Depuis le 29 janvier, les négociations vont bon train entre l’équipementier Texelis basé au Palais-sur-Vienne (350 salariés) et KNDS (10 000 salariés, 3,3 milliards en 2023). KNDS est leader européen en défense terrestre, né en 2015 suite au rapprochement de Nexter et Krauss Maffei Wegmann, constructeurs de chars, blindés et systèmes d’artillerie. Pour Texelis, l’objectif est de s’appuyer sur de nouveaux actionnaires afin de développer son activité défense.
"Les discussions seront plus engageantes à partir de juillet dans un objectif de vente au premier trimestre 2026", précise Laurent Garnier, directeur management transport. Ce projet fait suite à des réflexions stratégiques menées ces dernières années afin de pérenniser l’activité et les emplois sur le site, tout en permettant à Texelis de continuer à se développer avec un actionnariat différent de l’actionnariat historique qui souhaitait en partie se désengager."
Scission entre Texelis Défense et Texelis Transport
KNDS a été intéressé par le développement de la partie défense. Cette cession devrait entraîner une scission en deux entités, Texelis défense et Texelis transport, qui planche notamment pour le train du futur. L’entreprise a d’ores et déjà annoncé des garanties pour le personnel concerné qui s’inquiète de ce changement. "Leurs inquiétudes sont légitimes, remarque-t-il, maintenant notre travail est d’expliquer pourquoi on fait cela et de rassurer les employés dont on a la confiance. Il est prévu une vingtaine de postes supplémentaires de façon pérenne et très rapidement."
Autre bonne nouvelle, tous les collaborateurs resteront sur le site du Palais-sur-Vienne. "KNDS n’a pas les compétences d’ingénierie et de développement industriel, assure-t-il, donc il achète des compétences et une usine qu’il n’a pas. Ce projet est très prometteur car on sera adossé à un groupe ayant des moyens financiers différents."
"Au moins 2 000 Serval commandés jusqu’en 2030 "
Aujourd’hui, l’activité défense représente 60 millions d’euros, soit un peu plus de la moitié du chiffre d’affaires de Texelis qui était de 115 millions en 2024. Le développement de produits en nom propre à partir de 2012 - et en particulier le châssis complet du blindé de transport de troupes Serval - a dopé son activité qui atteignait 77 millions en 2022. Avec cette évolution industrielle, Texelis s’est positionné comme leader mondial dans la conception et la fabrication de ponts et ensembles de mobilité pour des véhicules lourds lui conférant une véritable expertise.
Depuis les commandes de Serval par la DGA pour le compte de l’Armée française, l’activité défense a fortement décollé. "Nous avons produit plus de 300 Serval, il y a des commandes jusqu’en 2030 au moins pour 2 000 véhicules et il devrait y en avoir plus, estime Laurent Garnier. On est aussi en discussion avec l’armée belge."
Une version allégée de ce châssis destinée à l’export et commercialisée sous le nom de Celeris a déjà convaincu deux clients, le premier au Canada et le second en Indonésie acquis par la société PT SSE. "Le savoir-faire français est très recherché par des constructeurs étrangers, constate le directeur, et on fait tout pour qu’il y ait plein d’autres clients."