Recrutement : Entreprises ligériennes cherchent candidats

Recrutement : Entreprises ligériennes cherchent candidats

+ 4,8% de chômeurs en un an. La Loire ne devrait donc pas manquer de main-d'oeuvre pour répondre aux 11.825 intentions d'embauches des PME en 2011. Pourtant, les entreprises peinent à trouver des profils qualifiés dans de nombreux secteurs.

Malgré les prémices d'une reprise annoncée, la situation de l'emploi dans la Loire n'est guère reluisante. À la fin du mois de février, le nombre de demandeurs d'emplois, toutes catégories confondues, s'élevait à 47.007 unités. Soit une hausse de 4,8% sur un an. Avec 9,2% de taux de chômage «l'économie ligérienne reste très fragilisée», comme le souligne Luc Darmais, directeur territorial Loire de Pôle Emploi. Pour se réconforter, on pourrait se dire que notre territoire ne manquera pas de main-d'oeuvre pour répondre aux 11.825 projets d'embauches des entreprises ligériennes en 2011 (source enquête BMO Pôle Emploi).




La dure loi de l'offre et de la demande

Pourtant, la situation n'est pas si simple que cela. 34% de ces intentions d'embauches sont jugées difficiles par nos entreprises. Autrement dit, l'inadéquation entre la demande d'emploi et l'offre de travail fait qu'un certain nombre de postes à pouvoir risque bien cette année encore de ne pas trouver preneur. C'est le cas du métier de télévendeurs qui affiche un taux de difficulté de 100%. «Les nombreux projets de plateforme téléphonique qui se sont développés sur la Loire ont engendré une pénurie de candidats», commente Luc Darmais. Acticall qui prévoit de créer 150 emplois pour son site de Métrotech devra-t-il se tourner vers les départements limitrophes? Une question qui se pose également pour le métier d'éducateur spécialisé (219 intentions d'embauches et 87,2% de taux de difficulté). «La forte sélection à l'entrée en formation des candidats en fait un métier en tension», expose le directeur territorial Loire de Pôle Emploi.




Métiers en «super-tension»

L'industrie, qui concentre tout de même 14% des intentions d'embauches en 2011 (derrière les services, 65%), est confrontée depuis longtemps à cette problématique des métiers en tension. Rectifieurs, chaudronniers, ajusteurs, soudeurs... Les besoins des PME ligériennes ne manquent pas. «Le problème, c'est le manque de qualification et de formation. Ce ne sont plus des métiers en tension, mais en super-tension», lance Jean-Luc Clément, président de l'UIMM Loire. «Le problème ne date pas d'hier. Cela fait trois décennies que l'on manque de personnel qualifié. Le déficit d'image de ces métiers, pourtant de plus en plus techniques, fait que les établissements de formation sont aujourd'hui désertés par les jeunes. Sur l'ensemble de l'académie de Lyon, ne sont sortis en juin2010 que 90 jeunes avec un diplôme en technique d'usinage. En 2011, ils seront 70 alors que pour simplement remplacer les départs en retraite il en faudrait au moins dix fois plus», argumente Alain Sowa, président du CFAI-AFPI Loire et dirigeant de la société AS Méca Bernard. Ce manque de main-d'oeuvre qualifiée n'est pas sans conséquence pour les entreprises.




Flambée des salaires

«Quand vous avez une seule personne qualifiée par machine et qu'il faut travailler en poste pour livrer dans les temps, comment vous faites? Certaines entreprises sont obligées de décliner des marchés», constate Jean-Luc Clément. Au risque de pertes de marchés, s'ajoute celui de perdre tout bonnement ses salariés. «Un de mes clients toulousains s'est fait débaucher ses meilleurs salariés par EADS», relate Alain Sowa.«J'entends de plus en plus parler de tentatives de débauchage entre entreprises. Pour se défendre, les entreprises n'ont d'autres solutions que d'augmenter les salaires», confirme Jean-Luc Clément. «Cette surenchère au niveau des salaires fait qu'aujourd'hui, un bon rectifieur, un bon soudeur peut facilement gagner 2.000 à 2.500 € nets par mois. Il y a donc des postes intéressants à pouvoir dans l'industrie», ajoute Alain Sowa.




Pénurie de commerciaux et d'informaticiens

Cette pénurie de compétences touche également les fonctions commerciales et informatiques. «Le marché des besoins informatiques est reparti à la hausse, mais les candidats manquent de compétences notamment dans le domaine du Web. Quant aux commerciaux, les bons profils sont en majorité déjà en poste. Et puis, les entreprises demandent de plus en plus d'aptitudes. Elles cherchent aussi un savoir être et une personnalité», détaille Joël Vassal, dirigeant du cabinet stéphanois Eriva RH. Observateur avisé des besoins des entreprises, le président du Medef Loire et dirigeant d'Artes Conseil, Éric Le Jaouen abonde dans ce sens. «Les bons profils se font rares notamment chez les techniciens commerciaux de niveau Bac +2, avec un peu d'expérience et de la polyvalence. C'est le profil type qui correspond aux besoins de nos PME. Quant à l'informatique, c'est un marché cyclique qui aujourd'hui manque de candidats compétents. Et puis, il ne faut pas oublier que nous sommes concurrencés par une ville comme Grenoble, qui brille comme un soleil»

. Cette problématique d'attractivité touche également le marché des cadres, aujourd'hui en situation de quasi plein emploi (4% de taux de chômage selon l'Apec). «L'image de Saint-Étienne n'est pas bonne à l'extérieur. Et puis, il y a aussi la question de l'emploi pour le conjoint, sans parler des perspectives de carrières. Contrairement à Lyon, nous avons peu de grands groupes capables d'offrir des perspectives intéressantes», conclut Éric Le Jaouen.