Au total, FineHeart a sécurisé 83 millions d’euros de financements combinant capitaux privés et financements publics européens non dilutifs, afin d’accélérer l’industrialisation et le développement clinique du FlowMaker, sa mini-pompe cardiaque, et de s’imposer comme "un futur leader européen des dispositifs médicaux implantables actifs (DMIA) en cardiologie".
Des nouveaux actionnaires
La medtech bordelaise créée en 2010 (70 salariés aujourd’hui) augmente son capital de 35 millions d’euros d’abord, grâce à de nouveaux investisseurs dont Groupe Pasteur Mutualité et Groupe Etchart, le fonds de l’European Innovation Council (EIC). Les investisseurs historiques, FH Founders — holding des fondateurs rassemblant des investisseurs privés internationaux majoritairement issus de la santé et de l’entrepreneuriat — le family office Lurra, Irdi, le fonds régional Naco, et Groupe Doliam renouvellent leur confiance.
Cette levée de fonds est destinée à accélérer le développement clinique et industriel de son produit. La production, actuellement au siège de l’entreprise à Pessac, sera bientôt transférée dans un immeuble en cours de construction au sein du parc d’activité de Canteranne, à 2 km. "Pour répondre notamment aux besoins plus importants des études Pivot, en vue du marquage CE", précise Fineheart.
Des fonds publics au titre de son implication dans un programme européen
En parallèle, FineHeart bénéficie de 48 millions d’euros de financements publics, versés en plusieurs tranches, dans le cadre du projet important d’intérêt européen commun (PIIEC) Tech4Cure impliquant six pays et dont elle a été désignée chef de file en juillet 2025. Ce programme vise à structurer la filière européenne des dispositifs médicaux implantables actifs, en travaillant notamment à miniaturiser les systèmes d’alimentation électrique, réduire les besoins énergétiques et améliorer la fiabilité et la durabilité des implants.
Bientôt testé sur des patients en France
L’innovation portée par Fineheart est le FlowMaker, un accélérateur de débit cardiaque miniature, sans connexion avec une batterie externe et avec une pose moins invasive que les systèmes actuels. Des premières implantations sur des patients humains ont été réalisées à Prague en 2024. L’entreprise a obtenu en juin 2025 le feu vert de l’Agence nationale de sécurité du médicament pour des tests en France. Fineheart estime qu’elle pourrait traiter 200 000 patients atteints d’insuffisance cardiaque grave chaque année. Les équipes ciblent dans un premier temps les 50 000 patients les plus sévères, éligibles à̀ une assistance cardiaque mais non traités par les implants ventriculaires actuels (les LVAD).
Quant à la mise sur le marché du FlowMaker, "nous n’avons pas de date précise, l’étude clinique européenne en cours va permettre d’ajuster le protocole clinique et d’anticiper tous les aspects cliniques", répond l’entreprise.
Créée par Arnaud Mascarell, le PDG, et une équipe de chirurgiens cardiaques et électrophysiologistes de renommée internationale, la société détient un portefeuille international de 160 brevets.