Sur les 515 dirigeants de PME et ETI, le sujet de la formation fait l’unanimité. 91 % d’entre eux considèrent comme indispensable de se former régulièrement, selon une étude menée par Bpifrance Université. Pourtant, dans la réalité, 62 % des chefs d’entreprise n’ont pas suivi de formation au cours des deux dernières années. Manque de temps et manque de formation adaptée sont les freins les plus courants.
Les dirigeants d’ETI, plus nombreux à se former
Bpifrance Université propose des formations depuis 2010, en présentiel, et depuis 2015, en distanciel également. L’étude menée auprès des dirigeants a permis aux équipes "d’objectiver les besoins et attentes des dirigeants", explique Hélène Clément, directrice de Bpifrance Université.
Près de deux patrons sur cinq ont suivi une formation au cours des deux dernières années. Un chiffre qui varie grandement selon la taille de la structure dirigée. Chez les dirigeants d’ETI et grands groupes de plus de 250 salariés, la proportion grimpe en effet à 60 %.
Des formations pas toujours adaptées aux chefs d’entreprise
Les freins, eux, restent les mêmes quelle que soit la taille de la structure. En premier lieu, "près de 9 dirigeant.es sur 10 estiment qu’il est difficile d’intégrer la formation dans leur emploi du temps", souligne l’étude de Bpifrance. 24 % déclarent aussi avoir des difficultés à identifier les
formations adaptées à leurs besoins.
Un point qui fait réfléchir Bpifrance Université sur l’élaboration d’un nouveau dispositif dans leur offre de formation : "Nous pensons à créer un rôle de conseiller pour accompagner les dirigeants et leur offrir un format plus personnalisé", souligne Hélène Clément, directrice de Bpifrance Université. Un accompagnement permettant de simplifier l’accès aux formations.
Des formations courtes et pratiques, entre pairs
Quel type de formation les chefs d’entreprise préfèrent-ils ? "La formation idéale est une formation sur le temps de travail, en temps réel, en présentiel et d’une durée maximum de quelques heures", établit l’étude de Bpifrance Université.
Des formations avec des exercices concrets et des temps d’échanges entre pairs sont préférées de loin aux apports théoriques et conférences inspirantes. "Se retrouver avec d’autres dirigeants permet de partager ses interrogations. Il n’est parfois pas évident de montrer à son équipe dirigeante qu’on ne sait pas. Entre pairs, c’est rassurant de pouvoir le dire", souligne Hélène Clément. Un temps d’apprentissage, combiné à l’émulation en groupe.
Se former aux "enjeux de demain" plus que résoudre une problématique opérationnelle
Les thématiques qui intéressent le plus les dirigeants sont en premier lieu la transformation digitale et l’IA (30 %), le développement stratégique et les nouveaux business models (26 %), le développement personnel (24 %) ou encore la transition environnementale (24 %). Des thèmes perçus comme "enjeux de demain", sur lesquels les chefs d’entreprise ont le plus besoin de se former. "Pour autant le développement de compétences socles et transverses telles que les compétences managériales (27 %), juridiques (25 %) et financières (19 %) reste central", souligne l’étude de Bpifrance.
Des sujets qui apparaissent bien plus prioritaires que les thématiques opérationnelles. Seuls 12 % des dirigeants souhaitent se former pour répondre à une problématique opérationnelle concrète.