Le chiffre d’affaires 2025 du groupe de spécialités homéopathiques Boiron (2 800 salariés) s’établit à 501,70 millions d’euros versus 487,60 millions d’euros en 2024. Une hausse de 2,8 % à taux de change courant en raison de l’effet défavorable des taux de change euro/dollar.
Les signes du rebond
Une performance à première vue peu spectaculaire mais qui, couplée à une croissance à deux chiffres de l’Ebitda (+ 11 %), indique un point d’inflexion. Celui du redressement après plusieurs années consécutives de chute des ventes (- 163 millions de pertes de CA entre 2017 et 2024), notamment causée par le déremboursement des préparations homéopathiques en France. "On a stabilisé le chiffre d’affaires en France (- 0,2 % NDLR), la première fois depuis 8 ans", se réjouit Pascal Houdayer, directeur général de l’entreprise familiale depuis un an. Pour rappel, le déremboursement de l’homéopathie dans l’Hexagone (effectif au 1er janvier 2021) avait fortement secoué le leader mondial du secteur, dont les ventes ont été divisées par trois. Une remise en cause de son modèle qui l’avait contraint à supprimer quelque 645 postes, dont 145 dans le cadre d’un ultime plan social l’été dernier.
Le tremplin des plateformes d’e-commerce
Sur la zone " Europe hors France ", la conjoncture reste hostile avec une perte de chiffre d’affaires de 3,351 millions d’euros (-2,7 %) tandis que les ventes en Amérique du Nord prennent, elles, le relais. La hausse des ventes des spécialités hivernales (comme Oscillococcinum ou Stodal) aux États-Unis et de la vente directe (plateformes d’e-commerce) atteint près de 14,4 %. Enfin, en s’aventurant dans d’autres régions du monde (Asie, Amérique latine et Europe de l’est), Boiron semble trouver de nouveaux marchés pour nourrir sa croissance. Notamment en Chine où sa filiale lancée en 2025 (70 salariés) réalise le même chiffre d’affaires que le marché espagnol. "Nous anticipons un triplement de nos ventes en Chine d’ici 3 ans notamment grâce à notre premier client local, Douyin, le social seller de Tiktok", annonce le directeur général. Un grand écart réussi entre la prescription des officines et celle des influenceurs ?