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Skinmed, Luchrome, Algos... : les start-up néo-aquitaines à suivre en 2026
Nouvelle-Aquitaine # Innovation

Skinmed, Luchrome, Algos... : les start-up néo-aquitaines à suivre en 2026

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L'IA est partout, y compris dans le business model des entreprises de cette sélection annuelle de start-up. Qu'elle serve à optimiser le business des entreprises, à améliorer le dépistage dermatologique ou à rentrer les poules, elle a su se faire une place dans des start-up prometteuses qui attirent les investisseurs. La santé et l'écologie, tropismes régionaux, restent eux aussi très présents.

Le dispositif imaginé par Skinmed combine un dermascope avec des optiques de haute définition, un Iphone et une IA — Photo : Skinmed

Skinmed améliore le dépistage dermatologique grâce à l’IA

La start-up périgourdine Skinmed (17 salariés) ambitionne la création de centres de prise en charge régionaux, dont le premier pourrait ouvrir en Nouvelle-Aquitaine dès 2026. La start-up, fondée en 2022, fonctionne grâce à des technologies dédiées au dépistage dermatologique : un dermascope et un Iphone équipé d’une application intégrant Skinan, une IA permettant d’identifier différents types de lésion. Skinan promet un résultat en moins de 72 heures, identifiant au moyen d’un code couleur en moins de 72 heures l’urgence du besoin de consulter un spécialiste. La société entend ainsi à la fois raccourcir les délais de prise en charge, faciliter le parcours de soins et, in fine, lutter à sa manière contre les déserts médicaux. Skinmed équipe déjà près de 600 pharmacies en leur louant les appareils et en formant le personnel volontaire. Elle veut continuer à mailler ce réseau en équipant des dermatologues. Reçue à l’Elysée et du voyage au salon Vivatech, la start-up a aussi candidaté pour se rendre au prochain CES de Las Vegas.

Les 4 co-fondateurs de Curlim : Vincent Sol, Alexis Desmoulière, Laurent Richebourg et Franck Sturtz — Photo : Curlim

Curlim développe un traitement à la maladie de Charcot

En janvier dernier, la start-up limougeaude Curlim a bouclé une levée de fonds d’amorçage de 1,5 million d’euros. Lors de l’opération, elle a précisé qu’elle réfléchissait déjà à une seconde levée, cette fois en série A et de l’ordre de 10 à 15 millions d’euros, pour le premier trimestre 2026. Elle devrait financer l’entrée en phase de test clinique de Curlim, qui souhaite développer un nouveau médicament visant à traiter les neuropathies périphériques, notamment Charcot-Marie-Tooth, ensemble de maladies neurologiques héréditaires touchant les nerfs des jambes et des bras. Curlim, incubée à l’Avrul (Agence pour la valorisation de la recherche universitaire du Limousin), est issu des recherches menées à l’Université de Limoges par deux laboratoires de neurologie (dirigé par Franck Sturtz) et de chimie organique (dirigé par Vincent Sol). Elles ont montré "une augmentation sensible de la vitesse de conduction des nerfs chez les rats et souris grâce à ce produit à base de curcumine", précise Franck Sturtz.

Hugo Cartron (à gauche) et Vincent Gamboa, cofondateurs de Nova Carbon, ont signé fin février un partenariat stratégique avec Alexandre Lull, dirigeant d'Epsilon Composite — Photo : Nova Carbon

Nova Carbon et Epsilon misent sur les fibres de carbone recyclées

La start-up Nova Carbon, qui développe une matière produite à partir de déchets de fibre de carbone, et la PME Epsilon Composite (230 salariés, environ 33 M€ de CA), toutes deux girondines, se sont alliées en 2025 pour mener à bien un programme industriel permettant à la seconde d’intégrer l’écoconception à sa production de pièces en matériaux composites. Autrement dit : recycler de la fibre de carbone, permettant de trouver une alternative à la fibre de carbone vierge, qui est produite chaque année à hauteur de 150 000 tonnes au niveau mondial, 90 % des produits en fin de vie finissant l’incinérateur où à l’enfouissement. L’industrialisation des nouveaux produits recyclés à partir des déchets est espérée pour 2026.

Le groupe coopératif agricole Maïsadour et la start-up landaise Evotech testent un chien robot dans des élevages de volailles — Photo : Maïsadour/Evotech

Evotech développe des robots intelligents

Ils peuvent aider les animaux à rentrer dans leurs enclos, éliminer les chenilles processionnaires, aider au sauvetage en mer et bien d’autres choses encore. Eux, ce sont les robots et drones du groupe landais Evotech, qui réunit à ce jour six filiales. La plus connue est le bureau d’études Shield Robotics : c’est lui qui est à l’origine de E-doggy, un robot canin qui a servi d’assistant aux démineurs lors des JO de Paris ou de gardien pour les poules des agriculteurs de la coopérative landaise Maïsasour. C’est pour le fabriquer en série qu’Evotech réfléchit à une usine qui pourrait employer 70 à 150 personnes d’ici trois ans. Les applications promises vont des travaux autoroutiers à la surveillance de sites industriels. En parallèle, Evotech planche sur une multitude d’innovations : un système de traitement des insectes nuisibles par cryogénisation à l’azote liquide, en partenariat avec la société Cryodrones (basée à Nanterre) ou un dispositif d’extraction d’urgence pour le sauvetage en mer, commercialisé en 2026.

Enrique Prazian, Françoise Ballet-Blu et Aurélien Deschamps forment l'équipe dirigeante d'Algos — Photo : Algos

Algos met son IA au service de l’efficience des entreprises

La solution d’IA sur mesure pour les entreprises créée par la start-up poitevine Algos (10 salariés) ne cesse de faire forte impression partout où elle passe, de Vivatech jusqu'au CES de Las Vegas. Elle se base sur un système orchestrateur de modèles IA, qui sollicite simultanément plusieurs modèles entrainés pour répondre aux besoins spécifiques des entreprises à partir de leurs propres données. La solution, qui comprend plusieurs briques ajoutables "à la carte", promet un stockage et calcul en France aux coûts — et donc à l’empreinte carbone — réduits. Fin septembre, Algos a rejoint le programme Google for Startups.

Les salariés de Midipile Mobility devant le prototype du quadriporteur de la start up charentaise, basée près d'Angoulême — Photo : Midipile Mobility

Midipile industrialise son véhicule micro-utilitaire

En Charente, Midipile Mobility (15 salariés) prépare activement l’industrialisation de son quatriporteur micro-utilitaire électrique à pédales sans permis, dédié à la livraison du dernier kilomètre. Soixante véhicules seront produits dans les ateliers d’Hiersac, près d’Angoulême (Charente). Son "industrialisation à plus grande échelle" est espérée pour la fin 2026 et les premières livraisons en mai prochain. Son véhicule, dont l’utilité a été expérimentée dans plusieurs secteurs (santé, tourisme, logistique…), dispose d’une autonomie de 100 kilomètres et peut transporter jusqu’à 300 kilos de marchandise. Midipile espère boucler une levée de fonds de 1,8 million d'euros au premier trimestre 2026.

Natacha Kinadjian Caplat, présidente de Purenat, et Manon Vaillant, directrice générale, lancent la production et la commercialisation de leur innovation cette année — Photo : Purenat

Purenat élimine les mauvaises odeurs des industriels

La strat-up deeptech bayonnaise Purenat, créatrice d’un textile filtrant et détruisant les polluants organiques présents dans l’air destiné aux industriels (présenté comme une alternative aux charbons actifs), a trouvé un nouveau relais de croissance important : le traitement des odeurs. L’entreprise, qui a terminé un projet pilote à petite échelle (un caisson de traitement d’air équipé de 10 filtres) chez un industriel français dont elle n’a pas dévoilé le nom, va désormais passer à une phase "à grande échelle" chez ce même industriel. Seule start-up française ayant intégré l’accélérateur allemand Techfounders, Purenat espère déployer une trentaine de projets pilotes d’ici fin 2025, de quoi lui assurer, sans doute, une croissance accélérée l’année suivante.

Le dispositif de Fineheart va être testé en France — Photo : FineHeart

Fineheart va tester sa pompe cardiaque en France

Un chef de file européen. C’est ce qu’est en train de devenir la start-up girondine FineHeart, créatrice d’une pompe cardiaque miniaturisée sans fil. Elle a annoncé fin juillet qu’elle avait été désignée en tant que tel dans le cadre du Projet Important d’Intérêt Européen Commun (PIIEC) Tech4Cure, dédié à la filière des dispositifs médicaux implantables. Elle va diriger un programme (SmartDMIA) structurant la filière, de la conception à l’industrialisation. En parallèle, la société a obtenu en juin l’autorisation de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) pour tester son produit sur des humains en France, dans plusieurs centres spécialisés en chirurgie cardiaque notamment à Paris, Bordeaux ou Nantes. Le tout s’effectue dans le cadre de l’étude européenne "First in Human" pour évaluer la possibilité d’une implantation chez des patients souffrant d’insuffisance cardiaque avancée. Fineheart, qui a déjà levé 45 millions d’euros depuis sa création, espère boucler un nouveau tour de table de 50 millions supplémentaires d’ici à la fin 2025. Elle vise une mise sur le marché de son produit en 2028.

La deeptech girondine Luchrome a levé 700 000 euros en mars 2025 — Photo : Luchrome

Luchrome imprime des écrans

Créée en 2023, la start-up girondine Luchrome est spécialisée dans la conception et fabricant d’écrans électroniques pour l’internet des objets (IoT). Leur particularité ? Ils sont imprimés sur du papier. Issue d’un transfert de technologie et de recherches effectuées à l’Université de Bordeaux, la jeune société vise de nombreux secteurs pour ses écrans à faible impact environnemental, de la logistique à la grande distribution (étiquettes connectées) en passant par la santé et les dispositifs médicaux (pour des tests de grossesse, par exemple). Luchrome, qui a levé 700 000 euros en mars dernier, veut doper sa capacité de production et fiabiliser sa technologie pour pouvoir la commercialiser dans les prochains mois. En juin, Luchrome a annoncé un partenariat avec la start-up iséroise BeFC, créateur d’une pile biologique en papier organique, compostable et biodégradable, qui vise lui aussi la logistique et la santé. Prochaine étape : l’industrialisation.

Le logiciel HeartFocus de Deski — Photo : Deski

Deski fait entrer l’IA dans l’échographie

Un logiciel d’échographie cardiaque assistée par IA… qui tient dans la poche. C’est avec cette promesse que la start-up bordelaise Deski est parvenu à séduire le fonds a impact Racine2, BNP Paribas, Epopée Gestion, Good Only Ventures, Better Angle et le fonds régional Naco, qui lui ont permis de boucler fin juin une levée de fonds de six millions de dollars (5,2 M€). Deski entend démocratiser ce type d’opération, réservée à des services hospitaliers déjà en surcharge, à tous les professionnels de santé, de l’infirmier au médecin de ville. Elle souhaite aussi permettre le dépistage précoce des maladies cardiaques, qui concernent plus de 500 millions de personnes dans le monde. Deski veut lancer Heartfocus sur le marché américain, où l’entreprise a obtenu en avril dernier l’autorisation de commercialisation de la FDA (Food and Drug Administration), et à l’international.

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