Maine-et-Loire
Saumur : « On va arrêter de pleurer ! »
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Saumur : « On va arrêter de pleurer ! »

Grand Saumurois, nouvelles missions et nouveau périmètre pour l’agence de développement, pôle formations... Saumur entend jouer son rôle en matière de développement économique. Entretien avec Guy Bertin, président de Saumur Agglo depuis 2014.

À l’échelle du département, on entend que le Saumurois souffre particulièrement. C’est une réalité ?

Notre travail est de faire changer l’image du Saumurois. On ne va pas revenir éternellement sur l’histoire de Michelin (NDLR l’entreprise s’était finalement implantée à Cholet, un site où elle emploie aujourd’hui 1.300 personnes) ! Si le territoire a une image bourgeoise avec son patrimoine, la Loire, ses vins…, il existe ici un esprit d’entreprise ! Nous dénombrons 13.500 emplois privés sur l’agglo qui compte 62.000 habitants. Et on ne compte pas les emplois publics comme ceux du centre hospitalier ou de l’armée, agricoles, saisonniers liés notamment au domaine viticole… Nous devons renforcer les liens entre ces entreprises et le territoire pour qu’il y ait une vraie volonté d’appartenance. Il y a des éléments positifs. Par exemple, la reprise par l’agglo d’Anjou Vélo Vintage (rando en vélo rétro créée en 2011 et portée jusque-là par le CD 49) et son succès cette année est pour moi l’un des symboles du renouveau du Saumurois. Le Cides (NDLR club des entrepreneurs du Saumurois, plus gros club de dirigeants sur le département avec 140 membres) prend de plus en plus d’importance et nous avons également un club BNI depuis 2-3 ans.

Après les remous de l’an passé et les désaccords profonds entre élus et chefs d’entreprise du bureau (qui avaient démissionné courant décembre 2014), l’agence de développement semble être sur les rails…

Saumur. Les chefs d’entreprises claquent la porte de l’agence de développement

Depuis début 2015, le périmètre de l’agence de développement, désormais baptisée Agence de développement du grand Saumurois (ADGS) s’est étendu à trois EPCI (intercommunalités du Gennois, de Doué-la-Fontaine et Loire Longué). Ce bassin de vie regroupe plus de 110.000 habitants, 38.775 emplois et 4.452 entreprises. Cela nous donne une plus grande visibilité. Nous avons un nouveau bureau avec de nouveaux chefs d’entreprise. L’agence est présidée par Aloyse Wagner, ancien dirigeant en retraite d’Euramax (NDLR fabricant de produits en aluminium pour l’industrie à Montreuil-Bellay). Nous avons recruté en juin dernier un nouveau directeur, Thomas Guilmet, un professionnel qui occupait un poste de directeur de pépinière d’entreprises en région parisienne depuis 10 ans. Il y a désormais une volonté partagée d’avancer ensemble, un plan d’actions sera mis en place d’ici un à deux mois. Les missions de l’agence vont également aller plus loin. La volonté aujourd’hui est d’y intégrer l’emploi et la formation, c’est en cours. L’activité économique ne peut pas se passer du volet emploi !

Vous avez identifié des filières prioritaires à accompagner ?

La métallurgie est, pour nous, la filière prioritaire. Il faut la structurer et définir un plan d’actions commun aux 80 entreprises de ce secteur. La filière équine qui pèse 2.000 emplois doit être confortée et développée. C’est un "marché" très concurrentiel, nous devons toujours nous battre pour montrer que Saumur est un pôle d’excellence. Nous misons également sur le végétal qui est un secteur important dans le Saumurois avec des entreprises leaders dans leur domaine : Premier Tech Faliénor, Fleuron d’Anjou, Denkavit… Je salue d’ailleurs l’arrivée de BIO3G (entreprise bretonne de biotechnologie) sur l’ancien site de France Champignons à Chacé, une friche de 11 hectares inoccupée depuis 2009 (NDLR Une vingtaine d’emplois devrait être créés d’ici à 2017). L’agriculture et l’agroalimentaire sont également au cœur de nos préoccupations.

Justement, quid des friches ?

Entre 2012 et 2015, ce sont 10 hectares de bâtiments qui ont retrouvé une activité économique. En 2015, 33.000 m² ont été réinvestis, ce n’est pas neutre. Par exemple, la friche Celestica (6.300 m² sur l’Ecoparc de Saint-Lambert des Levées) a trouvé preneur avec le rapatriement au printemps 2016 de l’antenne basée à Alonnes de Pichard-Balme. Un atelier relais de 1.000 m² vient d’être repris zone de La Ronde par un sous-traitant industriel spécialisé dans la couture, une centaine d’emplois est annoncée. En novembre, l’entreprise A à Z Performance quittera Beauvais pour Saumur avec ses 10 emplois… Nous savons être réactifs.

Comment répondez-vous à la problématique de recrutements des entreprises ?

Nous avons 1.000 étudiants sur le territoire. Nous allons mettre en place un pôle formation qui réunira sur un site unique, dans le quartier de la Croix Verte, l’antenne de l’université d’Angers, l’école d’infirmières, mais aussi toutes les formations pour adultes. Ce campus pourra également accueillir des formations spécifiques à la demande des entreprises. L’idée est de conforter le supérieur tout en développant des formations en lien avec les besoins du territoire en termes de recrutements. Il y a des spécificités et un enjeu de savoir-faire sur le territoire. Nous devons accompagner les entreprises sur leurs futurs besoins en recrutement afin d’assurer leur pérennité. Des opérations Métal Job, portées par l’UIMM 49, sont régulièrement menées.

L’ouverture du Center Parc de la Vienne à quelques kilomètres de Saumur profitera-t-elle au territoire ?

Saumurois. Le Center Parc de la Vienne ouvre ses portes

C’est à 20 minutes de Saumur. On a tous pleuré quand le projet ne s’est pas fait à Gennes, mais ce sont 500 emplois qui ont été créés. Il y a des retombées indirectes positives en termes d’emplois pour le sud de l’agglo et pour les entreprises du bâtiment locales. Et puis, c’est le seul Center Parc à proximité de sites touristiques de premier plan. Ils tablent sur un million de nuitées annuelles avec une orientation sur les séjours à la semaine, donc une clientèle plutôt aisée. Il y aura forcément des gens qui vont sortir, nous avons d’ailleurs créé un lien physique avec une liaison à vélo entre Fontevraud et le parc. Alors, on va arrêter de pleurer, parce qu’il y aura des retombées !

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