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Le syndicat des vignerons indépendants d’Alsace "optimiste" pour les années à venir
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Le syndicat des vignerons indépendants d’Alsace "optimiste" pour les années à venir

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Malgré une année 2024 difficile, le Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira) reste enthousiaste vis-à-vis de son futur. Le sujet de la "déconsommation" du vin en France et en Europe semble épargner le modèle défendu par les vignerons indépendants, qui connaissent même une croissance de leurs parts de marché.

De gauche à droite, Clémence Wagner, responsable communication, Francis Backert, président et Alain Renou directeur du syndicat des vignerons indépendants d’Alsace — Photo : Dorian Mao

Habillé d’une doudoune noire sans manches floquée du logo du Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira), Francis Backert, président de l’association, dresse le bilan de l’année 2024 : "La pression du mildiou a été particulièrement forte et la production en volume est très hétérogène d’une exploitation à une autre. Je ne pense pas que nous atteindrons la production de 900 000 hectolitres en Alsace cette année". Un bilan difficile, mais qui n’entache pas "l’optimisme" et "l’enthousiasme" des perspectives économiques à venir pour les vignerons indépendants alsaciens.

700 000 euros de chiffre d’affaires en moyenne par exploitation

Travaillant sur des exploitations de petites tailles (11 hectares en moyenne), les 440 adhérents du Synvira ont généré en moyenne 700 000 euros de chiffres d’affaires en 2023 et trois salariés sont employés de manière permanente sur chaque exploitation. Éloignés du système de la grande distribution pour vendre leurs bouteilles, les vignerons indépendants réalisent leurs ventes principalement lors des salons ou en ventes directes auprès des particuliers et des cafés hôtels-restaurants (CHR).

Des ventes en augmentation, contrairement au secteur global

Des marchés qui connaissent une pleine croissance ces dernières années : "En 2023, la fréquentation des salons de vins des vignerons indépendants a connu une augmentation de 20 %", détaille Clémence Wagner, responsable communication du Synvira. Une situation qui contraste très largement avec la conjoncture économique globale du secteur, qui se traduit par une diminution globale de la consommation de vin selon l’Organisation internationale de la vigne et du vin.

L’avenir est au "vin de terroir"

"Dans le contexte économique actuel, il est nécessaire de savoir dans quelle direction on souhaite aller. Cela suppose de savoir à quel consommateur l’on s’adresse et surtout, avec quel produit", affirme Alain Renou, directeur du Synvira. Il poursuit : "En axant notre stratégie sur le développement de vins de terroirs, ou 'vins de lieu', plutôt que de rester derrière l’étiquette générale des cépages, nous sommes persuadés d’être sur un modèle d’avenir".

Selon Francis Backert, le président du Synvira, la présence des vins d’Alsace sur les cartes des restaurants en France a connu une augmentation de l’ordre de "15 à 20 %" ces deux dernières années.

Développer l’export

Dans les perspectives de développement économique pour les vignerons indépendants, l’export reste un très gros chantier à explorer. "Ce serait mentir que d’affirmer que c’est évident en ce moment", souligne toutefois le directeur du Synvira. En France, 62 % des vignerons indépendants sont présents à l’export. "Beaucoup de nos membres peuvent avoir tendance à se retenir car ils se considèrent trop petit. Or, l’expérience nous montre que ceux qui se lancent dans l’export s’en sortent. Nous partons de très loin, mais l’enjeu pour les vignerons indépendants est de prendre leur place sur le marché mondial et de conquérir de nouvelles parts de marché", explique-t-il encore. Autre information marquante en termes de développement : 92 % des membres du syndicat des vignerons indépendants ont des projets d’investissements ou de modernisation d’exploitation, dans les cinq ans à venir.

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