On connaît bien, en Bretagne, les fameux craquelins, associés très souvent à la marque leader du marché Les Craquelins de Saint-Malo (3,3 millions d'euros de chiffre d'affaires, 37 salariés). Mais ailleurs en France, ce produit pourtant issu de traditions du Moyen-âge dans différentes régions n'est que peu consommé. "Il est distribué dans des épiceries, ou encore chez Monoprix et Système U sur Paris, et nous avons quelques contacts chez Intermarché. Mais nous voulons désormais sortir du Grand Ouest pour nous développer vers la capitale et davantage à l'export (marginal à ce jour)", révèle Régis Boiron, le directeur de la biscuiterie née en 1923 et qu'il a reprise en 2009 (l'entreprise pesait alors 2M€ de CA). Les ventes hors de Bretagne se font pour l'instant un peu grâce à la boutique en ligne. "Nous avons depuis peu un agent commercial qui développe notre présence en Europe continentale (Belgique, Pays-Bas, Liban...) et un autre aux Etats-Unis", se réjouit Régis Boiron, qui mise aussi sur le réseau Produit en Bretagne, auquel il appartient, pour valoriser ses produits.
100.000 craquelins par jour
Il faut dire que le produit plaît, si l'on en croit les chiffres de croissance affichés par l'entreprise : +8% de CA en 2015. "A côté du produit traditionnel qui se mange au petit-déjeuner (50% des ventes), nous développons une gamme apéro, avec des craquelins plus petits à utiliser comme toasts. Ils enregistrent une croissance à deux chiffres chaque année. Et depuis peu, nous travaillons aussi une gamme pause gourmande (fourrage au caramel ou aux fruits), qui se consomme tout seul, sans accompagnement", explique Régis Boiron. L'entreprise propose aussi aujourd'hui des Craquelins bio et réfléchit à des techniques et ingrédients pour, pourquoi pas, se mettre au sans gluten ! Au total, ce sont 100.000 craquelins qui sortent chaque jour de l'usine, soit 13 millions de sachets traditionnels de 180 gr par an.
Gagner en productivité
Pour garder intacte sa recette, qui nécessite du temps de préparation, l'entreprise investit pour gagner en productivité. Elle a par exemple acheté une peseuse dite "associative" qui trie et pèse les produits (50.000 euros, avec un agrandissement d'une plateforme) : de quoi gagner 5% de précision, et donc de rationnaliser le poids de chaque sachet. Cette année, elle va investir encore 200.000 euros en matériel (notamment dans un nouveau four).
Les recettes d'Antony Cointre, pour rajeunir son image
L'objectif est de faire des Craquelins "le produit de demain, car il véhicule des valeurs de terroir, de nutrition-santé, et une émotion", espère Régis Boiron. Tout est aussi affaire d'image. Le dirigeant a ainsi travaillé avec un chef, Antony Cointre, pour communiquer autour de ce produit pas comme els autres. "Il a conçu pour nous plusieurs recettes à base de craquelins, et nous en avons sélectionné six, pour communiquer, notamment sur les réseaux sociaux. Et ainsi moderniser et rajeunir les craquelins". A tester, donc : les craquelins en salade, émiettés en chapelure, au four ou encore en façon baba au rhum...