L’Engeneus, présenté comme unique au monde, est désormais prêt pour la production en série. Certifié par l’Agence de l’Union européenne (Easa) début 2025, le moteur électrique d’avion signé Safran est fabriqué depuis l’an dernier sur une ligne de production manuelle au cœur du site Safran Electrical & Power de Chauray, près de Niort (Deux-Sèvres). Place à l’automatisation et à la montée en cadence.
Deux lignes d’assemblage semi-automatisées
Safran Electrical & Power, dont le siège est à Toulouse, a signé une convention de soutien avec l’Agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement (Cinea) dans le cadre du Fonds pour l’innovation, au terme de laquelle le site niortais bénéficiera de 14,7 millions d’euros. Ce montant contribuera à financer deux lignes d’assemblages semi-automatisées — une pour le montage de l’électronique de puissance et l’autre pour l’assemblage final du moteur —, ainsi que des installations logistiques et des moyens de maintenance et de réparation. La production doit démarrer dans l’année 2026.
Les lignes seront dimensionnées pour assembler 1 000 moteurs par an, avec une flexibilité suffisante pour atteindre 5 000 pièces selon la demande du marché.
Le reste de la fabrication — rotors et stators — est assuré au Royaume-Uni.
Réduire l’empreinte carbone
"La sélection par le Fonds pour l’innovation constitue une étape majeure pour Safran et positionne Safran Electrical & Power comme un acteur clé des ambitions européennes en matière de décarbonation et de transition énergétique, commente Agnès Pronost Gilles, directrice générale de la division Power de Safran Electrical & Power. Cette reconnaissance confirme la maturité de notre moteur électrique Engineus, qui contribue significativement à la réduction de l’empreinte carbone des aéronefs tout électrique et hybrides-électriques." Le moteur est destiné principalement à assurer une propulsion 100 % électrique d’avions de deux à quatre passagers, et en version hybride à être installé sur des aéronefs de 19 passagers. Il est aussi adaptable pour des missions liées à la Défense. Il doit contribuer à l’objectif de neutralité carbone du secteur aérien fixé par l’Union européenne d’ici 2050.