Secteurs à la loupe : Bilans et perspectives contrastés
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Secteurs à la loupe : Bilans et perspectives contrastés

Au terme d'une année qui aura été marquée par un nouveau séisme financier, les secteurs traditionnels de la région présentent des situations contrastées.

A
groalimentaire: tension sur les prix d'achat Les IAA ont maintenu voire développer leurs volumes tant en France qu'à l'export mais avec une tension toujours aussi forte sur les prix d'achat à la hausse et une perte de marge, souligne Olivier Clanchin, président de l'ABEA. «Le problème, c'est que c'est la troisième année consécutive pour beaucoup d'entreprises.» Il ajoute que les relations avec la GMS restent compliquées.




Industrie: dans l'expectative

«Automobile, machinisme agricole, électronique, équipements industriels, tout repartait à peu près. Nous assistions à une chute heureuse du chômage partiel et nous étions à nouveau sollicités pour de l'appui à la recherche de compétences», explique Marc Arlès, délégué général de l'UIMM 35-56. Las, la douche froide au retour de vacances. Résultat: «il est très difficile de voir comment les choses vont évoluer. Rien n'est compromis mais les décideurs sont prudents», explique-t-il. Et de prévenir qu'en cas de nouvelle tempête, le secteur ne bénéficiera pas des mêmes enveloppes d'accompagnement qu'en 2009.




BTP: des trésoreries exsangues

«Nous avons à l'horizon 2013-2017 une concentration de grands projets structurants qui nous réjouit mais ils arrivent malheureusement bien tard», estime Michel Lhost, secrétaire général de la FFB 35 pour qui 2012 sera encore «très difficile.» La profession a déjà perdu 1.700 salariés sur 21.000. «Nous avons actuellement une capacité de production excédentaire, voire très excédentaire. D'où une baisse générale des prix avec des difficultés de trésorerie majeures.» Des entreprises de taille intermédiaire sont désormais acculées. «Cela fait deux ans et demi qu'on tient. Les moins vaillants baisseront les bras avant l'arrivée des grands projets», prévient-il.




Transport/logistique: manque de visibilité

«Il y a eu une dégradation à partir de juillet-août avec l'apparition de signes préoccupants et un manque de visibilité sur les carnets de commandes», explique Anthony Rouxel, secrétaire général de la FNTR 35. Les défis, pourtant, sont légion: renouvellement d'un parc vieillissant en raison d'une raréfaction du crédit, arrivée du cabotage, hausse du gazole, changement dans la réglementation portant sur le contrôle des capacités financières obligatoires des entreprises dont certaines ont déjà entamé leurs fonds propres. 2012, une année qui s'annonce donc «compliquée.»




TIC: une bouffée d'optimisme

«Il y a de la charge dans nos PME/PMI. Tout ce qui touche à la mobilité ou à la santé marche très fort. Il y a des besoins», selon Gérard Baubau, directeur de la filière TIC de la Meito. Le secteur semble ignorer la crise, d'autant que l'activité réside souvent sur des marchés de niche prometteurs. Conclusion: «fin 2010-début 2011, c'était l'euphorie. Disons, pour être prudent, que l'euphorie est peut-être un peu moins forte.»




Distribution: la consommation s'essouffle

Yves Petitpas, président de Système U Ouest, constate que la consommation «se tasse.» Premiers concernés: les vêtements et le textile en général. Côté alimentaire, le choix qualité/prix se porte de plus en plus sur les produits de marque distributeur. L'engouement pour le bio se calme au bénéfice des produits "sains". Yves Petitpas compte toutefois sur les fêtes de fin d'année: «en période de crise, les gens ont plus tendance à se lâcher.»




Hôtellerie-Restauration: le luxe inquiète

L'annonce de l'arrivée sur Rennes Métropole de plusieurs hôtels de luxe inquiète la profession. «Toutes les grandes villes veulent avoir leurs hôtels de luxe pour une question d'image, regrette Gilles Legendre, président de l'Umih Bretagne. La réalité, c'est qu'à Rennes, où l'hôtellerie tourne à 80% sur la clientèle d'affaires, les hôtels n'affichent complets que 40 jours par an et que les taux d'occupation ont baissé de 10% en dix ans.»

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