Il est passé des parquets à la cloison. Après 13 années passées sur les terrains de basket de l’Hexagone et d’Europe, Olivier Allinéi a mis fin à sa carrière de joueur professionnel en 2002. De Cholet Basket à l’Hermine de Nantes, en passant par Strasbourg, Besançon, Montpellier, le natif de Golfe Juan, dans les Alpes-Maritimes, a foulé tous les parquets de France et d’Europe, en club ou avec les équipes de France, tout au long d’une carrière sportive entamée à cinq ans avec un ballon orange et les premiers dribbles. Carrière poursuivie à 15 ans aux États-Unis pour quatre années dans le championnat universitaire américain jusqu’au retour en France, à Cholet en 1989. Depuis 2008, patron de l’entreprise de plâtrerie et de plaquiste Cogné, à Beaucouzé, il est désormais le meneur d’une équipe d’une dizaine de personnes.
S’investir à 120 %
Au palmarès d’Olivier Allinéi, pas mal de finales, de demi-finales, une place de troisième aux Jeux Méditerranéens avec l’équipe de France, une autre de cinquième aux championnats d’Europe. Mais pas de JO : le meneur des bleus s’est arrêté au tournoi pré-olympique de Grenade, avant les Jeux de 1992 à Barcelone.
Au total, le basketteur aura porté une trentaine de fois le maillot tricolore. Sans compter ceux des équipes de France cadets, juniors, espoirs ou militaires, avec laquelle il a participé aux championnats du monde en 1991. Une première partie de vie dédiée presque uniquement au basket. "À 13 ans je voulais être basketteur professionnel et je n’avais pas envisagé d’autre métier, confie-t-il. Pour réussir dans son sport, on me disait qu’il faut y être investi à 120 %. Et garder aussi 60 % pour préparer l’avenir. 180 %, c’est beaucoup pour un jeune."
Un BEP d’ébénisterie
D’autant que le métier est exigeant, quand on le pratique au plus haut niveau. À 33 ans, après plusieurs blessures et avec un genou récalcitrant, Olivier Allinéi décide d’arrêter. "Les six premiers mois ont été difficiles, reconnaît-il. Ton ego en prend un coup. J’aurais pu rester dans le milieu sportif mais je voulais découvrir autre chose, avoir plus de stabilité pour la famille. Le sport, c’est un peu une bulle, mais le monde réel, c’est bien aussi… Je voulais travailler dans le secteur du bâtiment."
Attiré par les métiers manuels, il souhaite s’orienter vers l’ébénisterie et obtient un BEP en candidat libre. Il entre en décembre 2004 dans l’entreprise de plâtrerie Cogné, alors à Angers, avec l’objectif de la reprendre. "J’ai commencé par de la manutention, poursuit-il. Certains connaissaient mon parcours et me demandaient ce que je faisais là. Mais je ne me le suis jamais dit moi-même et je ne l’ai pas mal vécu." En 2008, il reprend l’entreprise aujourd’hui installée à Beaucouzé, qui dépasse le million d’euros de chiffre d’affaires et emploie donc aujourd’hui une dizaine de salariés. "Je me suis formé pour ça et je continue, ajoute-t-il, en management, en comptabilité ou sur le plan technique."
"Les dirigeants sont comme des sportifs de haut niveau"
Olivier Allinéi a continué de jouer au basket jusqu’au mitan de la quarantaine, "en amateur avec les copains, mais avec encore des réflexes de pro !" Il demeure spectateur et observateur assidu de son sport et y a gardé de nombreux amis. Il s’est glissé dans la peau d’un dirigeant d’entreprise et y voit beaucoup de similitude : "Mentalement, les dirigeants d’entreprise sont comme des sportifs de haut niveau, soutient-il. Ils ont la capacité d’absorber une grosse charge de travail, d’encourager à travailler en équipe avec des objectifs personnels, d’aller au bout des choses, de dissocier l’échec de l’expérience. Le champion, s’il rate, il essaie une nouvelle fois !"
Aller vers la perfection
Présent dans les locaux dès 5 heures du matin, Olivier Allinéi consacre 90 à 100 heures par semaine à son entreprise. "Avec 20 ou 25 personnes, je ne saurais pas faire, pour moi, l’équivalent d’une équipe de basket, c’est bien. Mon objectif n’est pas de chercher à faire grossir la boîte, mais d’aller vers la perfection, vers la performance, c’est ce qui peut être difficile."
Une nouvelle page à écrire
Dans son milieu professionnel, beaucoup ignorent tout du parcours du dirigeant angevin. D’autant que discret, il n’en fait pas état. Il a simplement tourné cette page pour en écrire une nouvelle. "Le basket, ce ne sont que des bons souvenirs, même si cela a demandé énormément de sacrifices. Depuis, je n’ai jamais mis ma carrière de sportif en avant et j’ai voulu avant tout être reconnu dans le métier."
Bien qu’Angevin depuis longtemps désormais, une légère pointe d’accent trahit ses origines provençales, quand on y prête attention. À l’autre bout de la France, dans l’arrière-pays de Golfe Juan, sur les hauteurs, il a restauré une maison familiale. On y voit la mer au loin, s’y épanouissent des oliviers dont il extrait de l’huile, "pour la famille". Là-bas s’écrira peut-être dans quelques années une nouvelle page pour le meneur de l’équipe de France, devenu dirigeant de PME.