Après plusieurs exercices difficiles, Bonduelle amorce enfin le virage stratégique lancé en 2023. Stabilité en façade, redressement en profondeur : le groupe nordiste de légumes en conserve, surgelés et frais a publié pour l’exercice 2024-2025 un chiffre d’affaires de 2,2 milliards d’euros, en léger retrait de 0,8 % à périmètre comparable. Le résultat opérationnel courant atteint 83,8 millions d’euros, quasiment stable, et surtout conforme aux objectifs fixés dans le cadre du plan de transformation "Transform to win", lancé en 2024. "Ce n’est pas suffisant, je vous l’avoue, mais cela va dans la bonne direction. Nous avons amorcé le rebond", assure Xavier Unkovic, directeur général du groupe Bonduelle (11 000 salariés).
Un résultat net en forte progression
Un bilan financier qu’a exposé dans le détail Grégory Sanson, directeur financier du groupe. Si le résultat net consolidé reste négatif (-11,5 millions d'euros), il affiche une nette amélioration par rapport à l’an dernier (-119,8 millions d'euros). Du côté de l’endettement, la dette nette a légèrement augmenté à 571 millions d’euros, mais la capacité de l’entreprise à rembourser ses dettes s’améliore.
Le directeur financier a confirmé que le groupe était "au rendez-vous de ses engagements" même s’il reste "encore du chemin sur l’amélioration de la rentabilité et du désendettement".
Europe à la peine, Amérique en rebond
L’activité du groupe, qui s’est réorganisée cette année par régions, diffère fortement selon les zones géographiques. L’Europe, qui représente encore plus de 60 % de l’activité, a reculé de 4,1 %, à cause de la baisse des volumes en marques de distributeurs et de la pression des importations chinoises de maïs. Une situation que Xavier Unkovic n’a pas manqué de dénoncer, évoquant l’afflux de maïs chinois à des prix "déloyaux" et la "distorsion de concurrence" qui en découle depuis deux ans. Le directeur général s’est félicité que la Communauté économique européenne y ait mis fin en août dernier en imposant des droits de douane de 50 % sur le segment du maïs doux, un marché clé pour Bonduelle en Europe.
Contrairement à l’Europe, le marché américain repart enfin à la hausse. "Aux États-Unis, après quatre ans sans progression, nous avons renoué avec la croissance : + 4,8 % de chiffre d’affaires cette année en données comparables, grâce à une gamme revisitée et élargie", a poursuivi Xavier Unkovic. Si le groupe n’est pas encore profitable sur ce marché, il est "en bonne voie".
Sortie des salades en sachet
Autre élément clé de l’exercice : Bonduelle a tourné la page d’activités structurellement déficitaires. La cession des salades en sachet en Allemagne (mars 2025) et en France (juillet 2025) allège le périmètre et devrait améliorer la rentabilité à venir. Désormais, Bonduelle se concentre sur des segments jugés à plus forte valeur ajoutée, notamment le traiteur frais, le développement de ses marques phares et l’innovation.
"En Europe, notre volonté, c’était de redonner un peu de corps à la marque Bonduelle et à Cassegrain et ça a payé avec un gain de parts de marché en France cette année", explique Xavier Unkovic. Le directeur général a annoncé une refonte de l’identité de la marque en décembre prochain et l’ambition d’atteindre un résultat opérationnel courant de 90 millions d’euros pour 2025-2026, soit une progression de près de 8 %.