Soldes d'hiver : Une stagnation malgré un bon démarrage
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Soldes d'hiver : Une stagnation malgré un bon démarrage

Conjoncture Après une première semaine encourageante, renouant avec des niveaux d'avant crise, l'activité des commerçants locaux a stagné par rapport aux soldes d'hiver 2010.

«Les soldes se sont relativement bien déroulés, témoigne Lucile Malaterre, gérante du magasin marseillais de chaussures et d'accessoires Jet Set. Nous avons enregistré une hausse de 12% de notre chiffre d'affaires en première semaine. Mais il est vrai qu'avec les soldes flottants, la multiplication des promotions au cours de l'année et la concurrence croissante d'Internet, les soldes d'hiver deviennent de plus en plus difficiles à gérer». Cette analyse est partagée par Laurent Carratu, président de Terre de commerces, fédération des commerces et services de proximité des Bouches-du-Rhône. «Le bilan des soldes est très contrasté selon les métiers, explique-t-il. Mais si elles ont globalement bien démarré, il semble que sur la durée, les commerçants aient enregistré une quasi-stabilité de leur activité par rapport à l'année dernière». C'est pourtant en effet un départ encourageant qu'avaient enregistré les services de la CCI Marseille Provence, à travers une enquête réalisée lors de la première semaine de soldes. «La fréquentation au démarrage des soldes est meilleure que l'an dernier pour plus de quatre commerçants sur dix. Celle-ci retrouve une dynamique comparable à la période d'avant crise», pouvait-on lire dans cette étude, tandis qu'il était indiqué que pour 60% des commerçants interrogés, le chiffre d'affaires lié aux soldes était «stable ou en hausse».




La question du «juste prix»

Pour Laurent Carratu, si ce bon démarrage ne s'est pas forcément transformé en succès au long cours, l'explication est sans doute à chercher du côté du consommateur. «Les comportements évoluent, analyse-t-il. Tout d'abord parce que le mot ?soldes? a changé de signification, avec l'instauration des soldes flottants, mais aussi le doublement des ventes privées en cinq dans le département. Tout cela a tendance à brouiller les cartes. C'est la question du juste prix qui est au coeur de cette problématique. D'autant qu'avec le boom des ventes sur Internet, la notion de soldes perd toute valeur. Car ces nouveaux acteurs sont plus ou moins toujours en discount». Dans ce contexte, le commerce traditionnel doit (re)trouver sa place. «Plusieurs pistes sont envisageables, estime Laurent Carratu. Certains commerces de l'équipement de la personne, par exemple, ne font jamais de soldes et gèrent leur mix produits de façon peut-être plus fine. D'autre part, nous prônons la concertation et la synchronisation en ce qui concerne le choix des dates des soldes flottantes. De même, de plus en plus de commerçants traditionnels souhaitent se lancer dans la vente multicanal, à la fois physique et sur Internet. C'est peut-être une solution, un facteur de relais de croissance».

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