsqu'il se lance en 2006, Thierry Lepercq, ancien banquier d'affaires, enchaîne les tours de table. Ses premiers compagnons de route ont pour nom TechFund, Demeter Partners et Schneider Electric Ventures, trois spécialistes des éco-industries. S'ajoutent des partenariats avec des grandes banques, ainsi qu'une alliance avec la Caisse des Dépôts. Solaire Durance, leur filiale commune, est à l'origine du plus grand parc solaire français (24MW, Alpes de Haute Provence). L'autre clé de son succès vient de sa capacité à maîtriser l'ensemble de la chaîne: de la fabrication des modules à la recherche des financements en passant par l'installation et le suivi de la revente des kilowatts à EDF. Depuis l'an dernier, la PME regarde vers l'étranger, notamment l'Inde et le Chili, friands de projets à grande échelle.
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