"Il n’y a pas de mauvaises nouvelles à annoncer, la situation est moins catastrophique que prévu". Voici les quelques mots d’introductions de Kathie Werquin-Wattebled, directrice régionale de la Banque de France en Auvergne-Rhône-Alpes, lors de la présentation, à Lyon, du bilan de conjoncture économique 2024 et des prévisions 2025, réalisé par l’institution. L’année 2025 devrait même être marquée par une reprise progressive, bien que les perspectives restent contrastées selon les secteurs.
Vers une croissance de 2,6 % pour l’industrie et 3,3 % dans les services
L’industrie renouerait avec la croissance (+ 2,6 % du chiffre d’affaires), après deux années de recul, avec un niveau de recrutement stable (+ 0,1 %).
Progression également du côté de l’activité des services, avec + 3,3 % de chiffre d’affaires prévu, après une hausse de 1,7 % en 2024. Un secteur qui continue par ailleurs à embaucher (+ 1,9 % attendu en 2025, faisant suite à une augmentation de 1,6 % l’an dernier).
La construction, en revanche, devrait continuer de souffrir. Après une année 2024 en repli (- 0,6 %), l’activité ne devrait pas afficher de résultats mirobolants en 2025. En effet, les prévisions indiquent une augmentation de seulement 0,3 % du chiffre d’affaires. Une légère baisse d’effectifs dans le secteur devrait aussi marquer l’année à venir (- 0,5 %).
Des investissements limités voire en baisse
Autre indicateur à suivre, l’investissement devrait rester limité dans la région, avec une timide reprise dans l’industrie (+ 2 %), mais de nouvelles baisses dans les services (-7 %) et la construction (-5 %). Cela intervient après plusieurs années de forte progression, hormis en 2024 où la région a enregistré des baisses d’investissements de l’ordre de -13 % dans l’industrie, de -18 % dans les services et de -14 % dans la construction.
Côté rentabilité, les perspectives sont mitigées. Une amélioration est attendue en 2025 dans les services : 31 % des entreprises anticipent une hausse de leur marge, contre 27 % en 2024. À l’inverse, dans l’industrie, les entreprises sont seulement 25 % à anticiper une meilleure trésorerie en 2025 (contre 29 % en 2024). Même constat dans la construction, où 18 % d’entre elles figurent dans ce cas (contre 34 % en 2024), un secteur qui devrait donc voir ses marges encore sous pression.
Les défaillances d’entreprises restent un sujet préoccupant
Enfin, les défaillances d’entreprises, qui ont atteint 7 646 en Aura en 2024, restent une préoccupation majeure pour 2025 selon la Banque de France, malgré une conjoncture plus stable. L’étude de la Banque de France a été réalisée entre fin novembre et mi-janvier dernier auprès de 4 300 entreprises de la région.