Les hauts et les bas, il connaît ! Dans sa vie d’entrepreneur comme dans le sport qu’il pratique depuis sa plus tendre enfance, Florent Reynaud a appris à composer avec des périodes plus ou moins fastes, à affronter les difficultés et à faire preuve de résilience pour "step by step" finir par s’élever en relevant les défis qui s'offrent à lui et qui lui ont permis de se forger un mental d'acier.
"J’entends parler de résilience mais quand tu es entrepreneur tu n’as pas le choix ! Il faut constamment se relever et aller de l’avant. Pour ma part, j’ai besoin de me fixer un cadre, un planning, un programme et un objectif. Que ce soit sur le plan professionnel ou dans le sport, je suis un compétiteur", confie le fondateur et dirigeant de Sport Avenue Pro, une PME (14 salariés ; 4,5 M€ de CA) d’Andrézieux-Bouthéon (Loire) spécialisée dans la distribution d’articles de sport et le marquage sur textile et objets publicitaires pour les clubs sportifs, associations, collectivités et entreprises.
"L’habitude de me faire pilonner"
Cet esprit de compétition, Florent Reynaud le doit à son parcours dans le football. Un parcours qui l’a amené des équipes de jeunes de Bellegarde-en-Forez au niveau CFA avec le club d’Andrézieux-Bouthéon en passant par l’Olympique de Saint-Étienne, l’ASSE et les sélections départementales et régionales. "En tant que gardien de but, j’ai pris l’habitude de souffrir aux entraînements, de me faire pilonner et d’être pris pour cible quand les résultats n’étaient pas au rendez-vous. Quand on gagne un match, ce n’est jamais grâce au gardien mais quand on perd, c’est de sa faute ! Tout ça m’a forgé le mental", explique l’entrepreneur. Un dirigeant qui, en créant en 2006 Sport Avenue Pro et quelques années plus tard Click For Foot (6 salariés ; 2 M€ de CA), spécialisé dans la vente de matériels d’entraînement pour les clubs professionnels (L1 et L2), n’a jamais vraiment quitté les terrains de football.
Redresser la barre
Compétiteur, Florent Reynaud l’a été aussi en tant qu’entrepreneur lorsqu’à la suite d’une expérience malheureuse avec son associé de l’époque - doublée d’un contrôle Urssaf et d’un redressement fiscal - il se retrouve à devoir régler près de 130 000 euros. "J’ai fait l’erreur de ne pas contrôler ce qui se passait et de me consacrer uniquement au développement commercial. J’étais jeune, insouciant, mais j’ai eu la chance que le président du Tribunal de commerce Pierre Lantermoz, qui me connaissait par le football, décide de me donner un coup de main. Il m’a fait un courrier à présenter aux impôts. Ce qui m’a permis d’obtenir un étalement de dette et de pouvoir mobiliser mes salariés pour redresser la barre. Je ne me suis pas versé de salaire pendant 10 mois, je suis retourné vivre chez ma mère, mais au bout d’un an, on a réussi à relever, tous ensemble, le challenge de remettre la boîte à flot", relate Florent Reynaud.
L’ultra trail pour se dépasser
Ce goût du challenge, c’est ce qui a poussé aussi l’ancien gardien de but à se mettre à la course à pied. "Quand j’ai arrêté le football, ma femme a essayé de me mettre au golf mais ça ne me plaisait pas. Je m’ennuyais, je ne transpirais pas… Alors j’ai accepté la proposition de mon pote Grégory Durieu (fondateur et dirigeant d’Oxeo Marketing et Lumilec, NDLR) d’aller courir avec lui. Pourtant à la base, en tant que gardien de but, je n’aimais pas courir", raconte-t-il.
La SaintéLyon en 2012 et 2014 (80 km), le Trail du Saint-Jacques en 2017 (110 km), la Maxi Race d’Annecy (85 km et 5 300 m de dénivelé) l’année suivante… Florent Reynaud se prend au jeu et n’hésite pas à se lancer des défis de plus en plus relevés. "Sur l’ultra de Saint-Jacques, j’ai fini les 50 derniers kilomètres seul, dans la souffrance, mais je n’ai rien lâché", se rappelle-t-il.
"L’ultra-trail, c’est un peu le déroulement d’une vie. Il y a des hauts, des bas, on passe par toutes les émotions : on pleure, on rit… mais quand on passe la ligne d’arrivée, c’est incroyable !"
En 2020, il doit participer au trail de Haute Provence mais le Covid stop net toutes les compétitions. "L’année suivante, je me blesse et ne peux donc pas prendre le départ", regrette Florent Reynaud, qui en 2024 repart pour la SaintéLyon et décide en 2025 de faire le Tour du Mont Blanc, en mode rando course avec une bande d’amis. "On a fait 152 km avec 8 500 m de dénivelé en six jours. J’en ai pris plein les mirettes", lance le dirigeant, qui prépare désormais le trail de Haute Provence avec son beau-fils.
Son prochain challenge en famille
"Il m’a offert le dossard pour Noël avec une petite lettre qui m’a énormément touché. Moi, je lui ai offert un accompagnement sur 4 mois avec un coach", précise Florent Reynaud. Et d’ajouter : "Sans préparation ce n’est pas la peine d’y aller. C’est dans la préparation que tu te forges le mental pour le jour J pour franchir le mur (phénomène qui décrit un état d’épuisement intense, NDLR)".
Pour cet acharné de travail qui s’épanouit dans la difficulté, l’ultra-trail "c’est un peu le déroulement d’une vie. Il y a des hauts, des bas, on passe par toutes les émotions : on pleure, on rit… mais quand on passe la ligne d’arrivée, c’est incroyable ! Et si on a la chance de franchir la ligne ensemble (avec son beau-fils, NDLR), ce sera encore plus fort", conclut Florent Reynaud.